01 octobre 2009

L’intégration, antichambre de la naturalisation

Vendredi 2 octobre, la Fédération Maison Kultura organise une table ronde sur la politique d’intégration (à 19h30, route de Chêne) à laquelle je participerai. Un rien provocatrice, elle se demande si l’on a réellement besoin d’une politique d’intégration pour consolider notre société. La réponse pourrait être oui à condition qu’une vraie politique d’intégration mène à l’assimilation qui elle-même conduit à la naturalisation. Ce qu’elle n’est pas à Genève. Le Conseil d’Etat le déclare sans nuance dans le rapport qu’il a récemment fait au Grand Conseil (RD 647-A) : Il « souhaite éliminer définitivement toute forme de volonté d’assimilation passéiste au profit d’une intégration participative et active ».

Deux pôles sont mis en évidence par le Conseil d’Etat : l’accompagnement dans le processus d’intégration et la lutte contre le racisme et les discriminations. Quel est donc ce processus d’intégration ? L’accueil des migrants, l’apprentissage de la langue française, la communication (curieusement fondamentale aux yeux de l’Exécutif si celle-ci est destinée à la population dans son ensemble), l’accès à l’emploi et la création d’un dispositif d’encouragement permettant d’évoluer dans le parcours d’intégration qui – il faut le relever – doit conduire à « la possibilité de devenir suisse ».

Pour l’UDC, ce processus n’est pas suffisant. Certes, une politique d’intégration passe prioritaire par l’apprentissage de la langue mais elle passe aussi par l’enseignement des traditions du lieu, de l’histoire et de la géographie du pays. Cet enseignement devrait ainsi conduire l’étranger à s’intéresser à son nouveau pays, à le connaître, à y implanter ses racines et à y jouer un rôle. Dans ce processus d’intégration, l’école a un rôle prioritaire. Elle ne doit pas se cantonner à promouvoir des valeurs égalitaires tels la tolérance et le respect qui conduisent au multiculturalisme et au communautarisme. Elle doit véritablement permettre un ré-enracinement. Pour bien s’intégrer, il faut se désintégrer. Qu’une étrangère qui refuse de s’intégrer conserve son voile ou sa burka ne pose pas de problème si nos lois sont respectées. Mais il est hors de question que cette même personne prétende au passeport suisse sans s’être véritablement intégrée, donc sans s’être assimilée à la culture du lieu. La politique d’intégration à la genevoise, faite de fêtes multiculturelles et de subventions, est profondément indifférente à l’intégration elle-même et empêche que celle-ci se fasse jour après jour, par osmose. S’intégrer, c’est faire sa place dans un ensemble existant. Ce n’est pas en favoriser de nouveaux même au nom du respect et de la tolérance.

N'oubliez pas de voter : jour J - 10 !

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23:09 Publié dans Intégration/assimilation | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour,

"qui conduisent au multiculturalisme "

Depuis quand en Suisse, pays même du multiculturalisme où cohabitent quatre langues et cultures nationales, la notion de "multiculturalisme" serait-elle devenue un "gros mot" apparemment apparentée à "communautarisme"? La tradition politique et culturelle suisse n'a rien à voir avec le jacobinisme républicain français, et ce n'est qu'à ce prix de tolérance multiculturelle qu'elle peut subsister. Refuser de naturaliser une femme voilée, mais selon quel principe? Attachement trop fort à une religion "allogène"? C'est sans compter, qu'au moins au niveau fédéral, et au niveau cantonal à Genève, nous sommes laïcs et ne rentrons pas en matière sur la question des religions. Devenir Suisse ne saurait donc recquérir que l'on renonce à ses pratiques vestimentaires culturelles et/ou religieuses. La naturalisation n'a donc rien à voir avec une voile, une cornette, une kippa ou un turban. Certains remettant en cause cette neutralité confessionnelle qui fait pourtant partie de notre constitution et de notre identité genevoise il y a de quoi se poser des questions sur qui n'est pas assimilé à la culture du lieu...

C'est le problème de l'identité culturelle, tout le monde ne la fonde pas sur les mêmes éléments, n'attribue pas la même hiérarchie à chacun de ses éléments, comme le prouve notre différence de jugements. Dès lors qui aura le monopole de décider ce qui prime le plus?

