12 décembre 2007

La nuit genevoise des longs couteaux (2)

Après un premier budget déficitaire de 120 millions, puis un second dégageant un bénéfice de 33 millions, puis un troisième avec 53 millions de bonus, voilà t’y pas que le Conseil d’Etat nous propose un quatrième budget à 56 millions. Trois nouveaux millions ont été trouvés pour la mise en œuvre de l’initiative 125. Relevons que l’exécutif nous explique depuis des mois l’inutilité d’une augmentation des subventions pour les EMS : il y a d’abord des gains à réaliser ! (dixit Pierre-François Unger)

 

La saga devient africaine... et la météo de vendredi aussi !

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La nuit genevoise des longs couteaux

A l’heure de Sports dimanche, nos Conseillers d’Etat se sont rappelés au bon souvenir des responsables politiques de ce canton. Sujet de leur préoccupation dominicale : le budget 2008. Après que l’Entente et l’UDC aient voté deux réductions budgétaires (15 millions sur la rubrique « prestations à des tiers » et 19 millions sur les charges), l’Exécutif s’offre une dernière pirouette, sa « proposition alternative », à savoir une réduction des coûts soigneusement analysée et estimée à 20 millions.

 

La proposition du Conseil d’Etat est-elle acceptable ?

 

La réponse du groupe UDC est négative. Après avoir présenté un premier budget déficitaire de 120 millions, « incomparable », le Conseil d’Etat présente un deuxième projet annonçant un bonus de 33 millions. Puis, une fois passé à la moulinette de la commission des finances, voilà notre budget 08 ficelé avec un bonus de 67 millions. Dernier épisode de cette saga (qui n’a rien d’africaine) le Conseil d’Etat propose un troisième budget avec un bonus de 53 millions. Un grand écart de 173 millions...

 

De deux choses l’une, soit le Conseil d’Etat nous propose un (et pas des) budget sérieux avec lequel nous travaillons, soit il présente des budgets en fonction des forces politiques en présence, à la tête du client en quelque sorte. Ce qui me fait penser que nous aurions du exiger encore plus...

 

Pour sa part, l’UDC restera sur la proposition d’un budget dégageant un bonus de 67 millions. Pour parvenir à cette somme, et bien que favorable au transfert de 15 millions, tiré de la rubrique 318 et porté sur le budget du département de la solidarité et de l’emploi pour tenir compte de la votation sur les EMS, l’UDC soutiendra un nouvel amendement budgétaire réduisant de 18 millions les subventions (qui s’élèvent à plus de trois milliards), réduction non linéaire mais portant sur des subventionnés bien précis. Une réduction qui ne représente que 0,6% de cette épaisse rubrique. Avec un bonus de 67 millions, nous nous rapprochons d’un budget qui pourrait enfin dégager des bénéfices permettant de diminuer un tant soit peu la dette. Il serait grand temps.

 

A la veille du débat final, les forces politiques en présence se diluent gentiment dans le sirop de l’exécutif. Que va-t-il rester du signe fort (?) donné par la majorité parlementaire UDC-Entente lors de la discussion finale en commission des finances ? La nuit des longs couteaux se résumera-t-elle en une nuit des longs nez ?

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04 décembre 2007

Le hochet de l’Entente

Depuis deux semaines, je suis à ranger au rayon des insatisfaits! Et il y a foule! La cause de cette soudaine frustration? Le budget 2008 et cette fameuse diminution des charges de 1% supplémentaire, 19 millions, 19 petits millions. L’Entente se frotte le nombril d’aise. Enfin, les libéraux sont suivis par les radicaux et les démocrates-chrétiens. Ils en rêvent: ils vont voter le budget 2008, satisfaits de leur coupette.


Alors pourquoi faire grise mine? Parce que nous connaissons des années particulièrement fastes, avec des rentrées financières extraordinaires et que rien n'est entrepris pour désendetter sérieusement l'Etat. Mercredi 21 novembre, les commissaires aux finances ont commencé leurs travaux avec un budget déficitaire de 100 millions. Puis David Hiller nous a annoncé que les derniers résultats fiscaux permettent de proposer un budget avec 30 millions de bénéfice. En fin de journée, ce chiffre est monté à 65 millions. Dommage que nous n’ayons pas siégés plus longtemps...


Pourquoi cette pression sur la fonction publique ? Parce qu‘il faut habiter sur autre planète pour ne pas savoir que dès l’année prochaine, des grandes turbulences économiques sont attendues. Dans un remarquable texte, Michel Rocard pose une question essentielle : «Doucement vers la crise?» Et d’y répondre par l’affirmative, s’étonnant au passage que «les gouvernements se taisent aussi (comme les banquiers centraux), agissant à peu près comme si de rien n’était». L’ancien premier ministre français se livre alors à une démonstration en trois temps. D’abord, en cumulant la dévalorisation du dollar, la crise des prêts hypothécaires à risques américains (va-t-elle contaminer l’ensemble du système financier international?), les hausses importantes du prix du pétrole. De quoi risquer de faire s’effondrer le château de cartes que constitue l’état actuel de l’endettement dans le monde. Et serait-on d’ajouter particulièrement à Genève.


Ensuite, le capitalisme a changé. Ce sont les actionnaires qui font des profits spectaculaires et par conséquent pénalisent les salaires, freinent la consommation et la croissance.


