06 janvier 2008

Le CIC, l’insupportable précédent

Durant les discussions sur le budget 2008, j’ai fait différentes propositions pour diminuer les dépenses de l’Etat : suppression du poste de directeur de l’arsenal (une fonction honorifique et coûteuse), gel de la subvention attribuée aux mouettes genevoises (suite à l’excellent et très critique rapport de la Cour des comptes) et suppression de la subvention genevoise au Centre sur les croyances (chère et inutile). La commission des finances a accepté deux des trois amendements proposés. Seule la subvention des mouettes genevoises a été maintenue, justifiée par la nécessité d’assurer le transport sur le petit lac.

 

Lors de la séance plénière consacrée au budget 2008, et après avoir proposé 39 nouvelles diminutions de subventions (représentant un total de 18 millions), seule celle concernant le Centre intercantonal d’information sur les croyances a été soutenu. Le budget est aujourd’hui voté.

 

Cette coupe, première à Genève, passe très mal. Il n’y a là aucune surprise. En acceptant de ne plus financer l’une des 1000 associations inscrites au budget, le Parlement a créé un véritable précédent. Va-t-on vers une désescalade des subventionnés qui coûtent aux contribuables plus de 3 milliards ? Est-ce tout un système dans lequel sont imbriqués associations d’utilité publique et celles d’utilité électorale qui est ainsi remis en cause ? La réponse est évidemment oui. D’où le danger de laisser passer ne fut-ce qu’une coupe budgétaire.

 

Les arguments en faveur du maintien d’un Centre d’information intercantonal sur les croyances n’ayant pas mobilisé suffisamment la classe politique, l’on passe aux attaques personnelles. Dans Le Matin Dimanche, il paraît ainsi que ma vie privée interpelle. Catholique pratiquant et désespérément attaché à l’ancienne liturgie, voilà sans doute de quoi rendre mon action suspecte. Pire, voici plus de vingt ans, j’ai figuré parmi les fondateurs de Chrétienté Solidarité, mouvement que les journalistes de la revue d’extrême gauche Golias définissent comme « parapolitique militaire » et que reprend aimablement la journaliste.

 

En réalité, la branche suisse de Chrétienté-Solidarité fut créée dans les années 1980 sous le nom de « Chrétienté-Solidarité Suisse-Liban ». Elle fut fondée pour venir au secours du R.P. Naoum Atallah, ancien supérieur général des Pères lazaristes au Moyen-Orient, qui a recueilli des centaines d’orphelins au lendemain de la guerre du Liban. De nombreuses personnes, en Suisse romande, acceptèrent de parrainer un enfant, lui permettant ainsi de trouver un toit et de continuer à étudier dans son pays. Nous sommes loin de la cacade de l’Arche de Zoé... Aujourd’hui, 20 ans après cette démarche « parapolitique militaire », ces jeunes s’escriment courageusement à reconstruire leur pays.

 

Enfin, Le Matin Dimanche révèle que le Conseil de fondation du CIC va tenter d’obtenir un soutien financier plus conséquent des cantons de Vaud, du Valais et du Tessin qui, jusqu’à ce jour, versent une contribution totale de 60'000 francs alors que Genève-la-généreuse, verse depuis 2003 une subvention qui devait s’élever à 200'000 francs pour 2008.

 

A elle seule, cette démarche démontre parfaitement qu’une bonne partie des associations subventionnées se contentent d’attendre la manne étatique pour assurer son fonctionnement. L’avenir du CIC n’étant plus assuré, voilà que de nouvelles solutions sont recherchées. Parmi celles-ci, nous proposons également de facturer les services annoncés comme « indispensables » par les responsables de ce Centre. Ce serait une preuve supplémentaire de l’utilité de ses services.

 

Oui aux associations indispensables et compétentes, non à celles qui profitent du laxisme de l’Etat et de l’impossibilité pour ce dernier de gérer sérieusement ce dossier !

19:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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