Écrit par : Audrey | 02 octobre 2009

On devrait déjà, commencer par interdire le voile à l'école, comme l'a fait Sarkozy en France. Même s'il y en a encore très peu, ou même un seul, il faut l'interdire. L'intégration commence à l'école ! Pourquoi, ne commencerions-nous pas à l'interdire dans le canton de Genève ? Ne pouvons-nous pas lancer une initiative cantonale ?

Écrit par : Café | 02 octobre 2009

Audrey,

Ne confondez pas tout ! On ne compare pas 4 langues de même culture et de même religion. Avec une culture qui nous vient d'outre-mer, là la langue n'a plus rien à voir, ce sont les traditions ancèstrales qui sont trop différentes des nôtres. Si vous prenez un ressortissant des Pays-bas, il sera très proche d'un Suisse-allemand de par sa religion, même s'il ne parle pas un mot d'Allemand, Français ou Italien. Alors, qu'un Algérien peut être à l'opposé de nos coutumes tout en s'exprimant très bien en français !

Écrit par : Café | 02 octobre 2009

Et si on commençait par interdire les doubles nationalités?

Écrit par : Johann | 02 octobre 2009

De même culture et de même religion Café? Pardonnez-moi cette familiarité mais :"celle là elle est bien bonne".

Je ne vois pas trop ce que la culture suisse-allemande, romande et latine ont en commun sinon notre système politique fédéraliste. Le fait même de la primauté cantonale dans de nombreux domaines atteste de cette reconnaissance de sensibilités culturelles et religieuses différentes, de même que les quotas fédéraux.

En ce qui concerne la religion, on vous aura mal renseigné. Non seulement les cantons ne sont pas d'accord sur la place à laquelle donner à la religion, ce qui explique les différentiels cantonaux en matière de laïcité et de traitement de l'impôt écclésiastique (obligatoire ou non, donné en totalité à l'Eglise d'Etat cantonale ou réparti selon les diverses confessions reconnues) et traduit déjà une différence de culture politique, mais la religion catholique et protestante ne se sont mis à l'oecuménisme et au rassemblement religieux que très récemment. Enveloppez catholiques et protestants dans la même religion, cela revient à peu de choses prêt à englober toutes les religions du livre dans une croyance commune.

Les différentes cultures suisses ne tiennent entre elles que parce qu'elles ont appris à se respecter entre elles, tout en ne développant pas de volonté d'assimilation du côté de nos amis majoritaires suisse-allemands. Après vous pouvez considérez que ces différences culturelles ne sont pas importantes du point de vue de l'identité à vos yeux, tandis que celles d'autres religions le seraient plus. Mais il s'agit là d'un pur jugement de valeur qui ne peut fonder un traitement égalitaire. Le seuil de tolérance à la différence se trouve dans notre constitution, puis nos lois, et non dans nos jugements personnels sur ce qui nous semble bizarre ou absurde.

Pour ce qu'il en est du voile à l'école en Suisse, la CEDH a déjà tranché (arrêt facilement trouvable sur son site), en tenant compte de notre culture de "neutralité confessionnelle", bien différente de la laïcité française. Comme quoi, vous voyez, même en étant genevois on ne partage pas tous les points de la culture française, mais avons aussi notre identité propre.

Écrit par : Audrey | 02 octobre 2009

@Audrey, je pense que la "suissitude" est faite de traditions, valeurs familliales, croyances et tolérance, quelle que soit la langue nationale parlée.
Nous sommes Fribourgeois, Zürichois, Tessinois, Grisons ou Genevois...mais Suisses avant tout.

Il est indéniable que certaines "ethnies" ne se sentent pas à l'aise avec nos moeurs et coutumes.
Tout aussi indéniable que certaines communautés ne souhaitent pas s'intégrer ni tenter de comprendre "l'Âme Suisse".(ou Occidentale)

Ne trouvez-vous pas étonnant que lors de mariages mixtes ce soit systématiquement la religion de l'immigré(e) qui soit imposée aux enfants, voir à l'époux(se)?
Un jeune Anas Buchs ou Zurbruchen, ou Salam Kohler, va se faire "chambrer" à l'école par ses camarade, peut avoir de la peine a se trouver une identité culturelle ou nationale...
Si un chrétien souhaite épouser un(e) musulman(ne) dans son pays, il/elle doit d'abord se convertir.