Enfin, Etats-Unis et Grande Bretagne connaissent un endettement vertigineux. Les Américains du nord empruntent deux milliards de dollars par jour. Le service de cette dette époustouflante ne tient actuellement que si le pétrole cesse d’augmenter et si l’inflation n’appelle pas une nouvelle hausse des taux d’intérêts. Cela est valable pour bon nombre d’économies européennes (et bien évidemment l'économie genevoise). Les banques centrales font travailler les planches à billets. Les liquidités augmentent sans cesse mais ne vont ni vers la consommation, ni vers l’investissement long.


Michel Rocard conclut son article : «Il est hors de question que ces diverses tendances puissent se perpétuer longtemps. A l’évidence, nous allons tout droit vers des chocs très graves».


charlot


Cette analyse, réaliste mais que d’aucun jugeront pessimiste, doit (ou devrait) conduire les responsables politiques à un maximum de prudence. Il faut absolument «réduire la voilure» des dépenses, ne conserver que les services indispensables au bon fonctionnement de l’Etat, préparer des lendemains difficiles.


Ce budget 2008 s’inscrit dans la longue file budgétaire d’un monde qui n’existe déjà plus. Ne sommes-nous pas le Parlement croupion des princes d’alors dont l’héritage est précieusement conservé: des dizaines de milliers de fonctionnaires, des centaines d’associations subventionnées, des services sociaux concurrents du marché du travail, un enseignement étatique qui coûte aujourd’hui 1,8 milliards pour des résultats au-dessous de tout, une université gratuite pour des milliers d’étudiants étrangers, une fiscalité la plus élevée de Suisse, le découvert des caisses publiques, etc.? La fonction publique doit être revue de fond en comble pour préparer un avenir proche et difficile. Le Conseil d’Etat aura bien d’autres soucis que des grèves ou des débrayages lorsqu’il ne sera plus en mesure de régler les salaires des fonctionnaires.


Les rentrées fiscales ont été élevées pour 2006 et 2007. Elles le seront encore pour 2008. Il aurait fallu, dès 2005, entreprendre des efforts supplémentaires pour diminuer la dette, diminuer les charges et même diminuer certains investissements et dégager en deux ans au moins un milliard auxquels il faut ajouter les 500 millions issus de la vente de l’or de la BNS. Et continuer les efforts.


Alors, dans ces conditions, comment être satisfait, comme le sont les partis de l’Entente, avec une diminution de 19 millions, soit 0,27% du budget 2008? Cela suffit-il à se donner bonne conscience? N’est-ce pas un alibi pour ne pas être plus exigeant? Est-ce impossible pour l’Entente, d’être plus exigeante?


Le 14 décembre, le choix va être bien difficile. Seule certitude, aujourd’hui, rien n’est décidé!

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Pour mémoire:
L'Entente = 47 voix
Les socialistes + les Verts + le MCG = 40 voix
Et l'UDC ? 10 voix

 

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02 décembre 2007

L’intégration jusqu’où ? (3)

L’inventaire raisonné de M. Türker montre un incroyable bazar de l’immigration à Genève.

 

Les multiples associations s’occupant plus ou moins de l’intégration sont divisées en deux parties : la première recense les institutions publiques, parapubliques et privées. Il y en a 73. Elles dispensent des consultations ethno-psychiatriques, des cours de langues, des informations aux sans-papiers, des programmes de lutte contre les discriminations, des soins aux femmes victimes de violences conjugales, des aides à l’accueil pour les fonctionnaires internationaux, des permanences sociales pour aider toutes les clandestins afin qu’ils puissent bénéficier de l’école, des assurances maladie ou accident, des cantines scolaires, des assurances sociales (AI, chômage, etc.), des services regroupant des interprètes, des consultations de médecine générale pour les requérants d’asile, des actions dans le domaines de la santé mentale, la prévention du sida, des conseils juridiques (droit d’asile et droit des étrangers), etc.

 

La deuxième partie donne les fiches descriptives de 45 associations d’immigrés, sur plus de 250 à avoir répondu à l’ancien syndicaliste. Elles sont le plus souvent de petites associations qui ne s’occupent que des immigrés de leur nationalité. Elles offrent l’accueil et l’information nécessaires à leurs nationaux, des cours de langues, tiennent des permanences juridiques, donnent des cours de religion, prennent position contre le négationnisme, se déclarent solidaire dans la lutte menée par les « retournants » (association des Survivants de la Drina-Srebrenica), organisent des fêtes et des rencontres sportives, défendent la culture africaine, etc. Pour la plupart, elles ne vivent que grâce à leurs propres membres et leurs budgets ne sont pas élevés.

 

Ainsi qu’on le remarque, à peu près tous les secteurs de l’intégration sont touchés. Relevons que ces multiples démarches répondent avec entêtement à une seule inquiétude : que les étrangers puissent vivre à Genève le mieux possible, avec le moins d’embarras et même, pour les requérants d’asiles et les clandestins, sans trop tenir compte des lois. Le tout sous l’œil paternel de la gauche et la bienveillance de la droite qui financent généreusement la plupart de ces associations.

 

Et les Suisses, quelle est leur place dans cette démarche intégrationniste? Quelles sont leurs préoccupations, leurs difficultés? Qui les aident lorsqu'ils sont isolés (et souvent âgés) dans des immeubles à forte densité étrangère? Quelles associations défendent les élèves suisses perdus dans des classes à majorité étrangère et dont l'enseignement ne peut être donné normalement? Quelles sont les associations qui défendent leurs intérêts? Qui défend les Suisses des petites frappes étrangères qui commettent un grand nombre d'incivilités? Quelle permanence juridique les aide?

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