01 février 2009

Conseils d’établissement : c'est la gabegie

900 candidats aux Conseils d’établissement avaient jusqu’au 30 janvier pour fournir aux directeurs d’écoles primaires une fiche de présentation qui servirait également de bulletin de vote. Seule contrainte donnée à cet exercice, cette fiche ne devait pas dépasser le format A4. Le 30 janvier, c’était un vendredi.


Le lendemain, samedi 31 janvier, la direction générale de l’enseignement primaire, par la plume de M. Bernard Riedweg, adressait par courriel une lettre aux directeurs d’établissement. On y apprend que l’information donnée aux parents-électeurs n’était toujours pas réglée au 30 janvier. Un comble. Dans un premier temps, il était question de confier la liste des candidats aux élèves pour qu’il la porte à leurs parents. Voilà un procédé peu fiable. Puis, s’appuyant sur « une interprétation restrictive des dispositions légales » (lesquelles ?), le Département décidait que les élèves « ne soient pas utilisés comme vecteurs de propagande ». On admire au passage le charabia. Enfin, après avoir noté que les associations de parents (à quel titre ?), dont ce serait, apprend-on, le rôle de diffuser cette information, ne sont pas organisées en conséquence pour ces premières élections, le Département autorise les élèves à jouer les vecteurs de propagande.

Dans cette même lettre, on apprend aussi que les informations suivantes sont interdites sur la fameuse fiche de présentation :

- information à caractère religieux ;

- appartenance politique ;

- exercice d’un mandat électif.

Des interdictions inconnues de la date d’ouverture des candidatures jusqu’à leur clôture, le 16 janvier. Ce n’est que samedi 31 janvier que les directeurs d’écoles primaires ont reçu, par courriel, de nouvelles directives. Le candidat que je suis n’en est ainsi averti que dimanche après-midi (1). Bravo le DIP !

Ces fameuses élections qui devaient marquer « une étape importante dans la mise en œuvre des Conseils après trois ans de concertation » sont une vaste fumisterie dont l’impréparation est patente à moins que ce ne soit que le résultat de pâles manipulations de dernières minutes. M. Charles Beer a annoncé que ce projet devait renforcer la démocratie et la participation. La démocratie est flouée. Le DIP trompe les parents en cachant des aspects importants de la personnalité des candidats. La participation n’est pas assurée. Le DIP laisse le soin à des élèves de 5 à 12 ans de jouer les facteurs.

Trois ans de concertation pour une telle gabegie est un scandale de plus à mettre au compte du DIP.


(1) Je refuse de modifier ma fiche de présentation et demande à connaître la règlementation sur laquelle repose les interdictions du samedi. On vit une époque épatante !

17:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien dit!
Le DIP se moque des parents, des enseignants, des élèves et du bon-sens!

J'espère que vous allez au bout de votre démarche!
N'ayant plus moi-même d'enfants dans le primaire, je regarde tout ça d'un oeil un peu détaché, mais dubitatif...
Bonne fin de journée!

Écrit par : lesgensontétranges | 01 février 2009

Je serais intéressé de savoir comment sont aussi tenus les registres électoraux. Qui a le droit de vote. Suffit-il d'être parent ? Quid des parents divorcés ? Des parents qui ne vivent pas ensemble sans être divorcés ?

Quel contrôle est-il exercé sur les votes ? Le service des votations et élections sera-t-il impliqué ? Les frais de tout cela sont-ils budgetés ?

Écrit par : J. Nizard | 01 février 2009

Ces conseils d’établissement sont à l’image de la totalité de la nouvelle organisation du primaire. Non seulement une aberration parce que ce sont des forces gaspillées qui devraient être mises au service des élèves en difficulté (création de mesures d’appui réalistes et efficaces) mais aussi parce qu’ils sont totalement illégaux. Ces conseils font partie de cette nouvelle organisation que M. Beer met en place alors qu’elle n’a AUCUNE BASE LEGALE. La loi DOIT être modifiée, or un règlement est élaboré AVANT même que cette loi ne soit présentée au Grand Conseil qui doit encore la voter !