À quel moment y-à-t'il réciprocité dans la tolérance et l'intégration?

Monsieur Mauro Poggia, du MCG est est un exemple: de famille traditionnellement catholique (Italienne) il s'est converti à l'islam suite à son mariage ;)

Par conviction religieuse ou faiblesse?

Bonne soirée

Écrit par : Mireille LUISET | 02 octobre 2009

Bonjour Mireille,

Peut-être est-ce une genevoiserie qui fait que nous sommes considérés comme les "parisiens" de la Suisse, mais je ne suis pas d'accord avec vous. Je me sens genevoise bien avant que de me sentir suisse, ma suissitude ne tenant que par notre système politique et l'amour que je porte à notre système fédéral et notre démocratie directe. Pour le reste, pas l'impression de partager grand chose avec une appenzelloise, une glaronnaise ou encore valaisanne. Tant sur le plan de la culture héritée de la religion, que sur les coûtumes ou traditions, je m'en trouve fort différente, mais ni moins bien ni mieux cela dit.

En revanche là je vous suis: "tolérance". C'était exactement l'objet de mon post, mais force est de constater, et cela ne fait que démontrer mes dires finalement, que tout le monde, tous les Suisses ici, ne donnent pas la même signification à ce mot.

"Ne trouvez-vous pas étonnant que lors de mariages mixtes ce soit systématiquement la religion de l'immigré(e) qui soit imposée aux enfants, voir à l'époux(se)?"

Et bien honnêtement je ne le savais pas. Mais le sujet m'intéresse et il me plairait de voir les chiffres en détail: auriez-vous le lien, ou le nom de l'étude qui mentionne cela?

"va se faire "chambrer" à l'école par ses camarade, peut avoir de la peine a se trouver une identité culturelle ou nationale..."

Tout à fait. Mais le problème est-il du côté de ceux qui rejettent et moquent l'Autre au nom de sa différence (xénophobie), ou du côté de la victime? Serait-ce là l'exemple de la tolérance qui ferait notre suissitude que de blâmer quelqu'un pour un PRENOM? D'autant que si le nom de famille est à consonnance étrangère le problème reste entier, faudrait-il dans ce cas obliger ces personnes à changer de nom de famille pour que nos chers bambins ne traumatise pas cet enfant?

Écrit par : Audrey | 03 octobre 2009

@Audrey, avez-vous des enfants? Si oui, demandez-leur ce que signifie le terme "seutch" dans la bouche des jeunes immigrés ^_^

L'intolérance ne vient pas souvent de ceux qui sont villipendés: les suisses.

Savez-vous qu'il existe des termes très peu respectueux pour qualifier les convertis par mariage, employés par les "vrais" musulmans?

Savez-vous que les petiots nés de mariages mixtes sont trop souvent qualifiés "d'enfants-permis"? Voir de "bâtards" et...ce qui fait mal, quelque fois par la propre mère du gosse!

En ce qui concerne les prénoms que j'ai citée en exemple, ce n'est pas la consonnance étrangère en cause, mais les surnoms y découlant.

Anas est un très beau prénom...mais en région francophone, devient ananas.
Salam idem...en salami.

L'avis du père aurait évité le malaise actuel de ces deux exemples, vécus comme vous l'avez deviné.

Intégration.
Que signifie vraiment ce mot?

Lorsque des enfants de couples mixtes suivent les cours a la mosquée mais ignorent le sens de la fête de Noël, je pense qu'il y à un manque d'ouverture envers le pays d'accueil et le conjoint.

Bref: Respect et réciprocité.

Deux mots pleins d'illusions.

Écrit par : Mireille LUISET | 03 octobre 2009

Mireille

Je vous suis sur les prénoms, et l'aspect assez généralisé de la moquerie et des paroles discriminatoires chez les jeunes.

