06 janvier 2010

Un 2 janvier, qui d’autre que Christoph Blocher peut jouer à guichet fermé?

Au lendemain du réveillon, il fallait avoir beaucoup culot pour inviter la population à une réunion politique. C’est pourtant ce que Christoph Blocher a fait en terre bernoise. Et pour se faire un peu de publicité, le recours à la provocation chère au Zurichois n’a pas été inutile. Il fallait le comprendre à l’annonce pour le moins curieuse de son opération de 2005. La plupart des journalistes romands n’y ont vu que du feu. L’indignation qu’ils ont manifestée a contrasté furieusement avec les commentaires amusés de leurs homologues suisse-allemands. Là où, par exemple, Urs Gfeller de la radio suisse romande dénonce un dictateur de pacotille qui « jette une ombre définitive sur l’image que l’histoire ne manquera pas de retenir de lui », les gazetiers d’outre Sarine ont bien rigolés de l’aveu de Christoph Blocher sur. Grandiloquence des Romands, juste proportion des Alémaniques. Morale bon marché des uns, sourire des autrs. Et un gagnant dans cette « affaire » du début 2010 : Christoph Blocher.

Parce qu’il fallait tout de même l’oser : tenir conférence un 2 janvier ! Avec un thème aussi peu sexy que l’évocation de trois personnalités du Seeland, le premier conseiller fédéral UDC en la personne de Rudolph Minger, un ancien conseiller national Ulrich Ochsenbein et le peintre préféré de Christoph Blocher, Albert Anker.

La conférence s’est tenue à Aarberg, fief de Samuel Schmid. A trois mois des élections cantonales, cette manifestation est un coup d’épaule donnée au parti bourgeois démocratique. L’opération a été une totale réussite parce que Christoph Blocher possède un art consommé de la médiatisation. Il a le chic pour attirer les projecteurs sur sa personne et capter l’attention de l’opinion public. L’annonce de son opération secrète n’a servi qu’à atteindre son objectif : remplir une salle et marquer plus profondément le territoire bernois de l’empreinte UDC en ce début de campagne électorale.

Par le bout du nez ! C’est ainsi qu’ont été mené la plupart des journalistes romands, victimes d’un dégât collatéral lors d’un tir médiatique. Pris à leur propre jeu, en quelque sorte !

 

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