10 juin 2011

Trajic Pishyar

Les plus optimistes, ceux qui ont rapidement fait leur deuil de l'ère Marc Roger, ceux qui regardent vers l'avenir parce que le passé est encore trop présent, les «on verra bien» et les «tu vas voir c'que tu vas voir», bref tous ceux qui d'un haussement d'épaule surmontent ou ignorent toutes les difficultés passées du FC Servette doivent déchanter ce matin. Majid Pishyar, le riche sauveur, celui que l'on attendait, celui qu'il nous fallait, celui dont le portrait était projeté sur les deux écrans géants du stade de La Praille avec l'inscription «Yes, he can!», tend piteusement la main, principalement à l'Etat, et se fait menaçant à l'occasion : - Vous n'aurez pas ce dont je rêve. Majid devient Trajic.

Sans l'engagement financier d'entreprises privées et de l'Etat, l'avenir prestigieux qu'il promettait aux fans du Servette tourne à la désillusion générale. Nous découvrons que M. Pishyar est un président surpris par le succès de son équipe et bien mal préparé à assumer le changement de ligue qui lui tombe sur les épaules. Son club n'a pas les sponsors nécessaires pour assumer les frais de la saison prochaine. Il nous explique avec aplomb que l'Etat doit investir 2,5 millions pour financer la formation de ses jeunes joueurs au sein d'une Maison du Servette, façon Genève Futur Hockey sauce McSorley. Tout cela pour le bien de Genève! nous dit-il. Evidemment.

Aurait-il déjà oublié qu'en mars dernier l'Etat lui a concédé la gestion et l'exploitation du stade de Genève pour 100'000 francs par année et qu'à cette occasion il s'était engagé « à donner à son équipe, entre autres, les moyens financiers pour y parvenir ». Que reste-t-il, après trois petits mois, de cet engagement ? Pas de quoi de rêver pour les contribuables genevois !

M. Pishyar a aussi déclaré : - Je n'ai pas pour vocation d'être le seul à bord. C'est son problème. Il a déjà récupéré l'ancien Chancelier d'Etat. Mais question vocation, celle de l'Etat n'est pas de subvenir aux besoins d'équipes sportives aux budgets de rock-stars et qui n'intéressent que quelques milliers de Genevois.

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09 juin 2011

En souvenir d'Andrée Dayer

Posté au perchoir du Grand Conseil, j'apprends le décès d'Andrée Dayer, ancienne députée PDC, avec qui j'ai siégé entre 1985 et 1988. A cette époque, l'on pouvait réellement parler d'ostracisme à l'égard du mouvement patriotique Vigilance dont j'étais l'un des élus. Je garde de cette époque le souvenir d'un large fossé séparant le groupe vigilant d'avec le reste du Parlement. Il fallait quelque courage pour le franchir. Madame Dayer et quelques rares autres députés aimaient suffisamment la politique et la liberté d'opinion pour briser le joug de l'hostilité générale qui prévalait alors. Je l'ai côtoyée à de nombreuses reprises et je garde en mémoire son amabilité et ses positions pleine d'intelligence sur nombre de sujets et plus particulièrement ceux concernant sa profession : la santé. Je garde aussi en mémoire que le vendredi 19 juin 1987, à la veille de mon mariage, je siégeais au Grand Conseil. Pour ne pas changer. Ma future femme aurait du se méfier... J'ai été surpris de trouver sur ma place une petite plante verte avec une carte de visite, sur laquelle étaient écrit des vœux de bonheur pour l'avenir de mon couple. Vous avez évidemment deviné qui était l'auteur de ce geste amicale. De ceux que l'on oublie jamais, ni le geste, ni l'auteur.

 

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05 juin 2011

Pour des gardes-frontières à la frontière !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, depuis que la Suisse à adopté la convention de Schengen et Dublin, entre 130 à 170 gardes-frontières (selon les besoins saisonniers) ont été retiré des groupes engagés sur le terrain pour les mettre à disposition de l'aéroport. Quelle lourde responsabilité doivent-ils assumer? Ils contrôlent les visas et autres passeports des voyageurs provenant de pays hors Union européenne. Accessoirement, ils dégainent leur tampon encreur... Un tiers des effectifs du Cgfr, formé et désireux d'œuvrer pour notre sécurité, est ainsi bloqué dans les guérites de l'aéroport genevois. Pendant ce temps, c'est toute une région qui est livrée aux criminels et autres voyous étrangers attirés par l'absence de surveillance à nos frontières.