Néanmoins, il reste que la moquerie sur le prénom, et quel qu'il soit, est aussi généralisée chez les enfants. Si je prends mon cas, et bien qu'ayant un prénom plutôt courant, et d'apparence "anodine", je n'ai pas manqué les "Audrey le pet", "Autruche" et autres sobriquets et déformations qu'affectionnent les chères têtes, blondes ou pas. Fort heureusement je m'en suis remise, comme je l'espère les deux enfants que vous connaissez. L'enfance est souvent loin d'être ce paradis perdu dont on affectionne de se souvenir à l'âge adulte.

Je relève que vous n'avez pas mentionné l'étude sur les conversions après mariage, et je dois vous avouer que je doute qu'il existe une statistique aussi précise sur le sujet. Je me fie peu aux "j'ai vu", même si certaines histoires comme celles que vous relatiez nous touchent et nous marquent d'une manière bien compréhensible, tout simplement parce qu'aux expériences des uns se confrontent celles des autres et ne constituent donc pas une source généralisable.

On pourrait par exemple être étonné je pense du peu d'enfants tout court qui connaissent réellement la signification de la fête de Noël, son sens de partage et d'espoir en l'humanité. Combien d'enfants finissent par confondre Noël et "le-moment-de-l'année-où-je-réclame-le-nouveau-jeu-à-la-mode"? La même réflexion pourrait d'ailleurs être déclinée pour les adultes et l'aspect mercantile que recouvre aujourd'hui cette fête, à laquelle sans être croyante, je porte un profond attachement pour les valeurs qu'elle me suggère.

Vous avez raison de rappeler que l'intolérance se retrouve des deux côtés, et elle doit être combattue, mais pas en excluant d'office sur la base d'une croyance, ou d'une origine culturelle selon mon avis. D'autant qu'il reste difficile d'exclure les autres pour des travers que nous connaissons nous-mêmes. Pourquoi ce qui ressort d'individus particuliers "chez nous" serait-il culturel "chez les autres"?

Non pas toujours une illusion ;-) J'apprécie de voir qu'avec des positions différentes, nous puissions tout de même tenir cet échange avec un respect réciproque.

Bonne fin de week-end à vous

Écrit par : Audrey | 04 octobre 2009

Merci, @Audrey, à vous aussi

Entre personnes connaissant le sens du mot: RESPECT, le dialogue est toujours facile.

Je ne sais si il existe une véritable enquête quant aux conversions par mariage: Il s'agit de "statistiques personnelles" suite à 25 ans de services publiques en contact avec des personnes dans ce cas de figure, ainsi que de nombreux contacts en France, Italie et Belgique tout comme dans les pays du Maghreb où j'ai de nombreux contacts tant avec des privés que, par exemple,à Rabat, avec le diplomate responsable des communautés marocaines à l'étranger...

Mais une réflexion:

Lorsque les Bantous, Amérindiens Amazoniens ou Laotiens se réclament de leur culture, croyances et identité, le monde entier applaudit: Lorsqu'en Suisse, nous osont revendiquer une identité nationale, nous sommes des fachos, xénos, rétrogrades voir pis.

Cherchez l'erreur.

Je pense qu'il est possible de se poser ces questions:

Avons-nous le droit, chez nous,dans une région développée au prix de beaucoups d'efforts durant des siècles...
Avons-nous le droit d'être Suisses? De vouloir préserver ce qui nous est cher?

Ou bien sommes-nous un peuple sans droits, sacrifié et méprisable?

Nos ancètres se sont battus avec courage et dignité pour construire ce qu'est notre pays: avons-nous moins qu'un autre peuple le droit d'en être fiers?

Pour quelles raisons?
Quel péché devons-nous expier?

Celui d'avoir donné naissance à la Croix Rouge?

Ou tant d'autres exemples de notre "suissitude"?

Écrit par : Mireille LUISET | 04 octobre 2009

Mireille,

Je dois dire que vous soulignez là une question que je me suis déjà posée aussi, et devant laquelle je dois avouer rester partagée. D'un côté on pense effectivement pour nous que la société ne doit pas rester "figée", tandis qu'on a cette fascination parfois un peu paternaliste pour ce qu'on appelle parfois les "peuples premiers".

