02 septembre 2009

La LEPA inquiète les socialistes : voilà qui est rassurant !

A bout touchant. D’ici la fin de ce mois, la loi sur les établissements pour personnes âgées (LEPA) sera sans doute adoptée par les députés siégeant à la commission des affaires sociales. Ce sera la conclusion de longs travaux, de nombreuses auditions, d’âpres discussions et finalement d’un texte retravaillé par les services du chef du DSE en tenant compte des remarques des commissaires. François Longchamp a bien joué le coup. A part le MCG qui a tenté vainement de bloquer les travaux de la commission, seuls les socialistes ont manifesté une hostilité constante, quelque soit les modifications proposées.

La conférence de presse des socialistes n’est donc pas surprenante si ce n’était que les questions qu’ils soulèvent ont reçu maintes fois réponses. Leurs préoccupations ne sont finalement que celles de garder la main sur ce dossier comme sur celui de la défense des employés du secteur des soins. En quelque sorte, les angoisses des socialistes nous rassurent : la LEPA est un bon outil qui permettra à l’Etat de gérer le secteur important des EMS. Pour mémoire, rappelons qu’en 2007, l'Etat a versé 205 millions aux EMS, dont 121,7 via les prestations complémentaires, le reste la subvention de fonctionnement. En 2010, l'Etat ouvrira 231 nouvelles places en EMS.

Les trois fantasmes socialistes
Quelle est place de la personne âgée dans la société ? Selon les socialistes, la LEPA n’est qu’une loi de gestion (ce qu’elle est !) et ne donne pas la définition d’une véritable politique des personnes âgée. Cette question n'a rien à faire dans une loi sur les EMS. La place de la personne âgée est précisément dans la société, dans sa famille, parmi ses proches. C'est d'ailleurs l'avis du peuple genevois qui a voté en juin 1992 la loi sur l'aide et les soins à domicile - la dernière hausse d'impôt que le peuple ait accepté, 1 centime additionnel - pour permettre aux personnes âgées de rester aussi longtemps que possible dans leur cadre de vie habituel. Ce n’est pas la seule loi qui se préoccupe de la place de la personne âgée dans le concept EMS. La loi sur la santé se penche, article 24, sur la "promotion de la dignité en fin de vie" et définit, article 100, les différents établissements de soins soumis à des obligations légales strictes. Enfin, la loi sur le réseau de soins et le maintien à domicile (qui remplace la loi de 1992), votée le 26 juin 2008, définit clairement le but du réseau de soins (retour à domicile) et le rôle des EMS.

Autre fantasme des socialistes, la LEPA ne clarifie pas les prestations minimales à offrir. On trouve la réponse à cette inquiétude dans la LEPA qui précise les sources de financement des EMS (article 19). Les revenus de l'établissement, dans le cadre de l'autorisation d'exploitation, sont notamment le prix de pension facturé aux résidants, le forfait versé par les assureurs maladie, la subvention cantonale. Quant aux prestations fournies aux résidants, elles sont comprises dans l'article 15 qui est le texte même de l'IN 125.

Enfin, les socialistes veulent maintenir mordicus la FEGEMS dans la loi. L'obligation de s'affilier à une organisation faîtière plutôt qu'à une autre viole la liberté d'association, voilà pourquoi elle est supprimée de la loi. Mais rien n'empêche les EMS de rester sous l'égide de la FEGEMS, ce qui est d'ailleurs souhaitable pour simplifier les choses.

L’UDC soutiendra donc ce projet. Plusieurs articles l’ont interpellée et la réponse qu’a donné le texte révisé les a convaincu de l’accepter. Ces articles longuement discutés par les députés udécéistes me donneront l’occasion d’un nouveau blog. Le moment venu.

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Commentaires

Encore une fois, l'UDC emboite le pas à l'entente, cherchant à se confondre avec elle. L'électeur décidera le 11 octobre : soit voter pour l'UDC, mais autant voter radical ou libéral, qui soutiennent moins fort Longchamp, soit voter pour le MCG, qui a des thèmes claires, une action un peu confuse mais visible.

Il vaut mieux avoir un Stauffer qui rue dans les branquards maladroitement, qu'une UDC qui cire les pompes de l'entente tout en restant dans l'antichambre du pouvoir.

L'UDC n'est plus un parti d'opposition, mais de support à l'entente, sans en faire partie. La cousine pauvre qui reste à la cuisine pendant que les membres de la famille seuls participent au gueuleton.

Écrit par : André Baumgartner | 02 septembre 2009

Bravo à M. Bertinat! Et tant pis pour Baumgartner... pour qui un parti doit servir d'abord à gueuler, au lieu de travailler pour le bien des gens.

Félicitations donc à l'UDC genevoise pour son travail humble et sérieux au Grand Conseil. Si seulement elle pouvait s'engager à ne plus publier des affiches révoltantes, et à combattre l'initiative sur les minarets (je crois que M. Nidegger, qui l'a soutenue à Berne, avait pourtant indiqué dans la presse l'an dernier qu'il ne pourrait soutenir un tel texte).

Écrit par : Luc Duchmol | 07 septembre 2009

" soit voter pour le MCG, qui a des thèmes claires, une action un peu confuse mais visible."


C'est l'histoire du charbonnier amoureux du quincailler...

Au fait le Stauffer, il est bien souvent en France...
Savoir s'il se promène armé, là-bas.
Tiens, on devrait sans doute demander aux flics français.

Écrit par : csny | 09 septembre 2009

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