11 juillet 2008

Une usine à gaz sans Cadiom

De l’énergie à tout prix ? Les Services industriels genevois (SIG) souhaitent construire une centrale à gaz au Lignon. Ce projet paraît d’autant plus attractif qu’une interconnexion avec le réseau Cadiom est envisagée. Ce réseau de chauffage à distance dessert la cité d’Onex en récupérant la chaleur de l’usine d’incinération des Cheneviers.

Si je ne suis pas opposé à la construction d’une usine à gaz, dont le rendement est très supérieur à celui d’une centrale nucléaire, je suis beaucoup plus restrictif avec la partie concernant Cadiom. Moins dithyrambique que mon collègue de parti Eric Leyvraz qui s’est exprimé dans les colonnes du Courrier du 8 juillet, je reste inquiet devant cette utilisation d'incinérateurs pour récupérer la chaleur, alors que l'on sait que ces fours sont grandement responsable de pollutions dues aux dioxines.

La pire des solutions est l’incinération. C’est ce procédé qu’utilise l’usine des Cheneviers qui est une vieille usine, malgré certaines améliorations techniques. Et bien que des nouvelle technique soient testées pour valoriser ces "déchets des déchets" (les cendres volantes), l'usine pollue, notamment grâce aux cendres volantes renfermant des concentrations élevées en chlore, soufre, métaux lourds et dioxines dont nous découvrons les effets ravageurs sur notre santé. Tapez « dioxine » dans Google et vous constaterez que de très nombreux scientifiques, pas tous barbus, vêtus de vieux pulls et revendiquant le retour à l’âge préhistorique, dénoncent ce nouveau fléau né des quantités invraisemblable de déchets qu’il faut traiter. Nous devons abandonner l’incinération au plus vite et non faire des projets dans lesquels on inclut la chaleur obtenue dans les incinérateurs-pollueurs, justifiant leur utilisation pour de longues années encore.

La meilleure solution est actuellement la méthanisation des déchets ménagers salés, le tri et le recyclage, puis le stockage sans combustion des restes vraiment incompressibles.

La construction d’une usine à gaz au Lignon, raccordée à Cadiom et par conséquent à l’utilisation de l’usine d’incinération des Cheneviers ne doit pas esquiver le débat de la modernisation des traitements de déchets à Genève. Pire, elle ne doit pas aboutir à prolonger l’utilisation des incinérateurs genevois.

Souvenez-vous : ce printemps, lors du débat sur les poubelles napolitaines, tous les partis ont manifesté leur inquiétude et ont refusé de les faire traiter aux Cheneviers. De ces inquiétudes, principalement dû aux dioxines, qu’en restent-ils aujourd’hui ?

00:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi ne pas construire des mini-barrages le long du Rhône car nous devons éviter d'être tributaires d'usine à gaz, propre mais dépendante de l'importation ou d'utiliser des usines d'incinération pulluantes Nous avons de nombreux HES, l'EPFL qui pourraient plancher sur des projets de développement énergétiques plus innovants...

Écrit par : demain | 11 juillet 2008

"La meilleure solution est actuellement la méthanisation (...)"

L'UDC deviendrait-elle écologiste? Ca c'est un scoop.

Écrit par : cndavid53 | 11 juillet 2008

Centrale à gaz...chambre à gaz...Auschwitz International...?
Après l'initiative du docteur moustachu J.-C. Rielle, l'antisémitisme de Micheline Calmy-Rey dénoncé par Oskar Freysinger, plus rien ne m'étonne au PS.(fut-ce-t-il genevois)...

Mais que nous dit, le directeur de la comm' des SIG, Christian Brunier, le député au Grand Conseil, démissionnaire et socialiste ?

Pendant ce temps-là...( à la Astérix et Obélix )...le Soleil continue de fournir une énergie, totalement gratuite (il faut quand même investir dedans)...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 11 juillet 2008

C'est vrai qu'une usine d'incinération pollue, toute combustion provoque des gaz "nocifs".
Voyons le problème sous un autre angle. Allez une fois visiter l'usine d'incinération pour vous rendre compte de tous les moyens mis en oeuvre pour limiter l'impact sur l'environnement.
Au passage jetez un coup d'oeil dans les fosses de stockage de nos ordures pour vous rendre réellement compte de ce que l'on retrouve dans nos poubelles. Là vous vous direz que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ce n'est que dans la bouche des politiques.
Qui voudra d'un immense champ d'immondices à coté de chez lui ? Ca pue, ça fais des jus, les platiques volent au moindre coup de vent, il y a les mouches, et les zozios etc... Allez voir ce qui se passe chez nos voisins pour comprendre, mais on s'en fout, on trouvera bien un pigeon, loin de chez nous si possible, pour s'occuper de notre "merde"
Malheureusement notre société consomme, beaucoup, ceux qui crachent sur l'incinération sont aussi des consomateurs et pas forcément les plus citoyens. Incinérer nos ordures n'est peut-être pas LA solution mais elle permet de les valoriser par production de chaleur (CADIOM) mais aussi d'électricité, la place prise par les scories est beaucoup moins importante que celle prise par les déchets etc... De plus ça donne du travail à une centaine de personnes, mais apparemment certains de nos politiques s'en foutent complètement. Je ne suis pas un spécialiste de la chose, mais il me semble plus intelligent de faire quelque chose de nos déchets que de les jeter dans un trou et les laisser pourrir.

Écrit par : Jean | 11 juillet 2008

Vos inquiétudes au sujet des incinérateurs de l'usine des
Cheneviers doivent être levées. Et cela pour plusieurs raisons. Entre 2000 et 2002, les fours des Cheneviers ont été équipé de catalyseurs et de nouveaux procédés. Le suivi actuel des émissions produites par l'usine permet d'exclure totalement les risques pour l'homme et pour l'environnement. Le raccordement de Cadiom au réseau lié à l'usine chaleur force (gaz) n'esquive pas le débat de la modernisation des traitements des déchets, bien au contraire.
SIG procède déjà à la méthanisation des déchets, mais des déchets organiques (sur le site de Châtillon). Les techniques actuelles ne permettent pas encore de prodéder à la méthanisation de l'entier des déchets ménagers.
Le tri et le recyclage sont chaque année à la hausse. A moyen terme, la quantité de déchets à traiter sera en nette diminution. Enfin, il n'est pas question de prolonger l'utilisation des Cheneviers sous prétexte que Cadiom est relié au réseau de l'usine Chaleur Force du Lignon. Le four 3 sera arrêté de façon anticipée. Les fours restant, le 5 et le 6, sont opérationnels pour une durée de vingt ans environ. Pour conclure, je tiens à préciser que le stockage des déchets en décharge est nettement plus polluant (entre 6 et 13 fois plus) que leur incinération en terme d'émissions de Co2.

Écrit par : Isabelle Dupont Zamperini, Resp relations publiques à SIG | 14 juillet 2008

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