17 juin 2010

Interdiction de tout costume religieux : La vieille marmite radicale

Les radicaux proposent de revoir la loi de 1875 - toujours en vigueur - qui interdit tout costume ecclésiastique ou appartenant à un ordre religieux. La cible d'alors ? Les catholiques.

135 ans plus tard, les radicaux s'attaquent à l'islam. Sur le dos des catholiques. Ils demandent que l'on modifie « costume ecclésiastique » par « costume religieux ». Le grand vieux parti qui a toujours été partisan d'une immigration sans limite constate avec quelque inquiétude une évolution de la diversité religieuse (sic). Et il apporte sa solution : ni le prêtre, ni l'iman ne doivent se promener sur le domaine public. Les trottoirs, c'est sacré !

A une exception près. Les riches musulmans qui dépensent leurs pétrodollars à Genève ne seront pas concernés par cette loi radicale. Même équipé d'une burka. Seuls ceux qui ont une résidence dans le canton ou exercent une activité seront interdits sur la voie publique.

Mais voilà, si un curé ou un abbé est nommé dans une paroisse, le guide musulman, lui, vagabonde de mosquées en lieux de prière, passant sans cesse d'un pays à l'autre. Il pourra donc continuer à se balader le long de la rue des Eaux-Vives sans être inquiété. Le savant dominicain ou le discret bénédictin devront continuer à raser les murs de Carouge.

Si l'on comprend bien les radicaux, c'est le costume religieux qui serait la cause de graves troubles. On se demande alors pourquoi ils ont été si hostiles à l'interdiction des minarets ? Mais qu'est-ce qu'un costume religieux ? La soutane d'un prêtre ou le froc d'un moine est le signe incontestable de son appartenance à la religion catholique. Mais quel est donc le costume religieux d'un iman, d'un muezzin ou d'un ayatollah ?

Au milieu du XIXe siècle, James Fazy eut le souci louable d'intégrer les catholiques. Ses actions en faveur de la liberté religieuse furent violemment critiquées par Antoine Carteret, auteur de la loi interdisant l'usage du costume ecclésiastique. Les radicaux du XXIe siècle sont les dignes héritiers de Carteret. Cette nouvelle loi, encore plus restrictive, réduit la liberté religieuse et ne résout ni l'intégration des musulmans ni celle d'une religion qui est à la fois croyance et système politique. Les vieilles marmites ne font pas toujours de la bonne soupe !

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Commentaires

Je ne vois pas pourquoi à Genève, il faudrait instaurer une nouvelle loi, alors que si mes connaissances sont exactes, une loi veux que nul n'est autorisé à se couvrir la face, sauf pour l'Escalade. Il suffit d'appliquer cette loi à la lettre ! mais on sait qu'à Genève les lois sont toutes contournées, c'est notre sport national ! Il n'y a qu'à voir la loi, sur les mendiants, muselière, fumée etc...

De plus, un costume religieux n'a rien à voir avec une burka ou un nikab...qui ne sont pas du tout des vêtements religieux, mais des vêtements réduisant la femme en esclave et narguant nos cultures.

Écrit par : Café | 17 juin 2010

Quel mauvaise foi!

"On se demande alors pourquoi ils ont été si hostiles à l'interdiction des minarets ? "
Parce que justement cette interdiction visait spécifiquement UNE religion et était donc contraire au principe de laïcité de l'État. C'est ce qui en faisait une mauvaise loi, contraire aux règlements internationaux ainsi qu'à la constitution.

Or la proposition dont vous parlez a justement le mérite de porter un coup contre la burqa sans faire un cas à part de l'Islam et donc en respectant le principe de laïcité.

Si ce n'est pas par mauvaise foi que vous ne relevez pas ceci, alors ça doit être par bêtise...

Écrit par : Clément Reber | 17 juin 2010

Mauvaise foi ? S'il s'agit de « porter un coup contre la burqa », n'est-il pas pour le moins hypocrite de noyer le « coup » dans un prétendu égalitarisme (anti-)religieux ? Sans parler de l'étrange amalgame entre habit ecclésiastique et burqa (ou niqab, je ne suis pas un spécialiste) relevé plus haut.

Je suis assez d'accord avec l'auteur : on ne comprend pas bien comment l'interdiction tout-à-trac du « costume religieux » peut apaiser les « troubles » dont arguent les initiants, troubles dont ils voient un signe dans… l'interdiction des minarets. Voilà la mauvaise foi.

Mais il est vrai qu'en matière de foi, les radicaux n'ont jamais brillé.

F.R.

Écrit par : Frederic | 17 juin 2010

Oui il est hypocrite d'édicter une loi concernant toute les religions quand on ne veut viser que l'Islam. Mais vouloir viser seulement l'Islam est illégal au regard de l'article 15 alinéa 3 de la constitution Suisse.

En ce qui me concerne je trouve que la proposition de l'interdiction du costume religieux est une MAUVAISE proposition mais qui a au moins l'avantage de rappeler qu'on ne devrait pas édicté de loi concernant une religion particulière. De ce fait, il m'apparait comme de la mauvaise foi de dire: "On se demande alors pourquoi ils ont été si hostiles à l'interdiction des minarets ?" Car la réponse est évidente...

En conclusion je ne jugeais pas la qualité de l'initiative qui me semble mauvaise - comme toute interdiction en ces temps de forte répression - mais seulement la bonne foi de son auteur qui m'apparaît, dans ce cas, douteuse.

Mon sentiment général dans cette affaire c'est qu'il y a des gens qui voudrait une Suisse favorisant les religions historiques de notre patrie à celles que l'immigration a amenées dans nos latitudes. Or il n'en est pas question: la Suisse est laïque et le restera.

Écrit par : Clément Reber | 17 juin 2010

On ne peut éditer les messages et mes fautes me débectent. Je les annonce donc:
toute les -> toutes les,
édicté -> édicter,
bonne foi de son auteur -> bonne foi de l'auteur de cet article,
voudrait -> voudraient
Avec mes excuses.

Écrit par : Clément Reber | 17 juin 2010

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