23 juin 2017

La Cour des comptes épluche l'aide aux réfugiés : pas si simple !

Il est volumineux, très complet et ses 18 recommandations sont à prendre au sérieux. Le rapport de la Cour des comptes sur l'aide aux migrants relève avec raison les faiblesses de la stratégie d'hébergement, des charges des frais d’entretien qui incomberaient au bailleur ou au sous-locataire (et non à l'HG), de celle concernant l'insertion et l'intégration ou encore de l'hébergement dans son dispositif de logements de bénéficiaires pour qui elle n’a plus l’obligation de le faire.

Quelques unes sont hors de la réalité (et du terrain). Demander à l'Hospice Générale une "déclinaison opérationnelle" relève d'un manque de réalisme que la Cour des comptes admet au détour de son rapport: "l'HG a vécu deux années très difficiles pour faire face à la vague de migration de 2015 ; cette période, où la priorité était de répondre en urgence à un besoin immédiat, n'était pas forcément propice à la réflexion stratégique ou à la déclinaison opérationnelle d'une quelconque stratégie". Cette période est évidemment loin d'être terminée.

Même remarque pour cibler un minimum d'assurances maladie. Pour trouver, chaque année, l'assurance la moins chère et opérer administrativement ces changements pour des milliers de demandeurs d'asile ou de réfugiés politiques demanderaient un effort qui provoquerait une augmentation importante de postes au sein de l'HG, sans rapport avec l'économie envisagée. L'UDC avait proposé cette idée, voici quelques années (également pour les personnes au bénéficie de l'aide sociale) et cela s'est révélé impraticable et même coûteux.

Enfin - et surtout - il apparaît à la lecture de cet audit de gestion, pour celles et ceux à qui cela aurait échappé, qu'il n'existe pas de statut de "migrants" dans notre législation. La seule définition qui en est donnée est celle du Haut commissariat aux réfugiés (page 13/118). Elle fait frémir tant la notion de propriété privée et souveraineté d'un Etat y est niée (voir ci-après).

Notion de migrants
Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, les migrants sont des personnes qui «choisissent de quitter leur pays non pas en raison d'une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d'améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d'éducation, de regroupement familial ou pour d'autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants ne font pas face à de tels obstacles en cas de retour. S'ils choisissent de rentrer chez eux, ils continueront de recevoir la protection de leur gouvernement ».

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18 avril 2017

La Ville est-elle intéressée par le bâtiment de l’Ecole des beaux-arts ?

La générosité de la Fondation Hans Wilsdorf va permettre la concentration des principales activités de la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) aux Charmilles. Ainsi, comme cela était prévu depuis des décennies, la HEAD pourra libérer divers bâtiments dont celui qu’elle occupe au boulevard Helvétique fin 2019. Ce bâtiment, adjacent au Musée d’art et d’histoire pourrait offrir des surfaces d’exposition supplémentaires à un musée dont une infime partie seulement des collections est exposée au public.

Avec le déménagement de la HEAD s’éloigne le spectre d’une extension irréfléchie, telle celle imaginée par Jean Nouvel et refusée par les électeurs de la Ville de Genève parce que défigurant l’œuvre originelle de Marc Camoletti. Avec cette opportunité, s’éloigne aussi le besoin de réaliser des travaux de terrassement onéreux sous la cour du bâtiment pour loger les équipements qui avaient été prévus sous la cour.

Question déposée au Conseil municipal de la Ville de Genève :

Quelles démarches le Conseil administratif de la Ville de Genève a-t-il entrepris en vue de récupérer du canton le bâtiment de l’Ecole des beaux-arts situé au boulevard Helvétique ?

 

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12 avril 2017

Une loi sur l’énergie prise dans la nasse européenne

Doris Leuthard répond dans Le Temps  du 31 mars à d’intéressantes questions posées par le journaliste Bernard Wuthrich. Au détour de l’une d’elles, surgit la question européenne peu abordée jusqu'à présent. Un aspect de la loi qui est pourtant loin d’être superficiel.

Le 21 mai prochain, nous voterons sur la loi sur l’énergie (LEne). La conseillère fédérale Doris Leuthard, ministre de l’énergie, pose les bases de la campagne qui commence ces jours dans un entretien qu’elle a accordé au Temps. La consommation doit diminuer affirme-t-elle. Pour ce faire, plusieurs buts sont visés. Parmi ceux-ci, l’actuelle présidente de la Confédération souhaite intégrer la production et la consommation d’énergie de la Suisse dans le marché européen. Elle pense évidemment aux problèmes liés à l’approvisionnement électrique durant les mois d’hiver.

