30 avril 2011

Arnold Schlaepfer ou la sagesse du politicien

Arnold Schlaepfer, qui vient de mourir le 22 avril, un Vendredi saint, avait déjà presque 70 ans lorsque je l'ai rencontré en 1984. La plus grande partie de sa vie est faite, me disais-je. Il m'a prouvé ce 22 avril qu'il n'en était rien. Fraichement débarqué à Vigilance, j'ai rapidement trouvé en cette personnalité du protestantisme genevois un véritable compagnon de route, un soutien discret, fidèle et indispensable, plein de patience et de gentillesse, pour entourer, encadrer, enthousiasmer mes premiers pas politiques. Cet avocat connu (il travaillait pour M. Gaon), grand de taille, aux sourcils broussailleux et aux cheveux blancs, à la voix toujours calme et douce, était toujours prêt à trouver la solution pacificatrice. Il militait sans compter son temps, malgré son étude, pour défendre Genève, pour qu'elle reste prince en notre canton. Rejetant l'étiquette de nationaliste, il se reconnaissait dans celle de patriote. Toute la différence est là. Arnold Schlaepfer ne pouvait aimer une nation suisse qui n'existait pas, une histoire falsifiée. Il aimait sa patrie confédérale. Et dans sa patrie, il y avait sa famille, ses amis et tous ceux qui protégeaient justement cette patrie.

De 1984 à 1988, j'ai eu beaucoup de chance. Non pas d'avoir été élu à 29 ans à la présidence du Mouvement patriotique Vigilance, mais d'avoir été entouré de personnes qui surent toujours me soutenir dans les inévitables tempêtes politiques auxquelles doit faire face un président de parti. Et des tempêtes, il y en a eues ! Et des amis aussi ! Arnold était précieux. Je me rappelle la peine que j'avais à le tutoyer alors que lui, qui était imposant pour un petit jeunot comme moi, me tutoya très rapidement. Arnold Schlaepfer, en bien des points, me rappelle Robert Iselin, grand protestant et fidèle UDC, cet autre ami précieux, décédé l'année passée. A la seule différence que Robert regrettait amèrement de ne pas avoir été actif en politique bien avant sa retraite du monde bancaire.

Il y avait Arnold, mon vice-président. Et puis Pierre Schifferli, autre avocat connu pour son opposition viscérale à tout ce qui vient de la gauche. Tout comme Robert Cramer (le père du Conseiller d'Etat), la crème des hommes, stratège du groupe ou encore l'élégant François Thorens, vice-président. Et enfin le trésorier, très âgé, Edmond Ducor. Il y avait aussi le phénoménale Pierre-André Jacot pour la communication qui, de temps en temps, se faisait tirer l'oreille par son parti, les libéraux. Ce fut Pierre Keller qui remplaça l'ami Jacot et devint un ami très cher que je retrouvais à l'UDC. Mais de tout cet équipage, c'est Arnold Schlaepfer qui jouait le rôle du vieux sage, c'est lui que l'on écoutait, c'est lui que l'on ne contestait pas.

« - Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues. » C'est ainsi qu'il s'adressait au Parlement. Il devait être le seul à le faire ainsi à une époque où il ne faisait pas bon être trop à droite. Il le faisait avec gentillesse et respect. La suite de ses interventions pouvait être nettement moins gentille mais elles étaient toujours respectueuses.

Il est né durant la Première Guerre mondiale (1916), il a connu la Seconde Guerre mondiale puis la guerre froide et l'écroulement du mur de Berlin. En bon avocat, il a travaillé longtemps, bien après l'âge de la retraite parce que le Bon Dieu lui a donné une vitalité peu commune. J'espère qu'il a laissé quelques textes qu'il serait bien intéressant de découvrir le temps venu. Il est mort à 95 ans après une vie bien remplie, entouré des siens, sans doute sûr d'être dans la main de Dieu.

