20 mai 2009

Les rustines du CEVA

La construction du CEVA a été initialement devisée à 940 millions, Genève prenant à sa charge 401 millions. Sans intégrer la TVA et le renchérissement. Sept ans plus tard, l’Etat nous demande une rallonge de 107 millions de francs (PL 10444). Elle est toujours hors TVA et renchérissement.

Entre les recours des opposants et les 318 corrections imposées par l’Office fédéral des transports, le projet continue son sinueux parcours. Il a un prix. Mais ce n’est pas celui avancé par l’exécutif dans son projet de loi. L’inspection cantonale des finances le dit tout net (audit du 5 mars dernier) : « Nous constatons néanmoins que ce crédit complémentaire ne sera pas suffisant pour mener à bien le projet CEVA, dès lors qu’il ne tient pas compte du renchérissement, F 135 millions, auquel pourraient s’ajouter les éventuels coûts liés au risque TVA (48,9 millions) ».

Si nous prenons au sérieux la promesse de nos magistrats, le CEVA sera terminé en 2015. Ce qui signifie qu’il faudra ajouter à la facture originale 671 millions. 107 millions que le Parlement votera sans nul doute le mois prochain. 135 millions de renchérissement, 229 millions de surcoûts du projet (renchérissement de 2009 à 2015) et 48,9 millions de TVA. Ce qui signifie qu’entre le projet voté en 2002 et l’inauguration du joujou, la facture aura augmenté de 70%. De 401 millions, nous serons bien au-delà du  milliard de francs.

En acceptant ce nouveau crédit complémentaire de 107 millions, nous acceptons de fait toutes les dépenses qui suivront.  Elles sont importantes. Mais avons-nous un autre choix ?

22:01 Publié dans Transport | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je ne vois pas en quoi le renchérissement et la TVA peuvent être considérés comme des surcoûts. Pour la TVA, le prix de revient voté initialement s'entendait déjà hors taxe. Donc c'est toujours le cas. Et il serait faux de l'intégrer. A moins qu'on souhaite artificiellement faire monter la facture finale pour mieux refuser la rallonge...

Le renchérissement est entièrement dû aux nombreux recours qui imposent des retards énormes. Et ceux qui recourent sont souvent les mêmes qui s'offusquent du prix de revient. Volonté de torpiller le projet ?

Pareil pour la rallonge de 107 millions imposés par les corrections techniques induites par les recours déjà acceptés. Et je pense qu'on n'est pas encore au bout de nos peines. D'autres adaptations devront probablement être faites et engendreront de nouveaux surcoûts. Au final, le prix sera peut-être encore plus grand que ce que vous annoncez. D'autant que le délai est extrêmement optimiste. Mais encore une fois, le surcoût réel ne sera que de 107 millions à quoi il faudra probablement ajouter une nouvelle enveloppe après résolution de tous les conflits.

Écrit par : Kad | 21 mai 2009

@kad
Vous confondez les coûts du CEVA et leur budgétisation.

Sont des surcoûts ceux qui n'ont pas été budgetés.

Et les surcoûts atteignent bien le montant donné par M. Bertinat. Il faudra bien les faire passer un jour dans un budget et les financer. Comment ? en diminuant les prestations sociales de l'Etat ?

Il est d'ailleurs incompatible d'être à la fois en faveur du CEVA et de l'augmentation de 0.4 % de la TVA qui fera l'objet de la votation de septembre pour soit-disant financer l'AI. Il en résulterait un surcoût de 60 millions pour le CEVA. Où les trouverons-nous ? En licenciant 800 fonctionnaires pris au hasard ?

Écrit par : j.nizard | 21 mai 2009

Errare humanum est, perseverare diabolicum! Excellente fin de semaine.

Écrit par : JF Mabut | 22 mai 2009

Oui, M. Mabut... reste à savoir qui persévère dans l'erreur ;)

Quant à M. Bertinat, oui il y a un autre choix. Celui de ne rien faire. Mais assumerez-vous la totale paralysie de notre canton et le ralentissement de la croissance économique que cela engendrerait ? Car il n'y a pas que le CEVA dans l'histoire. Il y a un tas d'autres projets qui y sont intimement reliés et dont bon nombre ne pourront voir le jour sans le CEVA. Avec les influences que ça aurait sur les entreprises et les emplois.

Ca mettra aussi un sérieux plomb dans l'aile dans toutes les futures demandes de financement à Berne pour des infrastructures de transports. Pourquoi bloquer des fonds pour un canton qui n'arrive pas à mener à terme des projets essentiels à son développement ? Projets, qui plus est, dont l'urgence et l'utilité ont été unanimement reconnus... sauf sans doute par ceux qui ne jurent encore que par la reine voiture (oui, il y en a encore... beaucoup même). Mais "Errare humanum est, perseverare diabolicum!" comme dirait notre cher M. Mabut ;)

Écrit par : David | 22 mai 2009

malheureusement il faut bien essayer de trouver des solutions

Écrit par : disponibilites camping | 22 juin 2011

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