14 février 2008

Une nouvelle Constitution pour faire mod'

Notre Constitution est vieille  et moche ! Dixit Andreas Auer. Vieille, notre Constitution ? Evidemment. Mais elle a fait ses preuves. Une Constitution n’est pas un machin informatique bourré de gadgets à changer tous les deux ans. Une Constitution est appelée à durer, preuve de sa qualité et gage de stabilité politique. Moche, notre Constitution ? Mais c’est quoi, une belle Constitution ?

 

Ah la modernité ! Voilà un argument passe-partout difficile à contrer. A moins que vous ne preniez le risque de passer un conservateur. Vieux et moche, bien sûr ! Se réclamer de la modernité, est-ce suffisant pour faire table rase du passé, à chaque envie, à chaque changement de mode ? Or, sincèrement, je ne vois pas de grands changements à l’immédiat horizon, hormis la prise en compte d’une nouvelle entité, à la fois géographique et politique : la région. Mais la question mérite à elle seule que l’on prenne le temps de l’étudier à fond. On imagine aisément que certaines propositions politiques pourront être audacieuses, désorienteront plus d’un Genevois et mettront à l’épreuve jusqu’à notre relation même avec la Suisse.

 

Autre changement constitutionnel important : la fusion ville-canton. Mais qui, au sein de la classe politique veut réellement de cette proposition de plus en plus nécessaire pour rationnaliser l’administration et permettre à Genève d’être représentée au niveau cantonal et non au niveau communal ?

 

Dans les deux cas évoqués, une modification de la Constitution suffit. Les sujets vraiment importants s’imposeront d’eux-mêmes le temps venu.

 

De cet exercice mod’, soit il en sortira un texte insipide qui aura pris trois ans, coûté 50 millions et qui n’intéressera que peu le peuple (ce qui a été le cas dans la plupart des cantons nouvellement constitutionalisés), soit il en sortira un texte révolutionnaire, qui aura pris trois ans et coûté 50 millions et qui risque d’être tout simplement refusé par le peuple.

 

Autant refuser tout de suite ce projet de nouvelle Constitution !

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13 février 2008

Le vote électronique ne vaut pas tripette

Il y eu les landsgemeinde. L’assemblée solennelle était un moment fort pour les participants. Voter impliquait alors une démarche personnelle au vu et au su de tous. La responsabilité des citoyens était engagée publiquement. Les résultats de pareilles votations étaient véritablement le fruit d’un « peuple en corps ». Ce vote n’avait pas de prix !

 

Puis virent les locaux de vote, les isoloires (qui portent si bien leur nom). Plus question d’exprimer son vote en public. Restait le geste « physique » du vote, le déplacement jusqu’au local de vote, la rencontre avec ses voisins, les responsables politiques de la commune. Ce vote avait un prix, celui de l’effort d’aller voter.

 

Aujourd’hui, on vote par correspondance, depuis son domicile. Plus de compte à rendre, plus de voisins à saluer. Juste à écouter la radio ou la télévision le jour des résultats ou à lire les quotidiens du lendemain. Ce vote à un prix : celui d’un timbre poste.

 

Demain, on veut nous faire voter par internet. Entre deux paiements électroniques et trois mails, nous voterons. Si nous y pensons. Nous voterons par internet pour élire Miss Suisse, pour gagner un jeu à la con, pour participer à un sondage, pour élire le Conseil national. Vite, vite, sur notre clavier. Puis nous observerons les résultats sur www.teletext.ch ou nous les découvrirons dans un quotidien gratuit. Quel prix aura notre vote ? Si peu que je ne sais que répondre à ma question.

 

Voilà l’une des raisons pour laquelle, au Grand Conseil, je m’opposerais à l’introduction du vote électronique !

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12 février 2008

François Paychère est dangereux pour Genève

François Paychère peut-il raisonnablement occuper le poste de Procureur général à Genève, la Genève internationale et diplomatique, celle des organisations internationales, des missions, des ONG et autres plateformes mondialistes ? Il faut se poser cette question lorsque le candidat de la gauche genevoise annonce publiquement, qu’une fois élu, il pourchassera tous les suspects de crimes contre l’humanité : - (..) il ne faut pas attendre de moi que j’oublie les tortionnaires de passage au motif que cela n’intéresserait pas les Genevois… Il y aura donc au Parquet une structure spécifique pour réprimer cette criminalité, qui représente peu de dossiers mais d’importance (discours donné au Verts, le 28 janvier dernier).