« La politique du fait accompli » :on se demande à quoi servent nos députés élus puisque le pouvoir législatif se fiche éperdument d’eux !

Écrit par : Duval André | 01 février 2009

Cher Monsieur,
J'espère que les députés arrêteront enfin de faire confiance à M. Beer. C'est un bon parleur, il plaît à beaucoup de femmes mais il agit comme un dictateur et ne respecte pas la loi (cf. directeurs à l'école primaire !!aucune base légale). Comment cela se fait-il qu'à la commission des finances on laisse passer une augmentation des dépenses générales pour l'école primaire de 10% ? (en partie pour les conseils d'établissement). Et a-t-on évalué le coût de l'engagement des directeurs en classe 24 ? SOit disant une opération blanche pour Ch. Beer ? Et pourquoi le projet de loi pour ces directeurs n'est-il toujours pas discuté en commission ?
Les coûts pour l'école vont exploser ces prochaines années (le nouveau CO, 134 ou contre-projet, + ev. 32 millions, puis le mercredi matin en plus à l'école primaire et l'introduction de l'anglais à l'école primaire dès 2011 avec des nouveaux enseignants probablement). Et Monsieur Beer gonfle la machine administrative sans compter ! Le DIP est dans un état terrifiant.... cela fait vraiment soucis !!

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 01 février 2009

Ces conseils d’établissement sont à l’image de la totalité de la nouvelle organisation du primaire. Non seulement une aberration parce que ce sont des forces gaspillées qui devraient être mises au service des élèves en difficulté (création de mesures d’appui réalistes et efficaces) mais aussi parce qu’ils sont totalement illégaux. Ces conseils font partie de cette nouvelle organisation que M. Beer met en place alors qu’elle n’a AUCUNE BASE LEGALE. La loi DOIT être modifiée, or un règlement est élaboré AVANT même que cette loi ne soit présentée au Grand Conseil qui doit encore la voter !

« La politique du fait accompli » :on se demande à quoi servent nos députés élus puisque le pouvoir législatif se fiche éperdument d’eux !

Écrit par : André Duval | 01 février 2009

Excusez l’erreur dans mon commentaire, il faut bien sûr comprendre :

« La politique du fait accompli » :on se demande à quoi servent nos députés élus puisque le pouvoir exécutif se fiche éperdument d’eux !

Écrit par : André Duval | 01 février 2009

Excusez l’erreur dans mon commentaire, il faut bien sûr comprendre :

« La politique du fait accompli » :on se demande à quoi servent nos députés élus puisque le pouvoir exécutif se fiche éperdument d’eux !

Écrit par : André Duval | 01 février 2009

Bon, ben si un comité de citoyens se crée pour lancer une initiative portant abrogation de ces usines à gaz, j'en suis. Mais si comme le dit André Duval ces CE sont illégaux, alors il faut d'abord actionner les tribunaux. Question: pourquoi avoir attendu si longtemps?

Ces CE n'auront aucune représentativité. C'est de la poudre aux yeux. De la démagogie. On pourrait avoir autant de décisions différentes qu'il y a de CE. Merci pour la cohérence. Ou alors on ne va discuter que de choses parfaitement insignifiantes. Et c'est un formidable gaspillage de temps, d'énergie et d'argent.

Écrit par : Johann | 01 février 2009

"il agit comme un dictateur et ne respecte pas la loi (cf. directeurs à l'école primaire !!aucune base légale)."

Rien ne sert de parler, il faut agir: recours au tribunaux. Pourquoi rien n'a-t-il été entrepris dans ce sens? Ou alors où en est-on si quelque chose a été fait?

Écrit par : Johann | 01 février 2009

Les commentaires sont fermés.