A son épouse, à ses enfants et à sa famille, je leur présente mes condoléances les plus émues et leur dit à la fois toute ma joie d'avoir connu et aimé Arnold et toute ma peine à l'heure de la séparation. Qu'il repose en paix. Un mot qu'il aimait et surtout, un mot qu'il pratiquait.

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19 avril 2011

Genève mise à sac ou quand le Parlement ne veut pas mettre la main à la poche

affichette.tribune-19.4.2011.jpgCambriolages : la police est débordée et la justice clémente. Pourquoi ne pas offrir aux contribuables les moyens de se protéger alors que notre canton est victime chaque jour d'une montagne de vols par effraction (une trentaine) avec des pics vertigineux dépassant allègrement les 70 cambriolages-jour ? Ma motion (M1969) vise essentiellement les personnes qui ne pouvaient financièrement pas faire face à cette dépense. Le coût de l'installation d'une double barre en acier se situe entre 800 et 1'000 francs. Dissuasive pour ces Genevois, cette dépense serait pourtant  une protection sérieuse qui dissuaderait, quant à elle, les voleurs z'européens. Un chèque de 400 à 500 francs aurait été suffisant pour inciter nos concitoyens à renforcer l'accès à leur appartement et ainsi diminuer le sentiment d'insécurité qui règne à Genève. On aurait pu, par exemple, accepter que dix mille personnes en profitent chaque année, soit 50 millions. Ou encore, l'Etat aurait pu se charger de l'installation : voilà qui aurait fait plaisir à François Longchamp en recherche d'emplois de solidarité !

Verdict du Grand Conseil: inintéressant. Des socialistes aux libéraux en passant par les verts, tous ont refusé mon texte, seul le MCG a soutenu la proposition UDC. Et David Hiller de se livrer à un petit calcul simpliste : 200'000 logements à 1'000 francs la protection égalent 200 millions de francs à charge de l'Etat. Classement vertical pour la M1969 !

Aujourd'hui, La Tribune révèle que 63% de personnes interrogées ont peur d'être cambriolées. Cela signifie qu'elles ne font que peu confiance aux divers dispositifs mis en place pour les protéger et ce ne sont pas les multiples cambriolages commis quotidiennement qui pourront leur donner tort. L'une des solutions aurait été d'étudier ma motion pour offrir la possibilité à ceux qui le souhaitent de renforcer la protection de leur logement. Bien évidemment, celle-ci à un prix. Mais elle aurait été sans aucun doute plus efficace que l'encouragement d'Isabel Rochat à la surveillance mutuelle. Certes bien moins coûteuse.

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18 avril 2011

Dublin est un échec et remet en question l’accord Schengen

Ils sont 25'000 réfugiés tunisiens à s'entasser à la frontière franco-italienne de Vintimille. L'Italie, porte d'entrée de l'Union européenne, ne peut plus contrôler cet exode massif : c'est l'échec de l'accord de Dublin qui oblige le premier pays d'accueil de s'occuper du demandeur d'asile. Car l'Italie est débordée et l'Union européenne incapable d'apporter un soutien en proportion de l'immigration nord-africaine déferlant sur ce pays. Munis d'un sauf-conduit de trois mois, ces dizaines de milliers de jeunes vont se diluer dans toute l'Europe. L'accord de Dublin est par conséquent devenu caduque. Et avec lui, c'est également l'accord de Schengen qui s'effondre. L'abolition des frontières ne peut plus être maintenue. Avec l'abandon de l'accord de Dublin, ce ne sont pas seulement les aéroports qu'il faut sécuriser en vertu de la seule porte d'entrée dans l'espace national mais bel et bien toute la Suisse.

Or, la Confédération a déplacé pour le seul bassin genevois 130 gardes-frontière à l'aéroport de Cointrin. Dégarnissant ainsi les effectifs aux frontières franco-suisses. Avant cette dispersion coupable des forces (il n'y a pas eu renforcement des effectifs, bien au contraire), il y avait une trentaine de patrouilles à nos frontières. Pour 107 kilomètres, cela faisait une patrouille tous les 3,5 kilomètres. Aujourd'hui, seules cinq patrouilles circulent sur le pourtour genevois. Une patrouille tous les 21 kilomètres.

