A travers les travées

  • La Ville de Genève rayonne dans le monde

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    Le 5 février 2019, le Conseil municipal de la Ville de Genève a soutenu ma résolution demandant au Conseil fédéral d'offrir ses bons services dans l'affaire Assange. Acceptée, cette résolution a été portée par le Conseil administratif auprès du Conseil fédéral. Dans le respect des compétences et des formes (le CA a adressé son courrier à la Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU et des autres OI à Genève).
     
    Le Conseil municipal n'a fait là que manifester son souci d'un dossier qui touche à la fois le droit juridique (USA et suédois) et le respect de la déclaration universelle des droits de l'homme et dont les incidences sont directes pour la Suisse, ses cantons et ses communes.
     
    Si la ville de Genève participe plus que les autres communes suisses à la diplomatie et aux relations étrangères nécessaires à la Suisse, c'est tout simplement parce qu'elle abrite les organisations internationales. Personne ne conteste que ce sont les autorités fédérales qui ont la compétence pour intervenir dans les affaires étrangères et, si elle le veut bien, dans l'affaire  concernant Julian Assange et WikiLeaks. Personne, à part quelques conseillers municipaux de centre-droite, ne nie que nous avons un rôle à notre mesure, celui d'un Délibératif abritant la Genève internationale. Raison pour laquelle nous avons reçu au sein même de notre Délibératif fin 2018 Madame Michèle Bachelet, Haut-commissaire aux droits de l'homme auprès de l'ONU.

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  • Trèfle-Blanc : pas de promesses bling-bling !

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    Décidément, ce canton ne vit que dans la démesure. Et dans les promesses les plus saugrenues. Et pas seulement lors de campagne électorale. Le dernier rebondissement concernant la patinoire du Trèfle-Blanc est un chef-d’œuvre en matière de démesure et de promesses vagues à coût de centaines de millions de francs : on en prend plein la figure ! Après le projet canadien (300 millions de francs, double patinoire, complexe commercial), voici le projet genevois (380 millions de francs, double patinoire, Human Center). Le premier n’a enthousiasmé que celles et ceux qui croient aux contes de fées, le second n’enthousiasmeront que celles et ceux qui croient… aux contes de fées. De ce nouveau projet, la presse s’en est fait l’écho. Ainsi donc, la valse des millions reprend et celle des grandes promesses aussi. Dans la bouche de M. Plan, cela donne : - j’ai reçu plusieurs lettres d’intention de partenaires prêts à s’installer dans le futur complexe. En fait de complexité, le nouveau projet s’inscrit dans la continuité de celui des canadiens. Olivier Plan va nouer des liens de confiance avec nos autorités. Pas de quoi nous rassurer : il n’y a bientôt plus que lui qui a confiance dans nos autorités…

    J’ai déposé sur le bureau du Conseil administratif, avec mon copain Simon Brandt, un projet pour construire cette fameuse patinoire dont nous avons tant besoin sur le site des Vernets. Nous demandons au Conseil administratif de la Ville de Genève de prendre contact avec le Conseil d’État et d’étudier la faisabilité de la construction de la nouvelle patinoire sur l'actuelle site de la Voirie situé au 10 rue François-Dussaud et ne pas y entreprendre d'autres aménagements d'ici-là. Nous proposons également un partenariat public-privé (PPP)  pour la réalisation de cette infrastructure.

    Fournir dans les meilleurs délais une infrastructure répondant aux normes de la Ligue nationale mais aussi augmenter le nombre de surfaces de glace sur notre canton est une nécessité. Le temps presse, notre équipe préférée et ses très nombreux supporters, mais aussi tous les patineurs amateurs (on pense aux clubs de danse sur glace) méritent une nouvelle patinoire. Pas de promesses bling-bling, du sérieux !

