28 novembre 2010

Votation du 28 novembre : L’obscure vote électronique

A cette heure, aucun membre de la commission électorale centrale ne connait les résultats du vote électronique. Et par conséquent, aucun concitoyen. Seuls quelques fonctionnaires détiennent ces informations. A peine sait-on que 9'000 personnes ont utilisé ce moyen de vote. La belle jambe ! Comment ont-ils voté ? Leurs choix sont-ils similaires à ceux des citoyens qui ont voté par correspondance ou voté directement dans l'urne ? Pourquoi les résultats détaillés ne seront connus des membres de la commission électorale centrale que demain, alors que le simple bulletin de vote papier a permis dès le début d'après-midi de connaître en détails les résultats communaux et cantonaux ?

Lors de votations, le minimum que les autorités doivent aux citoyens est la transparence des résultats. L'alibi de la confidentialité du vote électronique derrière lequel ils se cachent pour ne pas rendre public un minimum d'informations est contestable : même dans les petites communes, le nombre de votants est suffisant pour que leur vote reste impossible à connaître par recoupements diverses.

J'attends toujours que la Chancellerie me prouve le contraire. J'attends aussi la réponse du service des votations à ma lettre (voir blog du 6 novembre). J'attends enfin les résultats détaillés du e-voting de ce dimanche. Pour me rassurer. Pour que la population genevoise en sache autant sur les résultats électroniques que sur ceux des votes papier. Si ce n'est pas possible, jetons vite aux orties l'inutile, coûteux et dangereux e-voting !

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14 novembre 2010

Travailler le dimanche : que dit l'Eglise (2)

 

Les responsables religieux des Eglises chrétiennes, à l'exception de l'Eglise orthodoxe, ont jugé utile de rédiger un communiqué de presse commun dans le cadre de la prochaine votation du 28 novembre sur l'extension de l'ouverture des magasins. Ils « souhaitent contribuer à la discussion sur ce choix de société et tiennent à mettre en exergue les valeurs chrétiennes qui s'y  attachent : le nécessaire équilibre entre repos et travail, l'attention due à un personnel de vente souvent vulnérable, la cohésion sociale et la valorisation des activités non marchandes ».

Valeurs chrétiennes ? La première de ces valeurs, n'est-elle pas celle qu'il n'ose prononcer ? Dieu (grand absent dans ce texte) exige le repos dominical (1)! Et l'évêque diocésain, a-t-il oublié que l'Église fait un précepte d'assister au saint sacrifice les dimanches et fêtes d'obligation? Ces jours-là sont fériés et ils doivent le rester dans un pays chrétien.

A qui donc s'adressent ces responsables religieux avec leur prose laïciste et bien tardive (8 novembre)? Quels sont donc ces étranges pasteurs qui, sur une question religieuse, mettent ainsi leur drapeau dans leur poche?

Et vous-même, Monseigneur Farine, quand parlerez-vous aux catholiques comme un évêque catholique? Le 19 septembre 1851, Notre-Dame de la Salette s'est exprimée sans circonlocution: "Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l'accorder. C'est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils. Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils."

Que faites-vous de l'avertissement de la Mère de Dieu ?

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(1)      « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tous tes ouvrages. Mais au septième jour est le sabbat du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage en ce jour, ni toi, ni ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, ta bête et l'étranger qui est au-dedans de tes portes. Car c'est en six jours que le Seigneur a fait le ciel et la terre, et la mer, et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé au septième jour : c'est pour cela que le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié. » C'est par ces paroles solennelles que le livre de l'Exode (20, 8-11) présente le repos nécessaire au culte divin.

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11 novembre 2010

Travailler le dimanche : que dit l'Eglise catholique ?

 

Poster_PerspectiveCatolique-A4.jpgY a-t-il, à Genève, un électorat catholique ? Une force capable de s'exprimer sur des sujets blessants la doctrine de l'Eglise ? Perspective catholique (1) le croit. C'est ce qu'elle espère, non sans rester extrêmement prudente sur les thèmes qu'elle choisira, ne s'autorisant que ceux sur lesquels s'exprime l'Eglise avec toute l'intelligence de ses plus brillants pasteurs, sur sa doctrine sociale, sur son Credo.

