25 juin 2009

Université : Comment préserver la liberté d’expression et d’opinion des pressions politiques?

Alors que l’Université de Genève fête ses 450 ans, la liberté d’expression qui naguère semblait acquise est remise en question par les adeptes de la pensée unique. Récemment, c’est Monsieur Uli Windisch, professeur en sociologie, communication et médias de l’Université de Genève qui en a été la cible. Le crime, commis par Monsieur Windish, est d’avoir critiqué ouvertement le socialisme dans une chronique parue le 14 mai 2009 dans le Nouvelliste.

Nous avons appris avec stupéfaction que le président du parti socialiste suisse en personne est intervenu auprès du conseiller d’Etat Charles Beer et du recteur de l’Université de Genève.

Par cette occasion, les socialistes, pourtant adeptes de la multiculturalité à toutes les sauces, n’ont pas manqué une fois de plus de démontrer la profonde aversion qu’ils portent envers les personnes proférant des idées autres que les leurs.

Il faut insister pour que la liberté d'expression et celle d'opinion soit toujours l'honneur de l'Université. Il faut laisser ses professeurs avoir les opinions politiques qu'ils souhaitent et qu'ils puissent les faire connaître et avoir ainsi leur place dans la société, tout en s'abstenant de les propager dans le cadre de leur enseignement.

Autrement, des professeurs, comme MM. Tanquerel et Hotellier, qui se présentent sur des listes de parti, devraient aussi passer devant le comité d'éthique et de déontologie, puisque, en se présentant sur des listes, il appellent expressément les électeurs à ne pas voter pour les autres listes.

Faut-il donc interdire toute activité politique aux enseignants universitaires en dehors de leur enseignement ? N'est-ce pas là porter une atteinte inadmissible à leurs libertés d'opinion et d'expression ?

Aussi une interpellation urgente écrite a été déposée demandant au Gouvernement de bien vouloir répondre à la question suivante :

Comment le Conseil d’Etat entend-il préserver la liberté d’expression et de d’opinion des pressions politiques, de quelque bord que se soit ?

10:45 Publié dans Université | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

22 juin 2009

Sécurité: c’est pour la saint glinglin

La liste s’allonge comme un jour sans pain. A un peu plus de cent jours des élections législatives, la sécurité est un soucis partagé par tous les partis, gauche et vert exceptés. Depuis le début de l’année et plus encore depuis les événements survenus aux Pâquis, de nombreux textes s’inquiétant de ce sujet ont été déposés. Dix-sept se trouvaient en stabilisation verticale dans notre ordre du jour au moment où j’ai déposé, début mai, une résolution (R588) proposant la création d’une commission ad hoc sur la sécurité. Il faut empoigner ces textes, les réunir, les traiter, les voter, les réaliser.

A l’ordre du jour du Grand Conseil de juin, quatre nouveaux textes sont venus gonfler cette liste. C’est donc une vingtaine d’objets concernant directement l’insécurité qui s’agglutine soit en commissions, soit à nos ordres du jour sans cesse remaniés en fonction d’urgences votées par le Parlement. Il n’y aura rien qui se fera sérieusement avant 2010. Après les élections.

Alors, la sécurité, alibi pré-électoral ?

16:57 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

03 juin 2009

L’Université trop gourmande ?

«L’Université doit être un centre d’excellence» avait déclaré le député libéral-radical Edouard Cuendet lors du vote du budget 2009. Et de soutenir son collègue de parti, Pierre Weiss, qui avait proposé un supplément de 4,3 millions pour combler le manque à gagner provoqué par la diminution d’étudiants en 2008. Précisons que ces 4,3 millions s'ajoutent au budget demandé par l'Uni, un budget monétaire s'élevant à 290 millions et qui présente une forte augmentation par rapport à celui de l'année précédente. Après de sombres tractations avec les socialistes, cet amendement est adopté. Fin du premier acte.

Au mois de février, l’Université présente à la commission de l’enseignement supérieur la convention d’objectifs dans laquelle figure le plan financier quadriennal 2008-2011 (PL 10421). Aucune précision n’est donnée sur le montant de 4,3 millions, accordé pour l’exercice comptable 2009 et devenu selon la formule de Charles Beer «un élément périodique» dans les budgets 2010 et 2011. Les budgets de l’Université prennent l’ascenseur (280 millions en 2008 jusqu’à 307 millions pour 2011) et les libéraux-radicaux acquiescent. Fin du deuxième acte.

1er avril, voilà le projet de loi devant la commission des finances. Les députés s’intéressent à la somme de 4,3 millions figurant désormais aux budgets 2010 et 2011 de l’Université. Il ressort clairement du procès-verbal que pour la plupart d’entre eux, cette somme était allouée pour 2009. Le président libéral-radical de la commission estime qu’il y a un problème d’interprétation du vote sur le budget 2009. Et l’on remet la discussion finale au 2 juin. Fin du troisième acte.

Début juin, le chef du DIP propose aux commissaires aux finances que «l’élément périodique» deviennent «une subvention conditionnelle» liée à l’augmentation des ressources de l’Université. Si les revenus de l’Université augmentent, ils seront déduits de la subvention conditionnelle annuelle, bien évidemment à concurrence de 4,3 millions. L’Université prouvant au passage qu’elle est bien un centre d’excellence, y compris en matière budgétaire. Les commissaires adoptent presqu’unanimement cette subtilité comptable plantée dans la convention d’objectifs 2008-2011. Sauf un député UDC qui déposera un rapport de minorité. Fin du quatrième acte.

23:22 Publié dans Université | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |