09 avril 2007

Messe en latin: la TSR rabâche!

Dimanche de Pâques, 8 avril, la TSR nous a livré un reportage sur le prochain motu proprio par lequel Benoît XVI "libéraliserait l'ancienne messe". Cet "éclairage", signé par Valérie Dupond, nous rappelle que la messe en latin, la messe de saint Pie V, est interdite par le Vatican. Voilà un bien vilain mensonge, le jour de Pâques!

 La messe de saint Pie V interdite ? C'est bien ce que les réformateurs veulent faire croire depuis le 3 avril 1969, se référant à la constitution apostolique MISSALE ROMANUM signée par Paul VI. Il a été largement démontré par la suite que cette interdiction est contestable. Eric de Saventem, ancien président d'Una Voce International donnait à ce débat une double conclusion (voir ITINERAIRES, février 1972):

1.- La nouvelle législation liturgique n'abroge pas l'ancienne loi pour la remplacer par une loi nouvelle ;

2.- Cette nouvelle législation ne rend point illégal tout usage de l'ancien rite.

Jean Paul II, en accrodant un motu propio partiel pour l'usage de la messe de saint Pie V, n'a rien fait d'autre que de valider le raisonnement d'Eric de Saventem.

Les épiscopats réformateurs sont arrivés à ce que les ennemis de l'Eglise catholique recherchaient depuis des siècles: "les nouvelles messes sont celles des nouveaux catéchismes. Les nouveaux catéchismes sont ceux de la nouvelle religion" (Jean Madiran, « La messe en question », ITINERAIRES hors série, juin 1976). "Si la nouvelle messe estime inévitable d'interdire l'ancienne, c'est implicitement mais nécessairement, qu'elle la juge étrangère, qu'elle la trouve incompatible, qu'elle y voit l'expression d'une autre religion".



La plupart des épiscopats centre-européens se sont acharnés pour interdire l'ancienne liturgie. Pour s'en convaincre, si besoin est, il n'y a qu'à suivre l'exemple suisse. Mgr Adam, ancien évêque de Sion, rappelait en janvier 1973 qu'il était interdit, sauf indult, de célébrer selon le rite de saint Pie V. Six mois plus tard, ce sera la Conférence épiscopale suisse qui interdira "officiellement" le 4 juillet 1973 la messe "en vertu des décisions de Rome". Sommés de produire les titres, les dates, les termes de ces prétendues décisions, les évêques suisses n'ont pu le faire. Et pour cause.



Depuis, cette stratégie a toujours cours: faire croire que la messe de saint Pie V est interdite. Elle ne l'est pas ! Benoît XVI le sait. Il la "réhabilitera" pour reprendre le terme contestable de la journaliste parce que la messe de saint Pie V est la messe par excellence qui reproduit le mieux le grand drame du Calvaire renouvelé à l'autel pour notre salut et celui du monde entier. Et il en a besoin.



Je prends le pari que lorsque l'ancienne messe sera librement célébrée dans l'Eglise catholique, la messe "interdite" lui apportera à nouveau la ferveur d'antan.

21:25 Publié dans Religieux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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