08 septembre 2009

Otages en Libye : Les musulmans de Suisse sortent du bois

En Suisse, les leaders musulmans sont dans les starting block. Un article paru dans Le Courrier du 7 septembre nous apprend la création prochaine d’un comité des sages constitué de personnalités issues de l’islam. Elle est dans l’air, pour reprendre la formule des deux rédacteurs de l’article. Le projet est même à l’ordre du jour précise l’inévitable Hafid Ouardiri.

Quel ordre du jour ? On n’en saura pas plus. Mais quelques lignes plus loin, l’article nous apprend que l’on évoque un «Haut Conseil des musulmans». Et de rappeler que la libération de Florence Aubenas a été obtenue au moins en partie à la faveur de l’intervention d’une délégation de Français musulmans. Sans le citer, référence est faite au Conseil français du culte musulman. Son rôle dans la libération de l’otage française reste à prouver. Mais qu’importe. L’affaire des otages suisses détenus en Libye semble être le bon moment pour faire avancer le projet d’un comité des sages. Plusieurs personnalités musulmanes sont d'ores et déjà pressenties pour en faire partie, telles Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et Mahamed Sahnoun, ancien diplomate algérien. Le réseau musulman de Suisse semble acquis et bien préparé à ce projet.

Ce Conseil suisse du culte musulman est-il réclamé par les autorités suisses ? Il semble que non. Va-t-il jouer un rôle autre que diplomatique en Suisse ? Il semble que oui. Il sera chargé d’apporter, selon l’article de presse, un soutien aux autorités suisses pour régler des problèmes «que se soit au niveau local, national ou international». Annoncé pour faciliter les relations entre la Suisse et les pays musulmans, le futur comité des sages est prêt à s’investir bien au-delà de la détention de nos deux compatriotes en Libye. Il ne le dit pas ouvertement. Mais on le comprend à la lecture de l’article signé par Mohammad Farrokh et Sid Ahmed Hammouche.

22:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Voila une bonne nouvelle. Le peuple suisse pourra avoir un vrai dialogue constructif avec les musulmans de Suisse. Un premier pas vers l'ouverture. J'en suis ravis.

Écrit par : Philippe C | 09 septembre 2009

Oui. C'est une très bonne nouvelle. A la condition que l'instrumentalisation des démocraties par l'Islam ne soient pas le but ultime de cette démarche. Avoir confiance dans nos rapports avec le monde musulman ne signifie pas tout accepter de sa part. Nous devons défendre nos positions, en particulier en rapport avec le droits des femmes et de leur liberté. Nous devons encore faire des efforts de compréhension mutuelle pour relâcher la tension extrême qui règne entre eux et nous. Et tant qu'Israël jouera avec le feu de son arrogance et avec nous qui ne savons pas ou ne voulons pas prendre de sanctions à son égard, nous ne pourrons pas apaiser le climat explosif qui règne. Israël doit être aujourd'hui considérée comme une nation ordinaire qui a ses droits mais aussi ses devoirs. Et son devoir actuel est de ne plus faire subir un apartheid culturel aux Palestiniens. Quant à ces derniers, ils seraient temps qu'ils comprennent qu'ils n'auront un avenir qu'une fois qu'ils auront pacifié leurs rapports avec l'Etat juif afin de créer une belle nation multiculturelle rayonnant sur le monde. Utopique? Réaliste. Car comment découper et déchiqueter un pays pour en faire des confettis, dont sa capitale Jérusalem, lieux de conflits permanents entre résidents de deux pays différents?

Écrit par : pachakmac | 09 septembre 2009

" Son rôle dans la libération de l’otage française reste à prouver. (...)"

Eh non, ça ne reste pas , c'est de notoriété PUBLIQUE.
Comme disait Coluche :
quand on sait pas
On peut s'autoriser à fermer sa gueule.
Mais ça, le demander à un journaleux...

Écrit par : csny | 09 septembre 2009

1992 : Membre de l’ASIN (au comité central en 2000)

Rien à faire : pour moi, un francophone qui accepte de faire partie
d'un truc qui se nomme asin (= de la race asine!) ne peut pas être pris au sérieux.

Écrit par : csny | 09 septembre 2009

Pourquoi un Haut Conseil des Musulmans ?

Pourquoi pas un Haut Conseil des Catholiques, des Calvinistes, des Juifs, des Hindouïstes, des Luthériens, des Bouddhistes, du Culte des Ancêtres, des Taoïstes...

Pourquoi encore et toujours les musulmans ?

Pourquoi toujours les mêmes réclament encore et toujours (et obtiennent parfois) un statut en dehors des lois, prétendent à des missions diplomatiques, etc., etc. ?

Même dans un pays dont la constitution commence par "Au nom de Dieu tout puissant", ça faisait belle lurette que ce n'était plus dieu qui gouvernait. D'un français ami de la Suisse : Oh, les suisses, vous avez enterré Guillaume Tell ? Faites pas les mêmes conneries que nous, réveillez-vous. Si des "sages" de la communauté musulmane vous proposent leurs bons offices pour quoi que ce soit, remerciez-les poliment et invitez-les gentiment à s'occuper de leurs affaires. Après tout, s'ils sont citoyens suisses, il ont un bulletin de vote, comme tout le monde. Ca ne leur suffit pas ?

