23 juillet 2008

Qui a peur de l'islam ?

C’est la question que se pose l’un des rédacteurs du bimensuel La Nation (18 juillet) suite au dépôt de l’initiative populaire anti-minaret. Constatant que ce texte panique le microcosme politico-médiatique, il relève avec pertinence que :

Ce qui frappe, c’est le motif systématiquement invoqué à l’appui de ces réactions : comment le monde musulman va-t-il réagir ? Les pays musulmans vont-ils protester ? Les populations musulmanes, chez nous et ailleurs, vont-elles se livrer à des actes de violence ? La Suisse deviendra-t-elle la cible d’Al Qaida ? Que risquons-nous si nous acceptons une telle initiative ? Ou même simplement si nous acceptons que le peuple se prononce à son sujet ?

Puis d'apporter réponse à sa propre question :

Le ton est donné : l’officialité a peur. Elle a peur de l’islam, au moins autant que les auteurs de l’initiative en ont peur. Et elle en a même davantage peur puisqu’elle estime dangereux que l’on puisse débattre de questions susceptibles de fâcher les fidèles de cette religion.

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21 juillet 2008

Par ici la sortie!

Tout s’écroule autour du Bernois. Ce qui n’a rien d’étonnant. A la longue, à ne rien oser, à chercher à plaire, à se distancer de son parti (pour ne pas déplaire), à n’être pas trop à droite sans être vraiment adroit, à éviter les débats jusqu'à donner une conférence de presse en interdisant aux journalistes de poser des questions, ce virtuose de la langue de bois s’enlise dans une affaire qui met en lumière toute l’escobarderie du personnage dont l’UDC a fait les frais depuis son élection au Conseil fédéral en 2000.

 
Comment s’étonner qu’il cherche maintenant à se décharger sur son chef de l’armée ?

 
C’est bel et bien Samuel Schmid qui a choisi le commandant de corps Roland Nef pour occuper le poste de chef de l’armée. Il était au courant des problèmes de celui-ci avec sa compagne d’alors. C’est toujours Samuel Schmid qui n’a rien dit à ses collègues du Conseil fédéral. C’est toujours lui qui a été informé par SonntagsZeitung, le 27 juin dernier, de manière détaillée, de la nature des accusations contre Roland Nef dont le quotidien suisse-allemand était en possession. C’est encore et toujours Samuel Schmid qui affirmait vendredi passé ne rien connaître de ces informations et qu’il continuait de faire confiance à son chef de l’armée.

 
C’est Samuel Schmid qui le suspend aujourd’hui et a le culot de déclarer qu’il lui a peut-être fait «trop confiance»…

 
Si l’on ne veut plus d’un pareil chef pour l’armée, l’on ne voudra certainement pas plus d’un pareil chef du département militaire.

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19 juillet 2008

Minarets et opinion populaire

Cela se passe dans les Ardennes belges, à Bastogne. Suite à la campagne énergique du Mouvement Nation qui s’oppose à la construction d’un minaret de 15m de haut (1), le collège municipal en a refusé la construction.

 

Le bourgmestre de Bastogne a reconnu que l’action du Mouvement Nation a joué un rôle important dans cette décision, ainsi que les réclamations des plaignants qui «ont pointé que la mosquée et le minaret ne se fondaient pas dans l’habitat environnant, que le minaret était trop haut» et qu’il y aurait «des nuisances sonores».

 

Et d’ajouter : «J’étais loin d’imaginer une telle réaction de la population. L’ampleur de la pétition traduit la peur réelle ressentie par la population envers la montée de l’islamisme et de ses dérives. Cette réaction est irrationnelle, mais je me dois d’être à l’écoute de la population. Je suis là pour écouter les citoyens».

 

Sur un problème sensiblement pareil, la réaction de nos autorités fédérales est bien différente. Lors du dépôt de l’initiative contre la construction de minarets, ils l'ont instantanémment dénoncée, la qualifiant de « ridicule » et « d’aberration culturelle ».