Je dirais qu'une différence à mes yeux se situe au niveau du rapport de pouvoir. Les Inuits ou les Amérindiens que vous citez ont été victimes d'une colonisation, voire d'une extermination, qui s'est faite "par le haut" si l'on veut. Non seulement les colons avait une "superiorité" dans leur armement, ce qui biaisait d'office la lutte, mais ils sont arrivés en conquérants, s'arrogeant le pouvoir politique, ce qui n'est pas à mon sens le cas en Suisse. Beaucoup de personnes sont arrivées pour participer à notre vie, mais je crois que nous sommes d'accord là-dessus. Je sens, et c'est peut-être votre cas, que beaucoup pensent aussi que cela pourrait être le cas, dans un avenir plus ou moins proche ou lointain en Suisse ou de manière plus générale en Europe. Je ne sais pas de quoi l'avenir est fait, et de cette façon je ne peux bien sûr pas dire que ces personnes ont tort, mais j'avoue ne pas avoir l'impression que nos traditions sont menacées. Le problème dans cette question est donc bien celle du rapport de pouvoir, donc celle d'imposer à l'Autre ses traditions. En ce sens, et puisque nous avions commencé sur les revendications de certains musulmans, je suis formellement opposée à la non-mixité dans les piscines publiques. Mais je n'ai rien contre le fait, si ces mêmes personnes achetaient un terrain, qu'elles fassent construire une piscine privée où elles feraient ce que bon leur semble. De là même manière je ne pourrais tolérer que le voile devienne un jour obligatoire en Suisse, mais qu'une femme qui désire le porter ait le droit de le faire ne me choque pas. Je ne ressens pas de menace tant qu'il n'y a pas de volonté d'imposer à l'autre d'appliquer ses coûtumes, et je crois fondamentalement que la plupart des personnes, même s'il existe des intégristes, n'ont pas pour ambition de nous imposer ces changements. Mais si ces cas arrivent, je suis totalement d'accord sur le fait qu'il faut s'opposer formellement. C'est plus ou moins le principe "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres". Mais c'est justement en se tenant fermement à ce principe, en ne créant pas de discriminations où d'échelle de valeurs entre ce que nous tolérons et ne tolérons pas, que l'on peut faire valloir le plus justement notre fermeté en ne tolérant pas les exceptions. La même loi pour tous, les mêmes droits pour tous, quelle que soit la situation et la culture d'origine de la personne concernée. Il ne s'agit donc justement pas de tout accepter et de faire du communautarisme, mais au contraire de pouvoir rester fort et juste sur ses positions.

L'"intégration" reste quelque chose de subtile, qui ne correspond pas forcément à l'assimilation totale et masssive et au reniement de ses traditions d'origine. Je pense qu'on peut très bien connaître certaines traditions sans les pratiquer (Noël par exemple pour les personnes non chrétiennes) et qu'on peut intégrer les valeurs d'une culture, sans forcément renier celle d'une autre, chacun porte d'ailleurs en lui des agencements complexes entre l'éducation qu'il a reçu, ses idéaux personnels et la société à laquelle il est confronté.

Écrit par : Audrey | 04 octobre 2009

Audrey,

Tout à fait d'accord avec vous sur le point:

"...Il ne s'agit donc justement pas de tout accepter et de faire du communautarisme, mais au contraire de pouvoir rester fort et juste sur ses positions."

Avez-vous remarqué qu'avec certaines autres communautés (Juives, Bouddhistes, entr'autres) nous n'avons pas de conflits?

JAMAIS un juif ou bouddhiste ne s'est permis d'insulter des collègiennes, de les traiter de "chiennes occidentales impures" , "sales suisses d'infidèles" etc...

Nous n'avons pas, en face, des interlocuteurs respectueux et ouverts.

http://www.youtube.com/watch?v=gzytI8mbbrY&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=JAuLhit-BHA

Je ne parle pas, évidemment, des personnes résidentes en Suisse et plutôt modérées dans leur approche de la foi, mais de ceux qui font régner la crainte sur ces mêmes personnes.

Un(e) musulman(e) convertie au christianisme ou judaïsme n'osera pas l'avouer devant ses compatriotes par crainte des représailles.

De part mes ami(e)s musulman(e)s, j'ai des échos de ce qui se passe "en intérieur"...

