14 juin 2007

Les mauvais exemples sont-ils contagieux ?

Durant sa séance du 15 juin, le Parlement s'est penché – entre autres - sur une motion du groupe PDC concernant l’endettement des jeunes. Ces députés s’appuient sur un bilan alarmant de la Commission fédérale de la consommation qui a étudié ce sujet et constate que quatre personnes endettées sur cinq l’ont été une première fois avant l’âge de 25 ans. Désintégration sociale et dépendance de l’assistance sociale les attendent au bout de ce chemin de misère.

Publicité sans vergogne, mode de paiement simplifié, crédit facilité et manque de volonté (souvent hérité d’une éducation insuffisante) jettent ces jeunes dans des dépenses auxquelles ils ne peuvent faire face. Le regard du voisin, la nouvelle automobile du copain, les virées de fin de semaine ne sont pas toujours faciles à repousser. Il faut souvent du courage pour ne pas céder à toutes ces tentations.

Que faire pour ces jeunes ? se demandent en substance les auteurs de cette motion. J’ai retenu la deuxième invite, modifiée en commission des affaires sociales et qui propose d’intégrer la thématique du budget et de l’endettement des jeunes, dans le cadre, par exemple, des cours de comptabilité donnés en classes secondaires et en professionnelle. Des problèmes réalistes (compte du ménage ou comptabilité d’une petite entreprise) incitent les élèves à réfléchir sur un pouvoir d’achat limité. Et pourquoi ne pas même pousser l’exercice jusqu’à son paroxysme ? Poursuites, saisies et dépôt de bilan au programme démontrerait mieux que tous les discours moralisateurs toutes la batterie d’ennuis que ces procédures provoquent à l’aube d’une vie d’adulte et pour longtemps ! Jusqu’à l’empoisonner ! In fine, ces exercices doivent provoquer une prise de conscience que l’on espère salutaire dans le cadre d’une politique de sensibilisation nécessaire.

Mais entre nous, à Genève, qui donne l’exemple à ces jeunes ? En 2006, il y a eu 270'000 poursuites et 160'000 saisies. Ces trois dernières années, il y a eu une augmentation de 30% du nombre de poursuites et de 50% du nombre de saisies. Notons que pour 40% des cas, il s’agit de poursuites concernant les primes d’assurance maladie ou des dettes résultant des impôts.

Et ce n’est pas davantage le gouvernement qui donne l’exemple : 13 milliards de dettes, soit 32'000 francs par habitant, jeunes y compris et dès leur naissance !

Après pareil exploit, allez donc expliquer aux jeunes qu’il ne faut pas vivre au-dessus de ses moyens...

11:04 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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