03 juin 2009

L’Université trop gourmande ?

«L’Université doit être un centre d’excellence» avait déclaré le député libéral-radical Edouard Cuendet lors du vote du budget 2009. Et de soutenir son collègue de parti, Pierre Weiss, qui avait proposé un supplément de 4,3 millions pour combler le manque à gagner provoqué par la diminution d’étudiants en 2008. Précisons que ces 4,3 millions s'ajoutent au budget demandé par l'Uni, un budget monétaire s'élevant à 290 millions et qui présente une forte augmentation par rapport à celui de l'année précédente. Après de sombres tractations avec les socialistes, cet amendement est adopté. Fin du premier acte.

Au mois de février, l’Université présente à la commission de l’enseignement supérieur la convention d’objectifs dans laquelle figure le plan financier quadriennal 2008-2011 (PL 10421). Aucune précision n’est donnée sur le montant de 4,3 millions, accordé pour l’exercice comptable 2009 et devenu selon la formule de Charles Beer «un élément périodique» dans les budgets 2010 et 2011. Les budgets de l’Université prennent l’ascenseur (280 millions en 2008 jusqu’à 307 millions pour 2011) et les libéraux-radicaux acquiescent. Fin du deuxième acte.

1er avril, voilà le projet de loi devant la commission des finances. Les députés s’intéressent à la somme de 4,3 millions figurant désormais aux budgets 2010 et 2011 de l’Université. Il ressort clairement du procès-verbal que pour la plupart d’entre eux, cette somme était allouée pour 2009. Le président libéral-radical de la commission estime qu’il y a un problème d’interprétation du vote sur le budget 2009. Et l’on remet la discussion finale au 2 juin. Fin du troisième acte.

Début juin, le chef du DIP propose aux commissaires aux finances que «l’élément périodique» deviennent «une subvention conditionnelle» liée à l’augmentation des ressources de l’Université. Si les revenus de l’Université augmentent, ils seront déduits de la subvention conditionnelle annuelle, bien évidemment à concurrence de 4,3 millions. L’Université prouvant au passage qu’elle est bien un centre d’excellence, y compris en matière budgétaire. Les commissaires adoptent presqu’unanimement cette subtilité comptable plantée dans la convention d’objectifs 2008-2011. Sauf un député UDC qui déposera un rapport de minorité. Fin du quatrième acte.

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Commentaires

"centre d'excellence" est un cliché à la mode. On attendrait mieux d'un représentant de l'Université, même s'il ne représente pas la Faculté des Lettres.

Écrit par : Mère | 04 juin 2009

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