03 décembre 2009

Rodéo urbain de Bellevue : des explications officielles, svp !

Suite à l’accident qui s’est déroulé à Bellevue le 19 novembre dernier, la presse s’est montrée particulièrement curieuse. On a donc pu découvrir, au fil de ces derniers jours, de nombreux détails sur l’intervention de la police qui a suivi ce «rodéo urbain» qui s’est très mal terminé pour une cinquième personne, victime de ces voyous. Après avoir été interrogé une seule fois (et brièvement selon La Tribune de Genève) par un officier de police, les trois fils d’oligarques russes, impliqués dans la collision, ont quitté la Suisse pour Istanbul à bord d’un jet privé. Quant au quatrième russe, il a été inculpé jeudi 26 novembre pour lésions corporelles par négligence, violation de la Loi sur la circulation routière et conduite sans permis.

Sans doute, la présence de quatre jeunes et richissimes russes, avec son aspect people tant prisé par certains lecteurs, a excité l’intérêt des médias. Mais c’est surtout la manière dont la police a mené l’enquête qui a suscité l’intérêt des journalistes. Et de leurs lecteurs.

Une enquête policière décrite dans la presse par des titres accusateurs: «Chauffards russes: la police a cafouillé» et «La police a failli. Où était l’Etat-Major ?» (La Tribune de Genève, 25 novembre) ou «Les absences de la police genevoise» (Le Courrier du 27 novembre).

Face à ces accusations, les responsables de la gendarmerie genevoise semblent effarouchés. Le service de presse de la police reconnaît que: «D’après les premiers éléments, il apparaît que les collaborateurs policiers auraient fait une erreur d’appréciation sur l’ampleur de l’événement». Dans un premier temps, le chef de la police, Madame Monica Bonfanti, n’a pas voulu répondre à la presse puis s’est contentée d’admettre que la procédure n’a pas été respectée.

Du côté du Conseiller d’Etat en charge du Département des Institutions, Laurent Moutinot, il désapprouve publiquement la manière dont la police a conduit son enquête.

Quant au Procureur général, il reproche aux forces de l’ordre de ne pas signalé les faits à la Justice.

Voilà pour les faits tels que relatés par la presse.

Seul le président du Syndicat des gendarmes, Walter Schlechten prend publiquement la défense de la police et dénonce sur son blog «l'acharnement médiatique sur la police » et se pose diverses questions, telle celle-ci: -Y a-t-il une presse anti-flics à Genève, qui se permet de faire l'enquête et de tirer des conclusions hâtives sans avoir accès au dossier ?

Face à cette cacophonie d’avis exprimés uniquement par voie de presse, la police genevoise perd encore un peu de sa crédibilité. Puisque les responsables sont incapables de communiquer sérieusement sur cette triste affaire, je pose ce jour au Conseil d’Etat la question suivante par voie d'interpellation urgente écrite:

La police a-t-elle failli dans cette affaire? Si oui, quels ont été les dysfonctionnements et quels sont les corrections qu’entend apporter le Conseiller d’Etat responsable de la police pour pallier à ceux-ci?

Et le remercie pour sa réponse.

14:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

M. Bertinat, j'aime la franchise de votre question, et la présentation de votre écrit, qui reste impartial malgré tout. Laissons aussi se terminer l'enquête de mes collègues, et de la justice, avant de continuer de parler de "Rodéo".

Par contre, il manque une question à votre .. question !

" La police a-t-elle failli dans cette affaire?

Si oui, quels ont été les dysfonctionnements et quels sont les corrections qu’entend apporter le Conseiller d’Etat responsable de la police pour pallier à ceux-ci?"

Si non, pour quels motifs certains sont venus perturber cette enquête, la présomption d'innocence a-t-elle été respectée par la presse, par les intervenants et qu'entend apporter le Conseiller d'Etat responsable de la police pour pallier à ces attaques injustifiées, injustifiables ?"

Impartialité et présomption d'innocence !

Walter S.

Écrit par : Minet | 03 décembre 2009

Salut Minet,

Les propositions que vous me faites sont contenues implicitement dans mon interpellation. L'impartialité et la présomption d'innocence sont des questions sur lesquelles le CE doit répondre. De plus, d'ici que je reçoive la réponse de l'exécutif à mon IUE, l'enquête aura bien avancée et la réponse n'en sera que plus complète! Et si la réponse n'est pas satisfaisante, il y a toujours moyen de déposer une deuxième IUE. Je reste toute ouïe à vos (félines) remarques.

Écrit par : Eric Bertinat | 03 décembre 2009

On doit sans doute redouter des semelles en béton et un très très long séjour au font du lac!
c'est comme l'histoire de l'élection de Jeau-Paul 2, par Coluche!

On manque sérieusement de courage, mais ça c'est pas nouveau!

après Bonfanti, Bontampis, le petit orgue pour les enfants!

Écrit par : dominiquedegoumois | 03 décembre 2009

En bref on explique qu'il n'y a pas d'explication, et c'est la seul explication que l'on aura!

Apparement même Poutine s'en mêle, ça sent le roussi pour nos matricules les boys!

T'ention aux semelles de béton les boys!

Écrit par : dominiquedegoumois | 03 décembre 2009

Je pense que ces accusations ne sont pas entièrement valides et fiables. Bien sûr, tous les ministères sont imparfaits, mais néanmoins, leur travail est très satisfaisant.

Écrit par : Rob | 03 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.