04 décembre 2010

ASIN : je reprends du service

Après avoir cheminé aux cotés de Martin Chevallaz contre l'EEE, en 1992, puis milité au comité central de 2000 à 2003, voici que la direction de l'ASIN me confie la responsabilité de la coordination romande. Je l'en remercie non sans frémir à l'idée de cette lourde tâche. Son dernier courrier, daté du 2 décembre, en trace les contours. Ouvrir plus largement notre association à toutes les personnes, quelque soit leur appartenance politique, qui défendent l'indépendance et la neutralité de la Suisse. Améliorer son action sur le terrain. Augmenter le nombre de ses membres. De quoi compléter mon agenda politique pour 2011, déjà bien chargé par mon mandat de député UDC. Un programme a donc été préparé qui sera prochainement présenté aux responsables des sections cantonales. Avec pour idée directrice : les femmes et l'Union européenne. Un effort tout particulier sera apporté durant 2011 à celles qui, selon un sondage paru cet été, sont plus nombreuses que les hommes à refuser l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne. L'ASIN saura leur faire les yeux doux tout au long de l'année prochaine !

 

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Commentaires

Dans la mouvance du protofacisme qui caractérise vos états de service , ce petit boulot est-il au moins bien rémunéré?

Écrit par : briand | 04 décembre 2010

@briand
Savez-vous que traiter les gens des profacistes peut vous valoir une plainte pénale ?
amb

Écrit par : amb | 04 décembre 2010

bravo,pour cet engagement, j'espère que l'on pourra envisager une collaboration avec les femmes UDC Genève...
bonne soirée Eric!

Écrit par : Eliane | 04 décembre 2010

Hello Eric,

félicitations,

Bien à toi,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 05 décembre 2010

@amb savez-vous lire?

Écrit par : briand | 05 décembre 2010

L’ASIN se situe dans un mouvement global assez large. Le mouvement général du domaine politique, et ce mouvement est assez aisément repérable..

Si aujourd’hui la politique court après l’économie, c’est qu’elle n’a pas compris que malgré les psalmodies qui serinent l’ouverture au monde, qui prônent la transfrontiéralité, qui encensent la déterritorialité, seule l’économie est capable d’enjamber ainsi les frontières. La politique devrait sortir de ses abris anti-réel, et admettre une réalité qui saute aux yeux (une réalité que toutes les votations chez nous entérinent de plus en plus vigoureusement, une réalité que la gauche internationaliste tétanisée ainsi que la droite classique médusée ne veulent pas accepter tant elles sont persuadées que le monde moderne va inexorablement vers le grand tout) c’est que l’économie se globalise tandis que la politique se provincialise. La zone de consommation se dilate ; la zone des votations se replie sur elle-même.

Au fond elles se croisent. Et la raison profonde pour laquelle Marx a tort dans sa prédiction de fin du capitalisme réside dans ce mouvement inversé. Marx prétend que c’est l’organisation de la circulation de la marchandise qui, si elle est modifiée, va changer les mentalités (suprastructure). Au fond, ce qu’il reproche à Hegel c’est que Hegel n’avait pas saisi ce rapport de causalité puisqu’il l’a inversé. En effet, Hegel pensait que c’est l’Idée qui transforme le monde matériel ; Marx dit que c’est le monde matériel qui transforme l’Idée. Changeons les règles économiques et les idées changeront d’elles-mêmes.

Or, ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées. Plus l’économie se globalise et tend hégémoniquement à occuper le grand tout, plus la pensée se recroqueville sur le local ; plus le monde de la marchandise se veut sans limite ; plus les gens affirment leur besoin de limites.

Par exemple, la récente affaire de l’interdiction du congrès de l’UDC à l’Université de Lausanne est emblématique de ce mouvement. L’Université est par excellence le lieu de l’universel ! Le lieu où la pensée, la recherche, la découverte se veulent internationales, sans bornes. Ce lieu feutré du lent mûrissement des textes et des chiffres, ce lieu affirme que les frontières éclatent.

L’UDC, le parti de la frontière, y est refusée. « Pas de ça ici, lui dit-on ! Nous sommes la vérité en marche vers le grand tout, vers l’intégration universelle, vers le monde meilleur, tolérant et global qui ne manquera pas d’arriver. Allez voir à côté ! »

En terme d’image symbolique, on ne peut rêver mieux pour l’UDC. Elle plante sa tente dans un champ, au milieu des vignes, sur la terre et la neige, dans le froid du terroir, en lieu et place du douillet gazouillis de l’universel. Et tout le monde lit cette image : éloge du local, primauté de la frontière, affirmation des repères. Cette force du provincialisme séparateur de lieux prend de l’ampleur à mesure que l’anonymat du mondialisme globalisant s’installe. La sorcellerie de la frontière compense la banalisation du grand tout.

Donc cette interdiction universitaire, assez sotte, renforce (à petite échelle bien sûr) le mouvement de croisement. Si on avait voulu le freiner (toujours à petite échelle, bien sûr) il aurait fallu permettre le congrès dans les locaux de l’université.

Écrit par : Jean Romain | 05 décembre 2010

@ Jean Romain: Beau développement, comme toi seul sait le faire... Pour ma part, je constate que cette focalisation idiote de l'UDC et de son bras armé l'ASIN sur la blocage à toute évolution européenne de la Suisse témoigne bien des risques quîls font courir au pays. Les frontières existeront toujours, ne serait-ce que pour les franchir et se renforcer ainsi par l'air du large !

Écrit par : Jean-Bernard Busset | 05 décembre 2010

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