Je ne pense pas avoir mérité l'amitié et la confiance de mes ami(e)s de par mon étroitesse d'esprit et intolérance ;)

Ce n'est pas sous mon influence qu'ils/elles votent UDC mais justement par besoin de s'approcher d'un parti protégeant les droits et libertés de la population ^_^ (ce sont leurs mots, non les miens )

C'est d'ailleurs sous leur pression que j'ai franchi le pas et me suis inscrite à l'UDC.

Bref: beaucoup de personnes d'origines étrangères aiment la Suisse pour ce qu'elle représente, pour ses traditions, mode de vie et respect des individualités.

Ces personnes ont peur des dérives, peur de l'insécurité montante, craignent pour leurs enfants confrontés à des dealers, racketteurs etc...

Pour tous les citoyen(ne)s respectueux des lois en Suisse, nous avons un devoir de protection.

Ils respectent les lois; nous devons respecter leurs droits.

ces personnes N'ONT PAS ENVIE de retrouver ici ce qui les a poussé à quitter leurs pays.

Nos concitoyens N'ONT PAS ENVIE de vivre ce que ces personnes ont fui.

Bonne journée et salutations amicales

Écrit par : Mireille LUISET | 05 octobre 2009

Johan,

Interdire la double-nationalité, pourquoi-pas ? Sauf que, au cas où vous l'auriez oublié, la plupart des hommes politiques Genevois et Suisses ont une double nationalité et surtout le peuple a soit une double nationalité soit un fils, une fille (exemple l'enfant à venir de Darious Rochebin sera Franco-Suisse) etc.. ce qui fait que plus de 50% du pays a une double nationalité et en cas de votation CE SERAIT PERDU D'AVANCE !

Écrit par : Café | 05 octobre 2009

Je me permets de rappeler ici, qu'un père a egorgé sa fille de 18 ans, le mois d'aout dernier, en Italie, tout simplement parce que sa fille voulait sortir avec un Italien catholique et que sa fille de ce fait n'était qu'une impure qu'il fallait éliminer ! Ne pensez-vous pas, que si ce Monsieur avait été obligé de se convertir aux habitudes occidentales, on aurait évité que cette jeune fille soit tuée par son père ? Le pire dans tout cela est que la femme du sale type et toute la famille, ont soutenu son acte ignoble ! "les femmes de la famille de ce type sont toutes voilées..."

Écrit par : Café | 05 octobre 2009

Juste pour l'info, je commets un plagiat car j'ai "piqué ce commentaire sur le forum, avant qu'il ne soit censuré tout comme mes posts ^_^

Je vous laisse apprécier:

Algérie
La loi interdit les rassemblements publics qui ont pour but la pratique d’un culte autre que l’islam. Le prosélytisme non-islamique est illégal, le gouvernement restreint l’importation de littérature non-islamique. Le pays a adopté une loi de « Règlement de la pratique religieuse » qui stipule une peine de 2 à 5 ans d’emprisonnement et de lourdes amendes pour quiconque encourageant un musulman à changer de religion.

Arabie Saoudite
La conversion d’un musulman à une autre religion est passible de mort. La Bible est illégale. Les célébrations de Pâques sont illégales. Entrer dans les villes « saintes » de Médine ou de la Mecque est passible de mort pour un non musulman.

Égypte
L’islam est religion d’État et la source législative principale. En conséquence, les pratiques religieuses qui entrent en conflit avec la loi islamique sont interdites. Les musulmans peuvent faire face à des problèmes judiciaires s’ils se convertissent à une autre foi. Les non musulmans doivent obtenir un décret présidentiel pour pouvoir construire un lieu de culte.

Jordanie
La peine de mort est prévue pour un musulman vendant des terres à un juif.

Koweït
L’enregistrement et [nécessité d’] agrément [par l’État] de groupes religieux. Les membres des religions non autorisées dans le Coran ne peuvent pas construire de lieu de culte. Interdiction de l’enseignement religieux organisé pour d’autres religions que l’islam.