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  • Adieu Trèfle-Blanc, bonjour Rolex Arena

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    Cela n'arrive pas si souvent qu'un magistrat fasse montre de bon sens devant un projet flamboyant : double patinoire au Trèfle-Blanc, intégrée dans un complexe de plus de 300 millions de francs, comprenant bureaux, hôtel, clinique pour le sport, commerces et spectacles. A Genève, l'épopée (non terminée) du Stade de Genève nous a vaccinés. Pour la nouvelle patinoire, les autorités ont préféré cette fois des analyses rigoureuses et prudentes aux grandes promesses et les inaugurations pompeuses. Le citoyen passant comme d'ordinaire à la caisse.

    Il faut donc remercier Thierry Apothéloz pour sa décision : il met fin au méga-projet de la patinoire du Trèfle-Blanc, du moins dans sa version canadienne. Depuis des années, nous sommes nombreux à émettre des doutes. D'une part, nous n'avions aucune envie de quitter les Vernets, lieu historique du hockey sur glace à Genève, comme le fut pour le football le regretté Stade des Charmilles.

    D'autre part, les Canadiens nous avaient échauffé les oreilles avec leurs promesses, tout comme la direction du club qui s'entêtait avec ce projet. Trop de temps passé à en parler, à nous prendre pour des pives en nous assurant, la main sur le cœur, que c'est un bon projet et qu'il séduirait tout un chacun, à commencer par les autorités, qu'il avançait. Pour avancer, il a avancé : dans la poubelle.

    Enfin, Thierry Apothéloz a parfaitement saisi la principale difficulté que tout bon supporter avait repéré depuis longtemps : la patinoire était «reléguée au second plan» dans une opération où prévaut le rendement financier.

    Finalement, il y a deux bonnes nouvelles dans cette décision. La décision elle-même et sa conséquence : nous resterons aux Vernets pour quelques années encore.

    Et justement, puisque nous y resterons, autant faire les choses complètement. Il faudra nécessairement rénover la patinoire pour être aux normes de la ligue nationale de hockey sur glace. Se pose la question de la construction d'une nouvelle patinoire dans le périmètre des Vernets (par exemple en lieu et place de l'actuel voirie). Offrir aux amateurs de glaces un véritable complexe de glace sur ce site apprécié des sportifs et des supporters.

    Sans aucun doute, Sami Kanaan y pense depuis quelque temps déjà. Mais nous ne connaissons rien de sa réflexion, de ses projets. Je déposerai un texte pour la prochaine plénière du Conseil municipal. Il faire rapidement le point avec Rolex (la fondation Wilsdorf) et connaître les solutions qui s'offrent à nous. Je ne peux m'empêcher d'imaginer que Rolex serait opposée à une solution géographiquement proche de ses immeubles, une Rolex Aréna pour notre club préféré. Dans le prolongement de ce magnifique pont que l'entreprise horlogère a subventionné.

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  • En politique, rien n’est acquis, rien n’est définitif

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    Le changement de la présidence au PLR, et plus encore le profil des deux candidats officiels, m’invite à la réflexion. À Genève, l’UDC se sent évidemment plus proche du PLR que du Parti socialiste. Cependant, il faut savoir prendre quelque distance avec ce vieux parti aujourd’hui ébranlé et qui croit parfois trop rapidement que les élus UDC ne peuvent faire autrement qu’être d’accords avec eux. Sur certains dossiers, c’est le cas ; sur d’autres pas. C’est soit un allié, soit un adversaire. Il en est de même à Berne. Les points de convergence existent. Et de divergences aussi.

    Les événements récents qui ont secoué et divisé le PLR genevois sont inquiétants pour l’UDC. Parce que ce n’est pas la première fois que ce parti bourgeois, un tantinet donneur des leçons, propose un ou une candidate qui ne brille pas particulièrement au Conseil d’Etat. La chute de Pierre Maudet n’en fini pas de bousculer la politique genevoise. Que nous réserve celle ou celui qui reprendra ce parti qui ne pense qu’en termes de croissance économique, de libre-circulation et s’oppose à toute politique protectionniste ?

