12 juillet 2007

Le lobby de la drogue accuse le coup !

Le refus lausannois d’un local d’injection fait des vagues jusqu’au bout du lac ! La Tribune de Genève (11 juillet) semble s’inquiéter après l’échec du local d’injection lausannois (le «petit frère» selon la formule bienveillante de l’auteur de l’article) le Quai 9 pourrait être à son tour remis en cause. Le rejet lausannois est sans appel : 55% des votants ont manifesté leur hostilité à ce fameux quatrième pilier de la prévention qu’est la réduction des risques ! De quoi inquiéter les animateurs du Quai 9 qui ont été «montrés du doigt sur la base d’affirmations mensongères par les opposants au local lausannois».


En fait d’affirmations mensongères, comment peuvent-ils affirmer qu'il n'y a pas d'overdoses au Quai 9 ? A Genève, il y en a eu exactement 17 (chiffre communiqué lors de la conférence de presse de la police genevoise, le 14 juin, mais non publié par La Tribune de Genève), contre 14 en 2005 et 4 en 2004 ! Comment n’y a t-il pas eu d’overdoses dans ce «shootoir» des temps modernes, lieu privilégié des drogués, si leur nombre augmente globalement à Genève ? Sans compter le reste, et notamment le fait que plus de 500 dealers sont enregistrés par la police, selon une déclaration du Conseiller d’Etat Laurent Moutinot lors d'une rencontre avec le Rassemblement des aînés de Genève. Ces derniers sont les auteurs d’une pétition (P1612) qui demande aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour chasser les dealers du quartier des Grottes, qui évoque la formation de scène ouverte de la drogue due à Quai 9 et qui conclue par une phrase pleine de bon sens: «toute mesure qui facilite la consommation des drogues illicites est un signal pour les dealers». Cette pétition a été directement envoyée au Conseil d’Etat par une large majorité de députés.


Le rapport d’activité 2006 de la police genevoise, présenté voici seulement quelques jours, donne raison aux pétitionnaires, comme à tous ceux qui contestent la pseudo-réduction des risques. Les affaires de drogue ont passé de 456 interventions en 2004 à 666 en 2006. Les multiples démarches de ceux qui, en fin de compte, cherche à banaliser la consommation de la drogue conduisent à des résultats piteux. C’est bel et bien l’échec du modèle non répressif qui a été sanctionné dimanche dernier à Lausanne. Il ne faut surtout pas relâcher la pression !

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