Si, en 2007, la Suisse et l’UE négociaient l’accès mutuel au marché de l’électricité, le dossier s’est élargi au cours des années. L’accord sur l’électricité originel est devenu un accord sur l’énergie qui comprend d’autres domaines tels que l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables.

Le marché européen de l’énergie franchira une nouvelle étape en 2021-2022 en lien avec les accords de Paris sur le climat. Pour Doris Leuthard, ce marché a « une grande signification pour la Suisse ». Il ne faut donc pas s’étonner que tous les standards mentionnés dans la loi sur l’énergie par le Conseil fédéral correspondent à la feuille de route européenne en matière énergétique, l’un comme l’autre aspirant à une mutation profonde de l’approvisionnement.

Ainsi en est-il de la consommation d’énergie moyenne par personne devant être réduite d’ici à 2020, idem pour la consommation d’électricité, de la part obligatoire d’énergie non renouvelable pour le chauffage et l’eau chaude ou encore l’abaissement des émissions de CO2. Tous ces chiffres se trouvent dans les différentes directives sur l’écoconception de l’UE ou autres réglementations européennes. On comprend mieux les standards élevés et non négociables de cette loi défendus par le Conseil fédéral.

C’est pourquoi notre « énergique » ministre espère obtenir un accord bilatéral sur l’électricité avec l’Union européenne. Or les négociations sont à l’arrêt depuis leurs débuts en 2007. Et les problèmes n’ont cessé d’augmenter depuis lors. On pense évidemment à l’initiative de l’UDC (encore elle !) contre l’immigration de masse qui a refroidi les discussions entre notre pays et l’UE. On pense également à la reprise obligatoire du droit européen ou à des nouvelles règles nécessaires à la surveillance de ces mêmes accords qui n’ont toujours pas abouti.

Toutes ces questions devaient tourner dans la tête de Doris Leuthard lors de sa récente rencontre avec Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne. Une visite à Bruxelles, soit dit en passant, qui n’a guère fait avancer les dossiers, malgré des déclarations de circonstance et le désir clairement exprimé par le Conseil fédéral de reprendre les négociations avec l’UE et d’aboutir à un accord d’ici la fin de cette année. Le Conseil fédéral va donc rouler plus vite sur ces dossiers en souffrance et va donc passer par-dessus les récentes déclarations des partis bourgeois soudainement opposés à l’accord-cadre. Le dossier énergétique, en cas d’accord du peuple le 21 mai prochain, sera prêt à l’usage puisqu’euro-compatible.

Seule l’UDC dénonce cette loi catastrophique pour l’avenir de la Suisse. Nous étions assurés d’un approvisionnement énergétique d’un coût acceptable. Cela ne sera plus le cas si le peuple suisse accepte la loi sur l’énergie. C’est toute notre prospérité qui est mise en jeu par cette loi qui aborde de façon dogmatique (propre à plaire à l’UE) notre approvisionnement énergétique. C’est le prix habituel à payer pour entrer dans le marché européen de l’énergie. A ses conditions, évidemment.

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03 avril 2017

Exposons les trésors des Ports Francs

Sans titre 1.jpgL’exposition qui se tient du 14 mars au 30 septembre au Musée d’art et d’histoire est passionnante à plus d’un égard. Tout d’abord pour la beauté des neufs œuvres présentées. Ensuite pour les raisons qui ont conduits ces biens archéologiques à être exposés au MAH. C’est grâce au Ministère public qui les a confisqués à la suite à un contrôle de l’Administration fédérale des douanes aux Ports Francs. Dans l’attente d’une restitution à leurs pays d’origine, le MAH s’est vu confier ces pièces, à titre temporaire, pour en assurer la conservation et les présenter au public.

Les Ports Francs genevois sont l’un des lieux sous douane les plus importants du monde. Un quotidien zurichois a estimé à 100 milliards de francs la valeur des dépôts réunis à Genève.  L’on parle de plus d’un million d’œuvres d’art qui seraient conservées en bas de la route du Gd-Lancy, dont la moitié "sous douanes", un trésor dont le caractère exceptionnel et remarquable va du vase étrusque au Modigliani.

