10 juin 2018

PAV, le surdéveloppement grand absent de la campagne

Beaucoup plus qu’une simple défaite ? Oui et non ! Au soir de la votation sur le PAV, la question peut se poser pour celles et ceux qui, comme l’UDC, s’opposent au développement de notre canton tel qu’annoncé dans le plan directeur cantonal 2030. Le résultat est certes sans appel : trois électeurs sur cinq sont d’accord avec la proposition du Conseil d’Etat. C’est une réelle défaite. Les arguments avancés par les organisations patronales, les partis bourgeois et l’UDC ont porté principalement sur l’atteinte forte à la mixité qui découlerait du texte soumis à votation. Mais derrière cette aimable campagne, la question que personne n’a voulu soulever, c’est celle de l’arrivée de 30’000 nouveaux habitants, dont la grande majorité sera composée d’étrangers en quête d’un travail.

Pourtant Pascal Pétroz, président de la Chambre genevoise immobilière, n’a pas hésité à dénoncer les petits calculs du Conseil d’Etat qui le conduiraient à créer de possibles ghettos: «Nous ne voulons pas d’un Sarcelles à la Praille».

Vous en conviendrez, ce n’est pas un discours habituel de la part de notre ancien président PDC du Gd Conseil ou des responsables patronaux. Mais serait-ce seulement la proportion de logements du PAV qui conduirait Genève à de pareilles extrémités expérimentées avec le succès que l’on connaît chez nos voisins français ? Ne serait-ce pas également la libre circulation défendue avec acharnement par les milieux patronaux qui permet l’installation dans notre canton de milliers de nouveaux arrivants ? Une politique qui conduira obligatoirement à construire des logements en grands nombre, à majorité sociaux, n’en déplaisent à la droite, au PAV et bien ailleurs. Les quotas, qu’une majorité de Suisses ont accepté pour maîtriser l’immigration est  - et reste - une solution que rejettent pourtant avec force ces mêmes responsables politiques.

Ainsi que l’UDC le répète à l’envi, la construction de 2'500 logements par année suffit amplement à couvrir les besoins démographiques genevois et permet aussi d’absorber une immigration selon nos besoins. Les milliers de logements que l’on construit sont en grande partie destinés à une immigration totalement incontrôlée par nos autorités. Nous rejoignons les craintes des milieux patronaux quant à l’aspect sociologique de cette arrivée soutenue d’étrangers peu argentés qu’il faudra soutenir financièrement dès leur installation mais ce n’est là qu’un aspect de la problématique d’un accroissement rapide et important de la population sur notre petit canton.

Le débat n’était pas exactement là où on aurait souhaité qu’il fut. Dans son discours de St-Pierre, Pierre Maudet nous annonce pour la fin de l’année une consultation des Genevois sur le développement de notre canton. Fort de ce succès, il y a peu de chance que le gouvernement pose les bonnes questions. Mais malgré tout, non, ce n’est pas plus qu’une défaite. Nous avons perdu une bonne occasion d’en découdre. Mais pas celle de nous taire.

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07 juin 2018

Discours du président du Conseil municipal - Cérémonie d'investiture (6 juin 2018)

Chères Concitoyennes, Chers citoyens,

Les salutations protocolaires ayant été faites, je souhaite féliciter chaleureusement M. Sami Kanaan de son accession à la mairie de la Ville de Genève. Mes félicitations vont également à Mme Sandrine Salerno qui assumera durant cette année législative la vice-présidence du Conseil administratif.

Je souhaite aussi remercier M. Remy Pagani pour son travail effectué durant son année de Maire qui fut son troisième passage à cette auguste fonction. On connaît – et reconnaît - l’ardent militant qu’il est et qui quelques fois pointe son nez dans une charge qui se veut avant tout représentative. Mais cela n’enlève rien à sa fonction ni à son engagement pour notre commune que je tiens à saluer en insistant sur la dimension institutionnelle que revêt la qualité de Maire de notre grande commune.

Être Maire, c’est une responsabilité qui s’additionne durant douze mois à celle de chef de département, c’est un surcroît de travail, certes, mais c’est aussi – je l’espère - un plaisir que de représenter notre ville dont le rayonnement dépasse largement l’étroitesse de son territoire situé au cœur de notre canton. C’est aussi une manière de rappeler l’importance de notre commune, riche non seulement d’un budget confortable mais aussi riche de nombreuses institutions qui dépassent elles aussi l’étroitesse de son territoire.

Car notre petite commune a tout d’une grande ville, voire même d’une agglomération aux heures de pointe. Elle connaît par conséquent toutes les difficultés des communautés qui se développent si vite que les autorités ont de la peine à suivre ce rythme effréné. L’espace transfrontalier genevois a connu une croissance fulgurante ces dernières années et la mobilité comme le logement en souffrent. Le bien commun et notre qualité de vie sont mises à rudes épreuves.

