18 juin 2010

Qu'en est-il de la demande de classement de la patinoire des Vernets ?

Après renseignements pris auprès du service des monuments et des sites, nous apprenons que la patinoire des Vernets n'est pas inscrite à l'inventaire des monuments dignes d'être protégés, selon la loi sur la protection des monuments, de la nature et des sites (LPMNS). Aucune procédure d'inscription de mise à l'inventaire du bâtiment n'est pendante.

En revanche, l'antre du Genève-Servette Hockey Club (GSHC) est l'objet d'une demande de classement. Toutefois, suite au préavis négatif de la ville de Genève, le département des constructions et des technologies de l'information (DCTI), s'apprêterait à rendre un arrêté refusant le classement du site des Vernets.

Les succès réguliers du GHSC ont rendu l'actuelle patinoire inadaptée aux besoins de l'équipe, posant la question de revoir à la hausse le nombre de places offertes aux toujours plus nombreux spectateurs. Une des solutions consisterait à démolir l'actuelle patinoire et à reconstruire une patinoire plus grande, plus moderne et plus écologique sur le même site. Cette solution semblait mal partie dans un premier temps, car nombreuses étaient les personnes pensant que le site des Vernets était classé, d'où l'émergence de propositions alternatives visant à construire la patinoire du GSHC dans des lieux excentrés, inadaptés et mal desservis par les transports publics.

Peut-être que la croyance populaire erronée selon laquelle le site, au combien magnifique, était protégé (à l'instar de la cathédrale Saint-Pierre) a-t-elle conduit son propriétaire, la ville de Genève à dépenser plus de 10 millions de francs en divers aménagements ? Ou bien la Ville était parfaitement au courant que son bâtiment n'était pas classé et a opté pour des aménagements inutilement coûteux.

Sur le plan cantonal, se pose la question de la durée de la procédure de classement. En effet, l'art. 12, al. 4 LPMNS prévoit que le Conseil d'Etat doit rendre sa décision 18 mois au plus tard après l'ouverture de la procédure de classement.

D'où la question suivante (déposée sous la forme d'une interpellation urgente écrite) :

Le Conseil d'Etat peut-il nous renseigner à propos de la procédure de classement de la patinoire des Vernets, en ce qui concerne notamment la  date de l'ouverture de la procédure et le(s) requérant(s) de ladite demande ?

 

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17 juin 2010

Interdiction de tout costume religieux : La vieille marmite radicale

Les radicaux proposent de revoir la loi de 1875 - toujours en vigueur - qui interdit tout costume ecclésiastique ou appartenant à un ordre religieux. La cible d'alors ? Les catholiques.

135 ans plus tard, les radicaux s'attaquent à l'islam. Sur le dos des catholiques. Ils demandent que l'on modifie « costume ecclésiastique » par « costume religieux ». Le grand vieux parti qui a toujours été partisan d'une immigration sans limite constate avec quelque inquiétude une évolution de la diversité religieuse (sic). Et il apporte sa solution : ni le prêtre, ni l'iman ne doivent se promener sur le domaine public. Les trottoirs, c'est sacré !

A une exception près. Les riches musulmans qui dépensent leurs pétrodollars à Genève ne seront pas concernés par cette loi radicale. Même équipé d'une burka. Seuls ceux qui ont une résidence dans le canton ou exercent une activité seront interdits sur la voie publique.

Mais voilà, si un curé ou un abbé est nommé dans une paroisse, le guide musulman, lui, vagabonde de mosquées en lieux de prière, passant sans cesse d'un pays à l'autre. Il pourra donc continuer à se balader le long de la rue des Eaux-Vives sans être inquiété. Le savant dominicain ou le discret bénédictin devront continuer à raser les murs de Carouge.

Si l'on comprend bien les radicaux, c'est le costume religieux qui serait la cause de graves troubles. On se demande alors pourquoi ils ont été si hostiles à l'interdiction des minarets ? Mais qu'est-ce qu'un costume religieux ? La soutane d'un prêtre ou le froc d'un moine est le signe incontestable de son appartenance à la religion catholique. Mais quel est donc le costume religieux d'un iman, d'un muezzin ou d'un ayatollah ?

Au milieu du XIXe siècle, James Fazy eut le souci louable d'intégrer les catholiques. Ses actions en faveur de la liberté religieuse furent violemment critiquées par Antoine Carteret, auteur de la loi interdisant l'usage du costume ecclésiastique. Les radicaux du XXIe siècle sont les dignes héritiers de Carteret. Cette nouvelle loi, encore plus restrictive, réduit la liberté religieuse et ne résout ni l'intégration des musulmans ni celle d'une religion qui est à la fois croyance et système politique. Les vieilles marmites ne font pas toujours de la bonne soupe !

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