 

Ce ne sont pas des paroles en l’air ! Pour cet ardent militant socialiste, ce dossier ne pourra être subordonné au contexte particulier d’une Genève devenue l’une des capitales des négociations mondiales. Certes, notre canton reçoit de nombreux personnages, pas toujours fréquentables, mais que le sésame d’une invitation d’une organisation internationale autorisent à se déplacer librement sur notre sol. Chasser sans concession, sans discernement, tous les suspects accusés de torture ou de crime contre l’humanité remettrait rapidement en cause le statut de Genève, foyer naturel d’une intense activité diplomatique et de réseaux. A l’heure où la concurrence est rude entre grandes villes pour attirer ces organisations et surtout ses conférenciers, il est inimaginable de ne pas tenir compte du discours jusqu’au-boutiste de François Paychère.

 

Une raison de plus pour voter Daniel Zappelli !

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10 février 2008

A tous les docteurs Dozous


Le 11 février, nous fêterons le 150e anniversaire de la première des 18 apparitions de la Vierge Marie à Lourdes. La Cité des miracles est chère à tous les catholiques mais demeure bien étrange aux yeux de la plupart de nos contemporains.

 

Il en était ainsi du très sceptique docteur Dozous, médecin de Lourdes, qui se rendra à la grotte de Massabielle lors de la sixième apparition (14 février). Il ira, dit-il: -Avec le secret espoir de démolir d’un mot, au nom de la science, tout ce puéril échafaudage de pathologique mysticité.

 

Bernadette Soubirous étant entrée en extase, il s’empare de son poignet et contrôle le pouls. Il le trouve régulier. Rien n’indique la moindre surexcitation nerveuse. De ce jour date le commencement de la conversion du docteur Dozous.

 

Lourdes, ce ne sont pas seulement de nombreuses guérisons physiques mais aussi et surtout d’innombrables guérisons spirituelles. Le cinéaste français, Marcel Carné, pourtant agnostique, l’a fort bien ressenti. Dans le scénario de son film sur Bernadette Soubirous, il a écrit en effet: -Le vrai miracle de Lourdes, ce n’est pas une jambe qui repousse, c’est un cœur qui change et ce miracle-là est quotidien.

 

Sceptiques contemporains: trouvez le temps de prendre le pouls de Bernadette Soubirous !

 

21:48 Publié dans Religieux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

07 février 2008

Le style Paychère

Il est le candidat de la gauche pour le poste de Procureur général. Il rêve de succéder à Daniel Zappelli, ce « candidat autoproclamé » par le parti radical, puis par les partis traditionnels de l’Entente « qui se sont alignés derrière le sortant » et enfin secouru par « l'UDC, le parti fossoyeur de la séparation des pouvoirs ». C’est ainsi que François Paychère s’est exprimé devant ses camarades socialistes le 2 février dernier.

 

Il sera plus socialiste que les socialistes : « La gauche politique, la gauche syndicale, la gauche des combats de locataires, la gauche des combats pour l’environnement doit-elle se laisser confisquer le fruit de ses conquêtes démocratiques par des manœuvres de basse tactique électoraliste, fruit de la réunion des partis de la réaction ? ».

 

Il sera le garant d’une politique pénale de l’environnement. Petit exemple : « Si un défrichement illégal a permis d’ouvrir une vue sur le lac, le juge pénal peut saisir le montant de la plus-value auprès du constructeur ; cette voie doit être utilisée pour réprimer les comportements illégaux. ».

 

Il sera cool avec les mendiants : « Je ne ferai pas de la mendicité un argument de campagne électorale, car il est des dangers plus grands pour l’ordre public que les mendiants roumains. Je laisse ce populisme détestable à nos adversaires politiques. »

 

Il sera inflexible avec les propriétaires : « Je vous le dis et je vous le promets, j’entends m’investir personnellement dans le sujet douloureux des évacuations, thème dont l’importance sociale est évidente. »

 

Il sera sobre au travail : « Camarades, dès le 1er juin 2008, on me verra dans le prétoire quand l’importance de l’affaire exige la présence du Procureur général, je travaillerai dans mon bureau, on me verra auprès des associations luttant par exemple contre les violences domestiques mais on ne me verra pas dans les cocktails. »

 

Le « style Paychère » sera politique, très gauche ringarde : « Camarades, 1904, 2008, un siècle de combat pour les droits des citoyennes et des citoyens : Réveillons-nous ! ».

 

Réveillons-nous et évitons le cauchemar Paychère : votons Zappelli !

 

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