Malaisie
Selon la loi malaisienne, les convertis au christianisme doivent enregistrer au tribunal leur renoncement à l’islam. Beaucoup de chrétiens convertis préfèrent garder le silence plutôt que de passer devant les tribunaux de la charia, où l’apostasie ou la conversion hors de l’islam est passible d’une peine de flagellation, d’amendes, d’emprisonnement, jusqu’à l’application la plus extrême, celle de la peine de mort. Dans ce pays où les musulmans représentent plus de la moitié de la population, la conversion hors de l’islam est punie d’un à cinq ans de prison et à une amende 3000 $. Un malaisien musulman qui épouse une non-musulmane [NDT Le mariage entre une musulmane et un non musulman est interdit par la sharia] et qui convertit des non-musulmans à l’islam est récompensé avec un appartement, une voiture, un paiement de 2700 $, et une allocation mensuelle de 270 $.

Maldives
Dans cette île paradisiaque visitée chaque année par des dizaines de milliers de touristes, le christianisme est à peine toléré. Quand les chrétiens locaux (approximativement 300 sur une population de 300.000 habitants) pratiquent leur culte, ils le font au risque de se faire emprisonner ou pire s’ils sont découverts par les autorités musulmanes. Les Bibles sont bannies et les touristes peuvent être arrêtés s’ils essaient d’en importer dans ce pays.

Pakistan
La conversion d’un musulman à une autre religion est passible de la peine de mort. Le prosélytisme par des non musulman est interdit. Des chrétiens sont régulièrement mis en prison pour blasphème. L’islam est religion d’État, et devant une cours le témoignage d’un chrétien a moins de poids que celui d’un musulman. La section 295c du Code Pénal prévoit la peine de mort pour quiconque souille le nom du prophète Mahomet, le témoignage de quatre musulmans y suffit. Cela favorise un environnement dans lequel les musulmans peuvent se sentir libres d’utiliser l’intimidation et la violence contre les minorités religieuses pour des gains personnels. De même si un criminel musulman viole une femme chrétienne et plaide ensuite qu’elle a accepté l’islam et l’a épousé ; ce musulman n’est pas coupable selon la loi criminelle pakistanaise.

Qatar
L’instruction islamique est obligatoire dans les écoles. Le gouvernement régule la publication, l’importation et la distribution de la littérature religieuse non-musulmane. Le gouvernement interdit le prosélytisme non-musulman.

Soudan
La conversion d’un musulman à une autre foi est passible de la peine de mort.

Syrie
La question requière que le président soit musulman et spécifie que la jurisprudence islamique est la source législative principale. Partager la foi chrétienne est découragée [puisque] posant une menace aux relations entre les groupes religieux, le risque pénal encouru étant l’emprisonnement à vie. Un chrétien n’est jamais autorisé à faire du prosélytisme. Les églises qui veulent effectuer un service supplémentaire doivent obtenir un permis gouvernemental. Les sermons sont régulièrement surveillés, de même que les levées de fonds.

Yémen
Le pays interdit le prosélytisme par des non musulmans ainsi que les conversions. Le gouvernement ne permet pas la construction de nouveaux lieux de culte s’ils ne sont pas musulmans.

Tous ces pays font partie de l’Organisation de la Conférence Islamique.

Écrit par : Mireille LUISET | 08 octobre 2009

Chère Mireille,

C'est avec grand plaisir que j'ai lu les commentaires ci-dessus, car plus le sujet est sensible, plus il me semble passionnant. D'autant qu'il faut compter, avec ces questions de fond, le respect et la tolérance (j'entends par la l'acceptation de la multiplicité des points de vue). Ce phénomène est clairement visible plus haut - entre vous et Audrey.

Mais malgré cela, j'ai un peu de mal à voir clair dans vos propos: vous afficher votre ouverture d'esprit - du moins à chaque fois que vous êtes d'accord avec Audrey ^-^ - tout en tombant dans des considérations populistes et passionnelles (les deux coopèrent du tonnerre!)... La cerise étant les sources que vous offrez: la plupart proviennent effectivement de l'esprit tordu de certains groupuscules d'extrème droite (p.ex. "Youtube - Joie, tolérance,diversité, vivre ensemble" 2:11) qui revendiquent une "identité européenne" propre à une "civilisation européenne" qui, vous l'aurez deviné je crois, portent le doux nom de Jeunes Identitaires (www.jigeneve.com)... Ceux qui avaient notament combattu l'utilisation du mot "seutch" en se placant à la sortie des cycles d'orientation pour reprendre, à leur compte, des pré-ados chamboulés par leur situation eponyme...