    Les petits débats qui se déroulent entre Natacha Buffet-Deysfayes et Bertrand Reich ne disent rien de bon pour un UDC conservateur tel que moi. Tous deux se sont opposés à notre initiative pour l’autodétermination comme ils se sont opposés à notre initiative contre une immigration de masse, tous deux sont favorables à la signature de l’Accord-cadre voire même d’une adhésion à l’UE, tous deux sont de fervents partisans d’un fort développement de notre canton et tous deux sont naturellement angoissés à l’idée d’un bloquage de l’extension de la zone à bâtir. Donc, sans surprise, la politique que nous ont asséné les magistrats PLR durant ces 50 dernières années sera toujours de mise : développement de la fonction publique, endettement vertigineux, arsenal juridique en constante progression, diminution des libertés, refus des quotas donc immigration non maîtrisée et surdensification du canton.

    Que reste t’il de commun entre nos deux partis si l’un ou l’une de ces adeptes du libéralisme et du mondialisme est élu ? Je veux dire de commun sur les dossiers importants pour les élus UDC ? Sans nul doute, les atermoiements de ce parti, ces prochains mois, seront intéressants à suivre, y compris durant la campagne pour les élections fédérales de cet automne. Mais à distance respectable. Et même d’en profiter pour (re)penser à des rapprochements inédits pour trouver des majorités nécessaires pour assoire nos positions sur certains dossiers. Sans complexe. Libre comme… un libéral.

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  • Tempête dans une coupe de champagne

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    Qui est surpris d’apprendre que le groupe parlementaire PLR ait finalement accepté de soutenir la signature de l’Accord cadre, ce piège mortel pour notre souveraineté ? Y a-t-il véritablement doute quant à l’inclination pro Union européenne quasi-naturelle de ce parti si proche des associations patronales ? Bien évidemment, non ! Le groupe, tout comme le parti bourgeois*, sont d’ardents défenseurs de la libre-circulation et soutiendront bien évidemment l’une des principales étapes sur le chemin de l’adhésion à l’UE qu’est la signature de l’Accord cadre. Une fois intégré  institutionnellement à l’appareil de l’UE, le chemin à emprunter avant d’être membre à temps complet de l’UE ne sera plus qu’une ballade de santé pour l’establishment suisse.

    Sauf surprise… Le récent passage sur le plateau de Pascal Decaillet de Darius Azarpey, jeune PLR, démontre que la route n’est peut-être pas si plate, pas si droite, pas si lisse que cela pour le parti bourgeois. La course bruxelloise ne se fera sans doute pas sans passer plusieurs fois par les stands. Interrogé sur la libre circulation, que Marie-Agnès Bertinat venait de dénoncer comme principale responsable d’un chômage des jeunes genevois deux fois plus important à Genève que dans le reste de la Suisse, il a ouvert les coulisses du PLR. D’une part en relevant que les critiques émises contre la libre circulation par Benoît Genecand n’ont pas déchaîné la colère attendue des barons du PLR mais aussi qu’ils seraient quelques uns à y songer. Que représente cette fronde ? Difficile de le savoir. Auront-ils le courage de lancer ce débat aujourd’hui confisqué par les associations patronales ? Difficile d’y répondre.

    Mais une chose est sûre : débat il y aura, grâce à l’UDC et à son initiative contre la libre circulation. Si l'initiative était acceptée par le peuple, les autorités auraient un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles. Si aucune solution n’était trouvée, le Conseil fédéral devrait le dénoncer dans le mois qui suit. Déposée l’été passé, elle attend d’être traitée par les Chambres, votations fédérales oblige. Mais les Suisse n’ont attendu le calendrier parlementaire pour faire savoir que le rapprochement avec l’UE (l’Accord cadre) figurait parmi les thèmes qui les préoccupaient (voir sondage SSR récemment paru). Selon ce même sondage, l’UDC ne progresserait pas. Mais elle laisse loin derrière elle les autres partis dont le point commun est justement la volonté plus ou moins avouée de signer l’Accord cadre.


    *Les délégués du PLR se sont focalisés, fin juin 2018, sur les relations Suisse-UE. Ils ont adopté une résolution soutenant la libre circulation et un papier de position pour une politique européenne forte.

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