03 août 2008

Le prétexte de CAMARADA

Le canton de Genève doit s’opposer au renvoi des requérantes d’asile menacées d’excision. Telle est la récente demande du centre pro-immigrées CAMARADA (voir son communiqué de presse du 30 juillet) qui tire profit d’une motion déposée par la gauche et intitulée « Contre l’excision » (M 1684). Renvoyée au Conseil d’Etat, son rapport fut évidemment accepté par le Grand Conseil en mai dernier. Parce que l’excision est un scandale et qu’aucun rituel, qu’aucune religion ne peut justifier des mutilations sexuelles.

 

CAMARADA prend donc pour argent comptant l’unanimité du Parlement sur cette question. Rappelant qu’il a participé activement à une campagne par des actions de terrain, il conditionne son travail au renvoi de requérantes d’asile « qui ont demandé asile pour soustraire leurs enfants à de telles mutilations » : « tout le travail de prévention que le Conseil d’Etat et le Grand Conseil ont encouragé et soutenu sera anéanti ». Et d’interpeller l’Exécutif genevois pour qu’il intervienne à Berne en « tenant compte de ce que le Conseil d’Etat lui-même reconnaît comme une violation des droits humains ».

 

CAMARADA détourne simplement à son profit la décision du Parlement. Celui-ci a pris acte d’un rapport du Conseil d’Etat sur une motion embrassant à la fois de possibles excisions faites sur notre canton (qui est un délit pénal), la prévention que Genève pourrait développer à l’école et la condamnation ferme de cette pratique. De ces discussions, nul mandat n’a été adressé à CAMARADA. Du rapport du Conseil d’Etat, rien qui ne puisse justifier son intervention à Berne pour obtenir la suspension du renvoi de ces personnes.

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Commentaires

Vous savez, depuis qu'on accepte des requérants homosexuels, parce qu'ils en sont poursuivis chez eux...plus rien ne m'étonne...
L'asile...politique...pendant un temps...se révèle un fourre-tout...de nos jours.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03 août 2008

Comment juger objectivementcar car les renseignements sont peu nombreux. CUne grande majorité des réfugiés sont là pour des raisons économiques. Certains encore brûlent leurs papiers pour ne pas être renvoyés dans leur pays. Bref, c'est un imbroglio qui dépasse de loin la Suisse. L'Europe devra tôt ou tard accepter des contingents et refouler une grande majorité d'entre eux car ceux qui vivent dans la clandestinité et sans statut sont exploités et d'autres finissent pas trafiquer, voler à la tire, cambrioler ou deviennent dealers. Genève a son lot de dealers africains, maghrébiens et albanais et les choses ne vont pas en s'arrangeant.

Écrit par : demain | 03 août 2008

Quelques précisions suite à votre article :
1. Camarada n'est pas un centre pro-immigrés mais un espace de formation et d'intégration au bénéfice d'un contrat de prestation avec le Canton de Genève pour ses activités.
2. Camarada a fait partie du groupe de pilotage mis en place par le Service cantonaal pour la promotion de l'égalité entre homme et femme. Notre organisation a été chargée avec d'autres de coordonner la formation et le travail des médiatrices.
3. Camarada ne s'oppose pas aux renvois lorsque ceux-ci sont justifiés. Dans les deux situations qui nous préoccupent, il nous apparaît que le traitement de ces demandes n'a pas tenu compte jusqu'à présent de certains éléments mis en évidence par les mandataires.
4. Il est évident que si nous voulons que le difficile travail de prévention entrepris parmi les familles qui se trouvent à Genève et en Suisse soit pris au sérieux dans les communautés concernées, il est indispensable d'avoir une politique globale cohérente. Et c'est la raison de notre intervention.

Maurice Gardiol, président de CAMARADA

Écrit par : Maurice Gardiol | 05 août 2008

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