06 août 2008

CAMARADA et compagnie

Le président de CAMARADA apporte quelques précisions suite à mon dernier blog (voir ses commentaires). Qu’il en soit remercié. Mais aucun des quatre points qu’il aborde ne répond sur le fond à mes critiques. A savoir que son « espace de formation et d’intégration » n’a pas à intervenir sur le domaine de l’asile et encore moins de justifier cette effraction par une motion contre l'excision, même socialiste, débattue par le Parlement et qui ne donne à son association aucun mandat particuliers, en sus de ceux préciser dans le contrat de prestations qui le lie avec les autorités cantonales.

 

Les quatre précisions de M. Gardiol m’amènent à former d’autres critiques. Le président de CAMARADA (qui est également candidat à la Constituante sur la liste « socialiste pluraliste ») rappelle que son centre fait aussi partie d’un groupe de pilotage mis en place par le Service cantonal pour la promotion de l’égalité homme-femme. En matière d’égalité des sexes, le Service cantonal devrait amplement suffire. Il n'a jamais eu, à son lancement, pour tâche d'être une associations faîtière d'associations plus ou moins féministes. Ses missions actuelles sont donc trop ambitieuses puisqu’il a besoin pour assurer leur bon déroulement de s'entourer d’autres associations ? Ou n’est-ce là le prétexte pour soutenir l’action débordante d’associations amies qui piochent hors de leur périmètre d’activités et qui veulent conserver leur autonomie ?

 

Nous abordons là une question essentielle : celle des missions que s’attribuent bon nombre d’associations subventionnées par l’Etat, missions qui se chevauchent, s’interpénètrent tout en demeurant particulièrement opaques aux non initiés du tissu associatif genevois. Exemple récent : les députés ont reçu la semaine dernière « Trait d’union », le journal de la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ). Rappelons sa mission : « Assurer l’accueil d’enfants et d’adolescents, tout spécialement de ceux qui, pour des raisons d’ordre éducatif, ne peuvent être élevés dans leur famille » (art.2 loi sur la fondation officielle de la Jeunesse). Cette fondation de droit public reçoit de la Confédération 2,2 millions de francs et du canton plus de 14 millions de francs. Mais à la lecture de « Trait d’union » du mois de juin, nous apprenons que la FOJ s’occupe à présent de l’accueil d’urgence d’enfants et de mères victimes de la maltraitance.

 

Or, le sujet de maltraitance a été traité par la commission des affaires sociales au mois de mai lorsqu’elle s’est penchée sur le contrat de prestations des associations Foyer Arabelle, Solidarité Femmes, SOS-femmes et Viol-Secours. Ces contrats portent sur plus de 2 millions de francs de subventions cantonales qui représentent plus de 90% de leurs revenus. Durant les auditions, personne n’a mentionné que le FOJ s’occupait également de ce sujet. Mais qui sait précisément ce dont chaque association s’occupe ? Qui donc peut dire aujourd’hui le coût pour l’Etat des actions contre la maltraitance ? Que coûteront-elles au prochain budget ? Cette somme (inconnue) est-elle bien utilisée ? Etc.

 

Il faudra, un jour, mettre de l’ordre dans ce kaléidoscope d’associations qui veulent désespérément répondre à des besoins sociaux qui ne cessent d’augmenter sous leurs propres impulsions et aux frais de la princesse. Il y en a beaucoup trop ! C’est donc sans surprise que la question des regroupements s’impose à de nombreux députés. Pour preuve, le Parlement de milice a les plus grandes difficultés à mettre sous toit les nombreux contrats de prestations présentés par les associations genevoises. Par manque de temps, tant la matière est volumineuse. Il lui faudrait pratiquement devenir un Parlement de professionnels. Pensez donc ! Une association subventionnée de plus !

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Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Bertinat,

l'expansion des associations subventionnées obéït à une logique que je n'aurai aucun mal à vous expliquer.

Vous avez entièrement raison, M. Le Député, de soulever des redondances coûteuses et inutiles.

Aussi, certaines associations visent un monopole, pour la simple et bonne raison de les placer en position de force pour négocier avec le Canton voir avec la Confédération car elles ont oublié leur but premier... servir une partie de la population dans le besoin... ou se servir de cette même catégorie pour se servir.

Camarada en est une... dont les résultats laissent pantoi... mais j'aurai loisir de vous les expliquer.

Vous avez raison, M. le Député, il est temps pour le Canton de faire le ménage.

Bien à vous,

Avec nos otages en Libye,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 06 août 2008

Il y aurait beaucoup de choses à dire si votre conception du travail associatif. Je ne peux que vous renvoyer à la réflexion menée par la Chambre de l'économie sociale et solidaire:
http://www.apres-ge.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=498&Itemid=33

Pour le reste je vous renvoie à la définition du "principe de subsidiarité" trouvé sur Wikipedia:
Le principe de subsidiarité est une maxime politique et sociale selon laquelle la responsabilité d'une action publique, lorsqu'elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même. Il va de pair avec le principe de suppléance, qui veut que quand les problèmes excèdent les capacités d'une petite entité, l'échelon supérieur a alors le devoir de la soutenir, dans les limites du principe de subsidiarité.

Pour ce qui est du monopole prétendu de Camarada, je signale simplement que cette association a servi de modèle et soutenu le développement d'actions similaires dans plusieurs communes et dans d'autres cantons (centre femmes d'Appartenance à Lausanne, RECIF à Neuchâtel, CEFAM à Meyrin, etc.)

Écrit par : maurice gardiol | 31 août 2008

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