25 avril 2007

Quelle plantée

 

Au soir du premier tour, la mine était piteuse. J’avais parié crânement sur un duel entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Pire, j’avais prophétisé une belle quatrième place à Ségolène Royal ! Entouré de mes amis, j’ai suivi d’un œil terne la joie des vainqueurs. Mais "tout désespoir en politique est une sottise absolue". Jean (Marie) qui pleure, Jean (Marine) qui rit. C’est la vie !

Jean qui rit, Jean qui pleure

 

N’empêche ! Comment le Président du Front National est-il arrivé à un résultat aussi désastreux alors que la France va si mal et que les mêmes responsables politiques se représentent ? Il y a bien sûr son âge. Pour avoir été spectateur du meeting de François Bayrou à Annecy puis, quelques jours plus tard, de celui de Jean-Marie Le Pen à Lyon, j’aurais dû être plus attentif à quelques petits signes, pas si anodins que cela en fin de compte. Ainsi, la salle réservée au Front National était juste pleine. Celle de François Bayrou était archipleine. Jean-Marie Le Pen avait donné rendez-vous à ses militants un dimanche après-midi alors que l’ancien ministre de l’Education national attendait son auditoire un jeudi à 21 heures. Le Menhir n’était pas très en forme au début de son allocution. François Bayrou était d’un calme magnifique. Il a prononcé un discours sans regarder ses notes alors que le candidat de la droite nationale a prononcé un très beau discours sur le thème des valeurs nationales mais il l’a lu. François Bayrou a labouré son pays de multiples soirées électorales… c’est ce que faisait Jean-Marie Le Pen, autrefois !

N’empêche ! 10,5% ? Certes, Nicolas Sarkozy a chassé sur les terres frontistes. L’homme pressé a siphonné les votes acquis au Front National, l'a décapé comme il voulait karcheriser les voyous des banlieues. Jean-Marie Le Pen n’a pas vu arriver le coup. Trop sûr de lui ? Sans doute !

N’empêche ! Il est bien arrivé à la quatrième place, conformément aux sondages que l’on a pris l’habitude de railler. Dangereux, les habitudes!

Mais plus que tout, je pense que le discours plus convenu qu’il a tenu durant toute sa campagne a permis à Nicolas Sarkozy une captation de ses positions sans réel danger d’être accusé de "lepénisation", quoi qu'en dise la presse. Et cela a suffi! Jean-Marie Le Pen a été puni d’avoir voulu parler presque «comme les autres» sur le PACS, l’avortement, sur l’éventuelle légalisation de l’euthanasie, la politique vis-à-vis de l’islam et sur l’immigration, bref, sur les questions cruciales qui se posent à notre société et devant lesquelles tous les partis tiennent un langage unifié, celui que nous impose la gauche, celui que ne combat pas la droite.

Pendant longtemps, Jean-Marie Le Pen a assuré qu’il préférait être battu sur ses idées plutôt qu’élu sur les idées des autres. Ce message n’a pas été aussi clair durant sa campagne électorale. C’est dommage car, que ce soit Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal qui parvienne à la présidence - ainsi que l’a dit fort justement Jean-Marie Le Pen à Lyon -, « La France va mal, et si rien ne change, demain elle ira plus mal encore ».

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