06 août 2008

Soljenitsyne n’a jamais été un dissident

La plupart des quotidiens francophones, dans les hommages qu’elle a diversement rendus à Alexandre Soljenitsyne, a titré sur « la mort d’un emblème de la dissidence » ou sur la disparition « d’un monument de la dissidence ». La Tribune de Genève, quant à elle, évoquait « l’écrivain dissident » et affirmait inopportunément que « L’ex-dissident est resté muet sur les dérives de Poutine ».

 

Dissident ? Ce terme manque singulièrement de précision pour un hommage à celui qui avait réussi à déconsidérer l’idéologie communiste et être de ceux qui déracinèrent l’arbre soviétique. Un dissident, rappelons-le, était un intellectuel communiste qui entendait dénoncer les « déviations » staliniennes du pouvoir communiste, tout en demeurant fidèle au marxisme ou du moins à une certaine forme de socialisme.

 

Dès son premier ouvrage, c’est bien au contraire en opposant au régime communiste et à son idéologie totalitaire que se dresse Alexandre Soljenitsyne. Il a été, avant tout, un ardent anti-communiste. Il a été un opposant total et déterminé du marxisme-léninisme. Ce que n’a jamais été la presse occidentale. Loin s’en faut !

19:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | | |

CAMARADA et compagnie

Le président de CAMARADA apporte quelques précisions suite à mon dernier blog (voir ses commentaires). Qu’il en soit remercié. Mais aucun des quatre points qu’il aborde ne répond sur le fond à mes critiques. A savoir que son « espace de formation et d’intégration » n’a pas à intervenir sur le domaine de l’asile et encore moins de justifier cette effraction par une motion contre l'excision, même socialiste, débattue par le Parlement et qui ne donne à son association aucun mandat particuliers, en sus de ceux préciser dans le contrat de prestations qui le lie avec les autorités cantonales.

 

Les quatre précisions de M. Gardiol m’amènent à former d’autres critiques. Le président de CAMARADA (qui est également candidat à la Constituante sur la liste « socialiste pluraliste ») rappelle que son centre fait aussi partie d’un groupe de pilotage mis en place par le Service cantonal pour la promotion de l’égalité homme-femme. En matière d’égalité des sexes, le Service cantonal devrait amplement suffire. Il n'a jamais eu, à son lancement, pour tâche d'être une associations faîtière d'associations plus ou moins féministes. Ses missions actuelles sont donc trop ambitieuses puisqu’il a besoin pour assurer leur bon déroulement de s'entourer d’autres associations ? Ou n’est-ce là le prétexte pour soutenir l’action débordante d’associations amies qui piochent hors de leur périmètre d’activités et qui veulent conserver leur autonomie ?

 

Nous abordons là une question essentielle : celle des missions que s’attribuent bon nombre d’associations subventionnées par l’Etat, missions qui se chevauchent, s’interpénètrent tout en demeurant particulièrement opaques aux non initiés du tissu associatif genevois. Exemple récent : les députés ont reçu la semaine dernière « Trait d’union », le journal de la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ). Rappelons sa mission : « Assurer l’accueil d’enfants et d’adolescents, tout spécialement de ceux qui, pour des raisons d’ordre éducatif, ne peuvent être élevés dans leur famille » (art.2 loi sur la fondation officielle de la Jeunesse). Cette fondation de droit public reçoit de la Confédération 2,2 millions de francs et du canton plus de 14 millions de francs. Mais à la lecture de « Trait d’union » du mois de juin, nous apprenons que la FOJ s’occupe à présent de l’accueil d’urgence d’enfants et de mères victimes de la maltraitance.

 

Or, le sujet de maltraitance a été traité par la commission des affaires sociales au mois de mai lorsqu’elle s’est penchée sur le contrat de prestations des associations Foyer Arabelle, Solidarité Femmes, SOS-femmes et Viol-Secours. Ces contrats portent sur plus de 2 millions de francs de subventions cantonales qui représentent plus de 90% de leurs revenus. Durant les auditions, personne n’a mentionné que le FOJ s’occupait également de ce sujet. Mais qui sait précisément ce dont chaque association s’occupe ? Qui donc peut dire aujourd’hui le coût pour l’Etat des actions contre la maltraitance ? Que coûteront-elles au prochain budget ? Cette somme (inconnue) est-elle bien utilisée ? Etc.

 

Il faudra, un jour, mettre de l’ordre dans ce kaléidoscope d’associations qui veulent désespérément répondre à des besoins sociaux qui ne cessent d’augmenter sous leurs propres impulsions et aux frais de la princesse. Il y en a beaucoup trop ! C’est donc sans surprise que la question des regroupements s’impose à de nombreux députés. Pour preuve, le Parlement de milice a les plus grandes difficultés à mettre sous toit les nombreux contrats de prestations présentés par les associations genevoises. Par manque de temps, tant la matière est volumineuse. Il lui faudrait pratiquement devenir un Parlement de professionnels. Pensez donc ! Une association subventionnée de plus !

00:22 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

03 août 2008

Le prétexte de CAMARADA

Le canton de Genève doit s’opposer au renvoi des requérantes d’asile menacées d’excision. Telle est la récente demande du centre pro-immigrées CAMARADA (voir son communiqué de presse du 30 juillet) qui tire profit d’une motion déposée par la gauche et intitulée « Contre l’excision » (M 1684). Renvoyée au Conseil d’Etat, son rapport fut évidemment accepté par le Grand Conseil en mai dernier. Parce que l’excision est un scandale et qu’aucun rituel, qu’aucune religion ne peut justifier des mutilations sexuelles.

 

CAMARADA prend donc pour argent comptant l’unanimité du Parlement sur cette question. Rappelant qu’il a participé activement à une campagne par des actions de terrain, il conditionne son travail au renvoi de requérantes d’asile « qui ont demandé asile pour soustraire leurs enfants à de telles mutilations » : « tout le travail de prévention que le Conseil d’Etat et le Grand Conseil ont encouragé et soutenu sera anéanti ». Et d’interpeller l’Exécutif genevois pour qu’il intervienne à Berne en « tenant compte de ce que le Conseil d’Etat lui-même reconnaît comme une violation des droits humains ».

 

CAMARADA détourne simplement à son profit la décision du Parlement. Celui-ci a pris acte d’un rapport du Conseil d’Etat sur une motion embrassant à la fois de possibles excisions faites sur notre canton (qui est un délit pénal), la prévention que Genève pourrait développer à l’école et la condamnation ferme de cette pratique. De ces discussions, nul mandat n’a été adressé à CAMARADA. Du rapport du Conseil d’Etat, rien qui ne puisse justifier son intervention à Berne pour obtenir la suspension du renvoi de ces personnes.

08:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |