30 septembre 2009

Les socialistes veulent salarier la charité. Puis lui imposer l’impôt ?

Un tarif tarmed du dévouement personnel ! Voilà la dernière proposition que nous font le parti socialistes et le MCG dans deux motions semblables (M 1846 et M 1866). La commission des affaires sociales s’en est saisie. Ces deux partis, dont l’un est à gauche et l’autre ailleurs, estiment l’importance du réseau de solidarité représenté par les personnes qui aident un proche comme étant complémentaire du réseau de soins publics.

Ils proposent aux fonctionnaires de leur reconnaître un statut de « proche aidant » qui leur offrirait flexibilité des horaires, prise en compte de l’engagement d’un proche sans diminution des vacances, etc. Pour ceux qui sont engagés dans le privé, les entreprises sont encouragées à mettre en œuvre des mesures analogues. Et pour financer cette nouvelle utopie, les socialistes souhaitent que l’on examine la possibilité de créer une assurance spécifique couvrant le manque à gagner en cas de diminution du temps de travail pour s’occuper d’un proche.

Cette dernière proposition a au moins le mérite de reconnaître que cette idée coûtera cher.

L’argument principal des roses-verts est le suivant : en accordant divers avantages aux proches aidants, on augmentera la solidarité, ce qui soulagera grandement l’engagement des professionnels occupés par les soins à domicile, voire des EMS. Et ainsi diminuera les charges financières de ces institutions.

Les socialistes ont toujours eu de la peine à penser que l’Etat n’est pas le recours absolu à toutes les difficultés de la vie. Les soins qu’une famille apporte à un aïeul n’est pas quantifiable. De même, l’aide qu’apporte librement, sans arrière pensée, une mère de famille à sa voisine âgée est différente de celle citée ci-dessus mais elle n’en est pas moindre et assurément pas plus quantifiable. L’Etat n’a rien à voir dans ces démarches très personnelles. Il peut manifester sa reconnaissance aux personnes concernées pour n’avoir pas sollicité l’aide de l’Etat et offrir une diminution d’impôt, ainsi que cela se pratique à Genève.

Ainsi toute action charitable n’est pas monnayable parce qu’elle revêt mille caractères différents. Ce noble sentiment nous vient de loin. Il nous vient des générations qui nous ont précédées et pour qui cette charité puisait sa force dans le message du Christ. L’on ne paie pas cet acte d’amour. Les socialistes, en proposant une reconnaissance étatique du dévouement personnel qui est propre à chacun selon ses forces, veulent tarifer les soins donnés, les étatiser. Dans sa dernière encyclique, le pape Benoît XVI nous met en garde contre “un ordre de l’Etat si juste qu’il dispense du service de l’amour” (n° 28).

Ce qui ne doit pas empêcher les députés de chercher d’autres pistes pour soulager l’engagement parfois lourd des proches aidants et les encourager dans leur quotidien. La commission des affaires sociales continuera donc son travail sur ces deux motions pour y parvenir. Plusieurs auditions sont à son programme.

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