Ainsi, en 1939, Genève a accueilli 1’868 caisses contenant les trésors du Musée du Prado, évacuées de Madrid bombardée à la veille de la prise de pouvoir par Franco et réceptionnée par le Secrétaire de la SDN Joseph Avenol. Le Musée d’art et d’histoire a exposé pendant la Seconde Guerre mondiale 174 toiles issues de ce dépôt.

Ou plus récemment, l'histoire de "La Belle Princesse", ce portrait sur vélin, à la craie, au crayon et à l’encre, estimé à 150 millions de francs et déposé aux Ports Francs et qui, comme l’a révélé la Tribune de Genève, est attribué à Léonard de Vinci, malgré les réticences de certains milieux.

En partant du principe que beaucoup de ces dépôts ne relèvent pas d’activités secrètes, je dépose une motion pour demander au Conseil administratif de renforcer la collaboration avec les ports francs en vue de permettre des expositions régulières de pièces dans les musées de l’ensemble muséal de la Ville de Genève et d’entamer une discussion avec la gouvernance des Ports Francs en vue d’informer et de proposer aux déposants intéressés de présenter leurs œuvres au public genevois par l’intermédiaire des musées de la Ville de Genève.

Pièce jointe : motion

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20 mars 2017

L’UDC veut la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH

​Malgré les moyens importants déployés par le magistrat en charge de la culture et du sport et le lobby MAH+ pour «vendre» le projet Nouvel aux Genevois, ceux-ci ont refusé dans les urnes, le 28 février 2016, de passer à la caisse. Et pour cause ! Ce projet, outre son coût faramineux et sous-évalué à CHF​ ​132 ​millions, était truffé d’irrégularités dès sa naissance : procédure d’attribution du marché public au bureau Jucker-Nouvel non respectée, partenariat inégal équivalant à une mainmise d’un privé sur un musée public, coûts pour la collectivité non chiffrés, absence de politique muséale au profit d’un projet architectural portant de surcroît atteinte à un bâtiment classé à l’inventaire fédéral, forcing du processus décisionnel et mise à l’écart dès le départ de toutes les parties intéressées, notamment les associations de protection du patrimoine.

Au final, la Ville aura dépensé CHF 7​ millions​ ​de crédits pour des études qui ne seront pas réutilisables. Un projet de motion signé par la quasi-totalité des commissaires aux finances a été déposé, exigeant de l’exécutif qu’il fournisse tous les documents qui permettraient de dissiper ses doutes quant au respect des règles d’attribution des marchés publics. Pour couronner le tout, la Genferei 2016 a été décernée à M. Sami Kanaan pour cette affaire du MAH.

Malgré tous ces messages pourtant clairs, les magistrats Kanaan et Pagani ont persisté vouloir lier la rénovation du bâtiment Camoletti à son agrandissement, tandis que M. Sami Kanaan n’a rien trouvé de mieux, pour élaborer un projet culturel, que de mettre sur pieds une commission externe qui, comme sa dénomination l’indique, est composée de membres venus de l’étranger et d’autres cantons, à l’exclusion des partis politiques représentés au Conseil municipal, de l’autorité scientifique de l’Université,  des associations de protection du patrimoine et des importants partenaires du MAH, comme par exemple la Société des Amis du Musée d’art et d’histoire (SAMAH), qui compte quelque 1400 membres, ou encore Hellas et Roma.

Il est d’ailleurs affligeant de constater que le MAH attend une véritable politique muséale depuis 1998 et que le directeur actuel engagé dans un contexte explosif n’y ait pas travaillé, se contentant, selon ses propres termes (TdG, 04.01.12), «de préparer la restauration et l’agrandissement du musée». En parallèle, les effectifs ont doublé en 15 ans, avec notamment l’engagement de médiateurs culturels, sans apporter aucune plus-value en termes d’attractivité. 

A noter encore la politique d’engagement dans le réseau MAH qui a suscité de nombreux questionnements et interventions au Conseil municipal. Pour l’UDC-Ville de Genève, il est impensable que le réseau MAH, avec un budget de CHF 34 ​millions par an, ne soit chapeauté que par un directeur et un magistrat, alors que toutes les autres institutions culturelles de la Ville de Genève sont organisées en fondations d’intérêt public communal.

C’est pour cette raison, et au vu du bilan déplorable du MAH décrit plus haut, que les élus municipaux UDC en Ville de Genève ont décidé de déposer un PRD pour la création d’une fondation d’intérêt public communal dédiée au réseau des musées MAH (voir pièce jointe)​.

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