La pression monte en même temps que le baromètre : le retour du beau temps va favoriser l'arrivée de nouveaux milliers d'Africains sur les côtes italiennes. Chercher l'erreur dans ce raisonnement très fédéral qui laisse nos frontières sans défense sérieuse, sans force fédérale d'intervention d'urgence, alors que le principe de Dublin n'est plus appliqué et que l'accord de Schengen n'est plus applicable.

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17 avril 2011

Ville de Genève : Des illusions

A lire en un ou deux mots. Comme vous voulez. Un peu déçu par ce résultat qui me voit arriver bon dernier. Mais aussi suffisamment réaliste pour garder les pieds sur terre. Si l'UDC est le plus grand parti de Suisse, il est l'un des plus petits à Genève. Avec 4'352 voix, mon parti ne progresse que peu en Ville de Genève, compte tenu d'un taux de participation plus bas qu'en 2007. Il s'y maintient, s'y cramponne et, pour cet automne, vise un bien meilleur résultat au niveau national où il peut compter sur une force et des moyens bien supérieurs. Car il faut l'avouer, j'ai mené une petite campagne, artisanale et de dernière minute. Je peux donc remercier très vivement les électeurs UDC, qui m'ont suivi ainsi que les électeurs venus des bords libéraux qui m'ont apportés près de 750 suffrages (presque quatre fois plus que lors de mon élection au Conseil municipal) et ceux du MCG qui ont bonifié mon résultat de 360 suffrages (une centaine voici un mois). Ce qui me fait plus d'un quart des voix glané hors de l'UDC. Voilà une rapide cartographie des votes de ce week-end qui laisse entrevoir l'action à venir du groupe UDC au Conseil municipal. A droite quand il le faudra mais aussi avec le MCG lorsque les sujets concorderont avec nos programmes politiques.

Mais avant tout dans la ligne UDC, telle que défendue lors de cette campagne électorale !

 

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10 avril 2011

Maintenant votons intelligent!

affiche.bertinat2-200pxl.jpgVous avez reçu votre matériel de vote et vous vous apprêtez à remplir votre devoir civique. Pour un membre UDC, la question n'est pas très compliquée. Vous trouverez mon bulletin de vote (N° 6) et j'espère que vous me ferez l'amitié de voter pour moi. Et par conséquent pour l'UDC.

Mais pour un membre d'un parti de l'Entente, ajouter mon nom n'est pas une démarche aussi simple. Que vous soyez proche ou non de l'UDC, permettez-moi ces quelques considérations.

Vous aurez certainement remarqué sur le bulletin UDC une «intruse», Florence Kraft-Babel, candidate du parti libéral. La direction de notre parti lui a ouvert notre liste non seulement pour additionner nos suffrages mais surtout pour combattre la majorité de gauche qui depuis 20 ans applique une politique catastrophique pour notre ville. Partant du constat qu'au niveau municipal, la plupart des propositions libérales sont très proches de celles de l'UDC, la direction a tendu la main à ce parti. Qui l'a saisie. Mais n'a pas pu, devant les réserves du parti radical et l'hostilité du PDC, nous rendre la pareille. Pour mon parti, cette démarche, qui a été adressé à l'ensemble de la droite, constitue une étape essentielle. C'est un geste fort pour la prochaine législature, pour que l'Entente et l'UDC travaillent mieux sur les dossiers qu'ils ont en commun. Cet exercice sera difficile et sans doute pas exempt de déceptions. Mais c'est le seul moyen pour contrer la politique de copinage, de cambriolage et d'embouteillage qui sera défendue par la gauche ces quatre prochaines années.

Je vous laisse à présent voter, remerciant par avance celles et ceux qui choisiront la liste N°6 ou qui ajouterons mon nom sur le bulletin de vote de leur parti.

Bon vote et à bientôt !

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