Écrit par : Spipou | 11 septembre 2009

Allons, détendez-vous, ces gens exercent simplement leurs droits politiques (comme vous) et n'ont aucune intention de faire la révolution en Suisse, croyez-moi. D'ailleurs les musulmans sont (bien souvent) des gens plutôt conservateurs, aux conceptions finalement assez proches des vôtres (famille, traditions, respect des hiérarchies, etc.), il n'y a pas de raisons particulières pour que cela se passe mal - sauf si certains des deux côtés y tiennent absolument, bien sûr.

Écrit par : Farid | 11 septembre 2009

Bonjour Farid,

Entendons-nous bien : je suis tout à fait d'accord avec vous pour reconnaître à ces "hautes personnalités du monde musulman" les mêmes droits politiques qu'aux autres citoyens, à savoir le droit à la libre expression, le droit de vote, le droit à l'égibilité, etc.

Mais je ne connais pas bien la constitution suisse ; reconnaît-elle des droits particuliers aux adeptes des religions ? Si je ne me trompe pas, vous avez eu une guerre civile au dix-neuvième siècle pour des raisons religieuses, et la Prusse a bien failli s'en mêler. Je pense que ce n'est jamais bon quand une religion, quelle qu'elle soit, se mêle de politique.

D'autre part, n'étant pas suisse, je ne suis pas membre de l'UDC, dont je ne connais que très vaguement le programme, et si je suis effectivement conservateur, ce n'est pas au sens où vous l'entendez : je tiens à conserver nos libertés INDIVIDUELLES chèrement acquises, à savoir le droit de vivre en famille ou non, le droit de suivre ou non les traditions (dans la mesure où elles respectent la liberté des autres), le droit à contester la hiérarchie quand elle se fait trop étouffante, le droit à vivre son identité, sexuelle ou autre, sans être importuné...

En France, il n'y a pas si longtemps, le Président de la République se contentait de recevoir de façon informelle les représentants des religions pour une conversation d'une heure ou deux une fois par an seulement. Depuis la création du CFCM, dominé par l'Union des Organisations Islamistes de France proche des Frères Musulmans, on assiste à un entrisme forcené de la religion dans la vie politique, les financements illégaux de mosquées avec de l'argent public sont légions, les maires ne s'en cachent même pas, les juges confondent racisme et critique d'une religion et de ses pratiques, on voit de plus en plus de femmes intégralement voilées dans la rue (je ne tire pas ça des journaux, mais je le vois moi-même), etc.

Un dictateur retient des citoyens étrangers en otage, et ce seraient des représentants d'une religion qui devraient négocier leur libération à la place du gouvernement d'un état souverain ? Ca ne vous paraît pas inquiétant ?

Pourquoi seuls les migrants musulmans ont-ils de telles exigences ? Pourquoi pas les hindous (hindouïsme), les vietnamiens (bouddhisme) ou les chinois (culte des ancêtres), par exemple ? Ils sont pourtant nombreux en France, je ne sais pas ce qu'il en est de la Suisse.

Pour terminer, ayant vu plusieurs fois à la télévision le plus célèbre des musulmans suisses, je ne peux que m'inquiéter...

Enfin, csny, la notoriété publique... sans preuves avérées, ça ne vaut pas grand-chose !

Amicalement.

Écrit par : Spipou | 12 septembre 2009

Non, hélas, c'est de notoriété publique, c'est officiellement reconnu,
et croyez bien que je partage vos inquiétudes :
si l'ingérence des religions dans la vie laïque est inadmissible,
force est de constater que c'est en se faufilant derrière l'islam
qu'elles tentent de revenir en force.

Un islam à qui on accorde bien trop d'importance,
si l'on tient compte de sa puissance réelle, en Suisse ou en France.

En effet, être la 3ème ou 4ème religion (l'une des 2 premières étant l'ATHEISME!)
ne signifie rien, considérant :

1.- Que les musulmans revendiqués par les islamistes de la rue des eaux vives
sont, à 60%, non pratiquants!
2.- Que même en les ajoutant aux pratiquants, on arrive à un 3 à 4 %,
ce qui remet le minaret au milieu du village...
La religion DOIT rester du domaine privé, et je m'opposerai, de toutes mes forces,
à ce qu'elle s'immisce dans notre vie publique.
Pour la même raison, je suis contre les minarets,
comme sont contre les églises les saoudiens et autres talibans,
ce que je peux d'ailleurs, à la limite, comprendre,voire admettre.

Écrit par : csny | 13 septembre 2009

Je suis assez d'accord avec vous dans l'ensemble, csny, passons sur la libération de Florence Aubenas, je ne suis pas assez bien informé sur les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Mais pour l'islam, si les musulmans, disons "ordinaires", ne me posent aucun problème, la pugnacité et l'omniprésence des musulmans militants, assez nombreux malgré tout, et surtout très visibles, me posent un TRES gros problème. (D'autant qu'effectivement les autres religions en profitent pour se faufiler derrière eux !)

Mais pourriez-vous me renseigner, moi qui suis français, sur la place des religions dans la constitution suisse ?

Merci d'avance

Écrit par : Spipou | 14 septembre 2009

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