20 mai 2007

Défendre la famille à tout prix !

Défense de l'union naturelle entre un homme et une femme, défense de l'institution du mariage, refus de la reconnaissance juridique du concubinage homosexuel, le pacs et, a fortiori, de l’adoption d’enfants par de tels couples, telles étaient les positions de la population suisse voici seulement quelques années. Mais depuis qu'en digne héritière de la Révolution, la France a suivi en 1968 la révolution des mœurs commencée par ailleurs aux USA, elle a passé à une deuxième vitesse. Il n’aura pas fallu attendre plus de six ans (2005) pour que les citoyens de notre pays acceptent le partenariat enregistré du même sexe.

 

En ce soir de votation et pour la seconde fois, les Genevois ont accepté de banaliser l’homosexualité. 72% d’entre eux n’ayant même pas jugé bon de participer à ce scrutin. Désormais, la loi sur les droits de succession et la loi sur les droits d’enregistrement assimilera les effets civils et fiscaux du partenariat enregistré à l'institution du mariage. En droit des successions, en droit des assurances sociales et en prévoyance professionnelle, les pacsés disposent à Genève du même statut que les couples mariés.

 

L’adoption d’enfants ou le recours à différentes méthodes de procréation médicale assistée sont les prochaines revendications des lobbies homosexuels. Elles ne pourront cependant pas se faire aussi facilement que les deux précédentes. L’adoption des enfants est un sujet beaucoup plus sensible. Les oppositions seront sans doute plus vives, non seulement au sein des partis politiques mais aussi des Eglises et des associations pro-life qui pourraient s’inviter dans ce débat. En Italie, l’Eglise catholique milite publiquement contre les unions civiles homosexuelles, les dicos, équivalents italiens du pacs. Le «family day», avec ses centaines de milliers de participants réunis le 12 mai 2007 devant la basilique Saint-Jean-de-Latran, a été en tout cas une véritable démonstration de force de la farouche résistance des catholiques. D’autant qu’à quelques kilomètres de là, le rassemblement antagoniste «courage laïc», convoqué sur la place Navone, n’a recueilli l’adhésion que d’un peu plus de trois mille personnes.

 

Les communautés dites LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) le savent bien et ne tiennent sans doute pas à vivre des débats publics où l’homosexualité serait traitée avec trop de spontanéité. Pour éviter prudemment cela, la présentation préalable d’une loi contre l’homophobie - à l’image des lois contre l’antisémitisme, le racisme ou toutes formes de discrimination - serait susceptible de constituer un excellent barrage aux aléas imprévisibles du débat démocratique.

 

Mais à Genève, on devine que les lobbies homosexuels n'en sont plus à de frileuses stratégies comme leurs homologues italiens. Ils sont dans les starting blocks pour obtenir plus, toujours plus! Etonnamment, on ne les a pas beaucoup vus durant la campagne pour la votation de ce dimanche. Pourquoi ? Parce que le débat sur la prochaine révision de la Constituante est prévu pour l’année prochaine et les homosexuels comptent bien que celle-ci leur fournisse un moyen beaucoup plus subtil pour introduire la reconnaissance constitutionnelle implicite de leur existence et de leur «altérité sexuelle» (euphémisme de leur déviance) qu'ils appellent de leurs vœux les plus chers. Ils parviendront ainsi, en douce et en douceur, à leur fin.

L’article 2B de notre bonne vieille Constitution proclame que la famille est la cellule fondamentale de la société et qu’elle doit être renforcée. Nul doute que par le recours à un vocabulaire aseptisé, à des généralités, - et à la Convention des droits de l'Homme en contrepoint -, les lobbies homosexuels ne manqueront pas de chercher à soumettre la famille traditionnelle, dans l'acception de cet article 2B, à la liberté de choix sexuel qui pourrait bien trouver à se nicher dans la liberté individuelle proclamée à l'article 3, sous reformulation en trompe-l'oeil.

 

Il faut d'ores et déjà nous préparer à un combat acharné pour sauver le postulat de l'actuel article 2B, le moment venu. C’est à ce prix que nous défendrons l'institution du mariage. Le mariage de toujours. Entre un homme et une femme. Car nos détracteurs n'hésiteront pas, eux, à railler la sémantique de nos exigences: entre un homme et une femme seulement? Pourquoi le préciser ? Et en aurait-on encore le droit sans risque d'inconstitutionnalité ?

 

Mais où en sommes-nous donc arrivés ?

17:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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