13 février 2008

Le vote électronique ne vaut pas tripette

Il y eu les landsgemeinde. L’assemblée solennelle était un moment fort pour les participants. Voter impliquait alors une démarche personnelle au vu et au su de tous. La responsabilité des citoyens était engagée publiquement. Les résultats de pareilles votations étaient véritablement le fruit d’un « peuple en corps ». Ce vote n’avait pas de prix !

 

Puis virent les locaux de vote, les isoloires (qui portent si bien leur nom). Plus question d’exprimer son vote en public. Restait le geste « physique » du vote, le déplacement jusqu’au local de vote, la rencontre avec ses voisins, les responsables politiques de la commune. Ce vote avait un prix, celui de l’effort d’aller voter.

 

Aujourd’hui, on vote par correspondance, depuis son domicile. Plus de compte à rendre, plus de voisins à saluer. Juste à écouter la radio ou la télévision le jour des résultats ou à lire les quotidiens du lendemain. Ce vote à un prix : celui d’un timbre poste.

 

Demain, on veut nous faire voter par internet. Entre deux paiements électroniques et trois mails, nous voterons. Si nous y pensons. Nous voterons par internet pour élire Miss Suisse, pour gagner un jeu à la con, pour participer à un sondage, pour élire le Conseil national. Vite, vite, sur notre clavier. Puis nous observerons les résultats sur www.teletext.ch ou nous les découvrirons dans un quotidien gratuit. Quel prix aura notre vote ? Si peu que je ne sais que répondre à ma question.

 

Voilà l’une des raisons pour laquelle, au Grand Conseil, je m’opposerais à l’introduction du vote électronique !

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Commentaires

"La responsabilité des citoyens était engagée publiquement. Les résultats de pareilles votations étaient véritablement le fruit d’un « peuple en corps ». Ce vote n’avait pas de prix !"

Il avait, en tous cas, l'avantage de ne pas voir autant d'abstentionnistes...
Le vote électronique, bien que très avancé technologiquement, ne fais qu'augmenter l'anonymat et la fuite de certains électeurs, qui n'exerceront plus leur droit.
Etre contre l'évolution, dans ce cas, est un non tout à fait bienvenue.
Il y a des limites à ne pas franchir...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 30 mars 2008

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