Mais nos efforts ne sont pas vains comme en témoignent les nombreuses constructions et adaptations du mobilier urbain destinées à améliorer le sort de notre population. 

Le souci d’aider chacun à trouver dans la dignité sa place dans notre société occupe notre action politique aussi bien au sein du Délibératif qu’au sein du Conseil administratif. C’est une priorité pour tous les élus de la Ville de Genève et je ne saurai m’exprimer ce soir devant vous sans penser à tous ceux qui peinent à trouver leur place sur notre commune, à trouver un toit et un travail. 

Nos prérogatives communales restent bien modestes en regard des difficultés que nous constatons jour après jour mais ce n’est qu’une raison supplémentaire pour faire preuve d’imagination et de souplesse pour faciliter la vie à tous les habitants de notre commune, quelle que soit leur condition, sans oublier les artisans et les entrepreneurs qui se battent tous les jours pour survivre aux embarras multiples d’une cité en plein développement .

C’est un rôle qu’il nous faut assumer totalement et qui demande un engagement et un amour de la chose politique qui ne fait pas défaut à notre nouveau maire Sami Kanaan.

Je ne sais pas si tous les maires gouvernaient le monde, le monde irait mieux, selon la formule un brin provocatrice du professeur Benjamin Barber qu’aime à citer notre nouveau maire sur le site de la Ville de Genève, mais chacun, à son niveau, à l’impérieuse obligation de faire mieux et encore plus pour celles et ceux qui ont souhaité les voir diriger une grande commune comme celle de Genève. 

J’ai relevé entre autres, et toujours dans le texte rédigé par Sami Kanaan, publié sur le site de la Ville, que les prestations en ligne progresseront sérieusement sous sa présidence ce qui sera incontestablement à l’ère du numérique un mieux et un plus pour nos concitoyens.

Je souhaite donc une année pleine de succès, pas uniquement numériques, et riche en contacts humains à Sami Kanaan, pour lui, pour notre commune, pour notre population.

Vive notre belle commune, vive notre canton et vive la Suisse !

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06 juin 2018

Dealers : la colère des Lausannois anticipe-t-elle celle des Genevois ?

Le marché de la drogue connaît une phase d’extension à de nouvelles rues et à de nouveaux quartiers au désespoir des habitants. Longtemps confinés aux Pâquis, les dealers ont notamment envahi Plainpalais, la promenade de Saint-Jean, le Quai du Seujet et le Quartier des banques. L’extension géographique va de pair avec l’extension de l’offre: on peut trouver toutes les drogues possibles et imaginables à Genève !

Le Matin s’étonne avec raison ces derniers jours de la passivité des autorités genevoises devant cette situation. Ainsi, à Lausanne, le quotidien orangé nous apprend que des habitants ont dénoncé l’attitude des dealers africains postés devant des écoles et que certains d’entre eux proposeraient à bas prix des drogues dures à de jeunes adolescents, voire à crédit, puis proposeraient à des filles de les rembourser sexuellement. Doit-on supposer que les dealers actifs à Genève ne seraient pas aussi pervers que leurs confrères « lausannois »?

Le Matin nous apprend également que pour un ancien directeur de l’ODM, des requérants d’asile abuseurs se moquent de la naïveté des Suisses et utilisent les faiblesses de la procédure d’asile. Ils versent dans la petite criminalité et s’adonnent au trafic de drogue et souhaitent être actifs le plus longtemps possible en Suisse.

Un problème de compétence, véritable partie de ping-pong entre les APM et la gendarmerie, entre MM. Barazzone et Maudet, fait que la situation ressemble à celle que connaît la Ville de Lausanne. Les mêmes doléances sont exprimées par les habitants confrontés au deal. D’ailleurs, plusieurs objets UDC ont été déposés au Conseil municipal pour que la police municipale intervienne de manière sérieuse contre les dealers qui envahissent notre espace public, comme le texte demandant que les APM puissent intervenir sans uniforme pour appréhender les dealers qui se cachent à la moindre apparition d’un uniforme. On peut être dealer et pas totalement bête…

Je dépose ce jour la question écrite suivante adressée au responsable de la police municipale, Guillaume Barazzone :

  • Comment la gendarmerie et la police municipale de la Ville de Genève entendent s’y prendre maintenant qu’ils ont signé un contrat local de sécurité pour en finir durablement avec ces dealers, pour la plupart déboutés de l’asile et/ou séjournant illégalement sur notre territoire ?
  • Comment le Conseil administratif juge-t-il la situation en matière de deal déplorée par les riverains aux Pâquis, sur la place des Volontaires ou de Plainpalais, sur le chemin pédestre situé sur l’avenue de la Forêt, dans l’enclos à chiens, longeant l’avenue Henri-Golay, etc. ? Est-elle acceptable à ses yeux ?