Cette situation est ridicule et incompréhensible. Ridicule parce qu'occupés à cette fonction ces gardes-frontières sont sous-employés. Incompréhensible parce que cette prestation peut-être accomplie par un service spécial placé sous la responsabilité de la police ou par des employés formés à ces tâches administratives par l'aéroport. De quoi créer autant d'emplois pour lesquels les compétences de nombreux chômeurs pourront être utilisées.

Devant ce gâchis, j'ai déposé une motion pour inviter le Conseil d'Etat à attribuer le contrôle des personnes aux frontières à l'aéroport à un nouveau service de la police cantonale ou directement à l'aéroport et à intervenir auprès de la Confédération afin que les gardes-frontière de l'aéroport soient affectés à la surveillance des frontières extérieures du canton.

Un dernier mot enfin sur l'excellent article de Sandra Moro, paru dans Le Temps de vendredi. Suite au dépôt de ma motion, elle y interroge André Eicher, le responsable du Syndicat du personnel de la douane et des gardes-frontière (Garento). Ce dernier déclare préférer que l'on demande à l'aéroport de payer pour ce contrôle assuré par le Corps. L'argent ainsi récolté permettrait d'engager de nouveaux gardes-frontière et de les répartir dans toute la Suisse. Ce n'est pas ce que je demande. Pas du tout! Je demande avec insistance le retour à l'effectif engagé dans le pourtour de notre canton avant Schengen. C'est pour cela que j'estime que c'est au Conseil d'Etat de prendre ses responsabilités - celui-là même qui soutenait la votation pour Schengen et Dublin - pour libérer les gardes-frontière occupés à l'aéroport et les affecter là où ils devraient être, sur le terrain, à nos frontières.

 

 

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01 juin 2011

Démission à la Cour des comptes : jouons les profilers

L'élection partielle de la Cour des comptes, cet automne, sera l'occasion de placer un second magistrat de droite à la Cour des comptes. Un nouveau magistrat qui puisse se représenter en 2012 et ainsi continuer son action. Le candidat idéal doit cumuler de solides notions de comptabilité, de droits et connaître à fond les institutions publiques. Il ne doit pas être trop vieux, ni trop jeune. De l'intelligence. De l'expérience. De l'autorité. Voire être un rien emmerdeur...

Voilà un profil que ne remplissent pas les deux candidats que nous présente aujourd'hui La Tribune. Ni René Longet ni Francis Walpen ne conviennent pour ce poste. L'actuel président du parti socialiste, licencié en lettres et ancien conseiller administratif d'Onex n'a, sauf erreur de ma part, que peu de connaissance en matière en contrôle financier et  fait pâle figure à comparer par exemple avec le parcours prestigieux de M. Zuin qui siège actuellement à la Cour des comptes. Toute autre est la candidature de l'ex-libéral Francis Walpen, malgré ses 70 ans. Il a incontestablement les capacités pour ce poste. Mais en annonçant qu'en cas d'élection, il n'occupera ce poste que le temps d'arriver à la prochain élection (dans quelques mois, en 2012), il est certain que l'efficience ne pourra pas être au rendez-vous.

N'est-ce pas le profil d'Yves Nidegger ? Certes, notre conseiller national tient à siéger à Berne mais l'occasion ne peut-elle faire le larron ? Les scores de l'Entente ne lui permettent plus de se réserver tous les postes de la République. L'UDC peut légitimement  revendiquer ce siège car l'éventuel candidat est de qualité. Tout se discute et la Cour des comptes doit échapper aux petites envies personnelles et autres calculs politiques. Son travail est trop important. A Genève, je ne vois pas 36 candidats capables de prétendre à ce poste. Yves Nidegger peut, quant à lui, y prétendre. Le connaissant bien, voilà bien le genre de solide défi qui pourrait le tenter. Et puis, je suis certain qu'aucun(e) candidat(e) UDC au Conseil national ne verrait d'objection à voir siéger Yves Nidegger à la Cour des comptes...

 

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