Ceux qui, le matin même de la journée portes-ouvertes de la mosquée de Genève (bien que leurs portes soit ouvertes toutes l'année, cet évenement permet de facilité le dialogue en invitant le voisinage à un repas), à 7h ce matin-là ont fait ce que l'on peut appeler, sans ambiguité, un appel à la haine: en simulant l'appel du muezzin à l'aide d'un megaphone dans tout le quartier du Champs d'Anier... dans le but de déranger et de dire: "immaginez-vous cela 5 fois par jour, dans un futur proche" - en gros, faire croire au plus grand nombre que "l'islamisation" est en marche et qu'elle nous menace.

Enfin, pour recentrer toutes ces tergiversions: Mireille, êtes-vous consciente de la portée d'une telle idéologie? Maintenant que LA votation est passée - doublement - êtes-vous plus à l'abri de ce grand méchant islam?

Sur ce, je vous souhaite un bon début d'année 2010.

Écrit par : Kevin | 30 décembre 2009

@kevin.
Merci pour votre commentaire, et pour la patience dont vous faites montre en lisant autant de messages ;)
Comment ne pas sembler contradictoire en parlant de respect?
Respect de mon pays, de ses us et coutumes...
Respect des attentes de mes amis, de leurs coutumes et croyances...
Respect de la terre d'accueil, de la part de populations très diversifiées.

Etc...

Vous parlez d'appel à la haine au sujet d'un faux appel à la prière du muezzin?

Pensez-vous que ce n'était pas une provocation équivalente que promener un mini minaret en ville de Lausanne?

Lorsqu'il est question de sensibilité personnelle, il n'est pas possible de juger ou quantifier.

Que pensez-vous du rapport du gouvernement Suisse quant aux imams prônant la violence, l'intolérence et insultant les suisses et les "mécréants"?
Que pensez-vous des mosquées clairement identifiées comme extrémistes?

Vous êtes-vous demandé s'il était favorable à la paix sociale et à la cohabitation harmonieuse interculturelle en Suisse (en Occident en général) que le gouvernement accueille des fondamentalistes actifs depuis la Suisse?
Que notre gouvernement taise certaines informations avant les votations?
Et surtout:
Que notre gouvernement se montre aussi laxiste quant à l'applications des lois!

L'incitation à la haïne raciale, à la violence est passible de poursuites d'office.

L'antisémitisme est sévèrement proscrit.

L'atteinte à la liberté de croyance est punissable.

Les lois contre les sectes sont strictes.

De même en ce qui concerne l'égalité entre les sexes.

Mais ces lois ne sont pas appliquées dans trop de cas - par crainte de quoi ou qui?

N'oublions pas que nous accueillons en majorité des personnes d'autres confessions que l'Islam.

Ces personnes ont aussi des droits.

De même que la population suisse.

N'écouter qu'un son de cloche au détriment de la majorité est cause de frictions inévitables et compréhensibles.

La tolérance à sens unique frôle la veulerie, voir la prostitution.

Parler d'intégration en méprisant l'identité de la terre d'accueil?

Mais à quelle identité s'intégrer, alors?

Comment se sentir partie intégrante d'un peuple, d'une culture en favorisant des îlots de monoculturatités?

Ménager la chèvre et le choux n'est pas possible ni viable, car source de malaise pour l'ensemble de la population.

Chacun à besoin de repères, de cadre clair pour évoluer, pour vivre.

Croyez-vous vraiment que l'islamisation n'est pas en marche?

Avez-vous lu le Coran?

Avez-vous écouté les prêches des imams?

Mais surtout....avez vous dans votre entourage des musulmanes qui osent parler librement et osent vous exprimer leur pensées, leurs attentes et craintes?

Rien n'est simple lorsqu'il s'agit d'Êtres Humains, la seule chose dont je suis certaine, c'est que l'émigration ne règle aucun problème.

Tous mes voeux pour 2010

Écrit par : Mireille Luiset | 17 janvier 2010

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