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29 mai 2018

Les débats budgétaires pour 2018 sont enfin clos

Hier soir, et une partie de la nuit, à l'occasion du débat sur le budget 2018, le MCG a rompu l'alliance passée entre le PLR, le PDC et l'UDC qui formait la droite élargie (& solidaire). Le MCG a voté avec la gauche le budget 2018. Il m'importe peu de savoir si Daniel Sormani a passé un quelconque accord avec Sandrine Salerno et si le groupe MCG était divisé sur la décision de son représentant aux finances d'accepter un budget si peu différent des précédents qu'il avait alors accepté. Je ne considère pas ce choix comme une trahison ou une défaillance temporaire et, pour moi, la droite élargie (& solidaire) n'a pas explosé ainsi que se plaisent à le relever quelques grincheux.

La droite élargie (& solidaire) ne s'est jamais ni mariée, ni pacsée. Elle n’est en aucune manière une fusion de nos partis en un «front» républicain de droite mais un assemblage de partis qui conservent chacun leur programme et surtout leur liberté de décision. Elle s'est mobilisée pour dégager une majorité claire, de droite. Le MCG, dont la spécificité est ne vouloir être ni à gauche, ni à droite, a été un allié loyal tout au long de ces dernières années, avec une nuance, celle de vouloir défendre la fonction publique.

Alors quid de la suite ? Laissons passer l'été et nous nous pencherons sur le budget 2019. Pour l'UDC, cela se fera sans a priori, ni a posteriori. Nous aurons plaisir à nous remettre autour d'une table en espérant dégager une nouvelle fois une majorité de droite avec le PLR, le PDC et le MCG. Nous y sommes arrivés ces dernières années, nous y arriverons la prochaine fois. A titre personnel, je pense que si la droite élargie (& solidaire) avait été plus exigeante dans ses demandes de révision budgétaire, peut-être serions-nous arrivés à nous entendre. A bon entendeur salut.

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10 mai 2018

Faut-il réécrire les textes sacrés?

C’est la question que se pose le professeur d'Ancien Testament à l'Université de Genève, Jean-Noël Macchi dans La Tribune du 9 mai 2018. "(...) certains versets (tirés des écrits fondateurs des grandes religions) heurtent, non sans raison, la sensibilité de nombreux lecteurs contemporains. Certains passages invitent à la violence, à rejeter certaines catégories de personnes ou à tenir les femmes dans un statut inférieur. En outre, plusieurs passages sont manifestement en contradiction avec les découvertes scientifiques." Et de noter qu'un manifeste publié dans «Le Parisien» le 21 avril suggère de supprimer des textes sacrés les versets difficiles. Le Coran mais aussi la Torah et la Bible sont aussi évoqués.

C’est absurde répond le professeur Macchi, "les textes sacrés sont riches et complexes comme la grande littérature ou la grande poésie. A-t-on jamais pensé à expurger Homère des passages violents qui pourraient inspirer des nostalgiques de l’Antiquité (et il y en a eu au siècle dernier…)?

Il a raison. Mais alors pourquoi, à la fin de son article, revenir sur le manifeste du «Parisien» et proposer à ses signataires de promouvoir des interprétations des textes fondateurs "qui soient cohérentes, respectueuses du bien commun et critiques"? N'est-ce pas contraire à sa position liminaire?

Si l'on s'autorise à supprimer des passages ou simplement à les corriger au gré des opinions de l'époque, opinions qui sont généralement plus politiques que religieuses, les textes bibliques ou coraniques perdent leur caractère sacré. Ce n'est pas en corrigeant la parole de Dieu contenue dans la bible, que survivra la Vérité, "parole faite chair" comme le croit les chrétiens.

Qu'une Constitution évolue selon les us et coutumes de l'époque, c'est normal. Notre actuelle Constitution de 1999 sera sans doute différentes dans 20 ou 30 ans. Ce n'est pas le cas des textes sacrés. Un catholique de 2018 récite le symbole des apôtres avec la même foi que ses aïeux, malgré les modes. Si il change d'opinion, ne croit plus par exemple qu'à une partie de ce Credo (refuse la virginité de la Vierge Marie ou doute de la résurrection du Christ), il se met de lui-même hors du périmètre de l'Eglise, de sa tradition et de son enseignement authentique. Il risque tout simplement de perdre la foi. Elle n'est pas innée selon saint Paul, « elle vient de ce que l'on entend et on entend par une parole du Christ » (Romains 10:17).

Et même si la majorité des catholiques était dans cet état de foi sélective, il serait impossible aux responsables religieux de changer ou d'adapter les textes sacrés sans de très sérieuses raisons - et sans lien avec le pouvoir séculier - sans trahir leur religion, à l'image du Credo catholique qui résume la foi des Apôtres et qui nous a été transmise directement par eux. Ma réflexion est sans doute partagée par un musulman ou un juif.

Le professeur Macchi a raison lorsqu'il affirme qu'il faut assumer le fait "que les textes fondateurs sont des productions historiquement situées et qu’il faut les replacer dans leur contexte de production pour en comprendre la signification". Indépendamment des idéologies du jour. "Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement" (S. Jean).

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