Pour la votation du 28 novembre, Perspective catholique appelle, principalement par son affiche, tous les catholiques à refuser la modification de la loi autorisant le travail dominical (LHOM). Cette proposition touche directement à l'un des dix commandements. Le 3ème, celui dans lequel Dieu nous demande de sanctifier le Jour du Seigneur. L'Eglise, quant à elle, précise que cette sanctification passe par le culte que tout catholique doit rendre à Dieu en ce jour.

Aussi, le silence de notre évêque auxiliaire nous étonne-t-il. Pourtant la Conférence épiscopale s'est prononcée le 29 octobre dernier sur la votation concernant le renvoi des criminels étrangers. Nous respectons sa position, qui est de refuser l'initiative de l'UDC comme le contre-projet, pour ne s'en tenir qu'à la législation actuelle. Nous notons que ce communiqué de presse n'aborde aucunement ce sujet sous l'aspect doctrinal. C'est bien ainsi.

La proposition qui nous est faite de modifier la LHOM pour autoriser le travail dominical est d'un tout autre ordre. Pourquoi les fidèles du diocèse de Genève n'attendraient-ils pas de leur évêque des précisions sur l'enjeu religieux de cette votation ? L'évêque, sans jouir de l'infaillibilité du collège épiscopal, possède un magistère ordinaire qui le fait juge de la foi dans son Eglise. Il est donc appelé à témoigner auprès de baptisés comme des non-baptisés.  Perspective catholique a donc écrit à Mgr Farine pour lui demander son avis. Même à quelques jours du scrutin. Les résultats seront serrés. Les voix des catholiques genevois pourront influencer le résultat de cette votation, si Monseigneur l'Evêque le veut bien.

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(1)   www.perspective-catholique.ch

 

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06 novembre 2010

Vote électronique : Nous voulons des résultats détaillés

Voici le texte que j'adresse ce jour à M. Patrick Ascheri, responsable du Service des votations et élections du canton de Genève:

Monsieur le directeur,

L'UDC-Genève a manifesté ses plus extrêmes réserves quant à l'introduction du vote électronique et du degré de sécurité que son usage exige pour garantir que les droits démocratiques soient intégralement respectés.

Lors du scrutin populaire sur le passeport biométrique, le 17 mai 2009, à peine plus de 2'500 voix ont départagé les électeurs (au niveau fédéral !). C'est dire l'importance qu'il faut accorder à chaque vote.

Suite à ce résultat très serré, un citoyen genevois a interpellé votre service pour connaître le détail des votes électroniques exprimés dans notre canton (pourcentage des oui, des non et des abstentions ainsi que le taux de participation). Vous aviez alors refusé de répondre à cette demande. Je relève que l'ordonnance sur les droits politiques (article 27m, chiffre 4 - constatation des résultats) relève que « Un registre doit être tenu sur le décompte des suffrages électroniques ». Rien ne vous empêche de communiquer les détails des scrutins électroniques, du moment que la confidentialité des citoyens est respectée.

Le vote électronique sera utilisé par les citoyens de notre canton pour les prochaines votations du 28 novembre 2010.

Je trouverai extrêmement dommageable que pareil refus se répète au soir de cette votation. L'absence de résultats détaillés, au niveau cantonal voire au niveau communal, jetterai une légitime suspicion sur les résultats issus du scrutin électronique. Une autre précision me paraît importante : c'est celle de connaître, toujours dans les détails, les résultats des Suisses résidant à l'étranger et votant par e-voting à Genève.

J'espère recevoir de votre part une réponse rassurante pour de nombreux Genevois qui s'inquiètent de ce nouvel outil au service de la démocratie. C'est pourquoi je me permets, par le biais de mon blog, de rendre ma lettre publique et ne manquerai pas de faire pareille avec votre réponse.

En vous remerciant pour l'attention que vous porterez à mes demandes, je vous adresse, Monsieur le directeur, mes salutations les plus respectueuses.

Eric Bertinat
Député

 

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