 

Après pareille précipitation, quel Conseiller fédéral peut affirmer comme le bourgmestre de Bastogne : « Je suis là pour écouter les citoyens » ?

 

Voir également sur ce sujet l’excellent article de M. l’abbé Alain-René Arbez, http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14544-145-7-apres-linitiative-suisse-referendum-anti-minarets-abbe-r-arbez.html
 

 

(1) « Nous rappelons aussi qu’il n’est pas question de viser la communauté musulmane mais bien de stigmatiser cette volonté d’imposer un minaret ! » (Communiqué de presse du Mouvement Nation du 13 avril 2008)

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16 juillet 2008

Samuel Schmid démission !

Plus le temps passe, plus Samuel Schmid déçoit. Elu en 2000 au Conseil fédéral alors qu’il n’était pas le candidat de l’UDC, le Bernois s’est toujours comporté tel un contorsionniste. Lors des élections nationales de 2003, l’assemblée des délégués de l’UDC décide très majoritairement qu’elle présentera Christoph Blocher au Conseil fédéral. Si ce dernier n’est pas élu, elle se retirera de l’exécutif fédéral. Incapable de choisir son camp, il hésite alors entre l’UDC et les radicaux. Traité durement par Christoph Blocher de « demi Conseiller fédéral UDC », il s’avère être moins que cela lors de l’élection scélérate d’Eveline Widmer-Schlumpf et proche de l’anti matière lorsqu’une partie de l’UDC bernoise fonde un nouveau parti.

 

Il ne faut donc pas être surpris du silence de Samuel Schmid dans l’affaire du chef de l’armée, ce jaloux pathétique qui perd ses nerfs et harcèle son ancienne petite amie et finit même par suivre une thérapie pour sauver sa relation d’alors. Incapable de régler ses affaires personnelles, voilà le patron de notre armée qu’a choisi M. Schmid.

 

En 1964, le Conseil fédéral admettait, lors de l’affaire des avions militaires « Mirage », avoir commis « une erreur d’appréciation lourde de conséquences ». Le commandant de corps Jakob Annasohn, chef de l’Etat-Major général et membre de la Commission de défense nationale démissionne. Le chef de l’aviation et de la DCA, le colonel Etienne Primault est suspendu de ses fonctions. Quant à Paul Chaudet, chef du département militaire, il sera poussé à la démission par ses amis radicaux trois ans plus tard.

 

Hors sol, sans parti, faudra-t-il attendre trois ans avant que Samuel Schmid admette « une erreur d’appréciation lourde de conséquences » et en tire les conclusions qui s’imposent ?

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14 juillet 2008

Qui tiendra le gouvernail ?

Le patron, c’est moi ! Dans toute union, il y en a toujours un qui prend l’ascendant sur l’autre. Dès le début ou à la longue. Il en sera de même pour le futur parti radical-libéral qui prépare actuellement ses noces en terre genevoise: qui tiendra le gouvernail du futur parti de centre-droite ?

C’est une question que se pose bien évidemment l’UDC. Elle a joué cartes sur table et s’est montrée un partenaire loyal lorsqu’il s’est agi de travailler avec un ou des partis de l’Entente. Or, à droite, des libéraux aux PDC, on constate aisément que l’envie de fréquenter l’UDC diminue au fur et à mesure que l’on se rapproche des démocrates-chrétiens. Qu’en sera-t-il après consommation du mariage entre radicaux et libéraux ? Qui mènera la barque, voire la galère ?  

Selon la Tribune de ce jour, le président des radicaux veut forcer l’allure et fusionner les deux partis pour les prochaines élections de 2009. La donne n’en a pas pour autant changé : pour conserver un Parlement à droite, l’on connait la formule qui n’a rien de magique. Il n’est pas besoin non plus de magie pour faire basculer l’Exécutif à droite.  

Les libéraux ont dénoncé récemment l’Entente comme une machine à perdre. Espérons que l’amour ne les rendent pas aveugle !

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