17 octobre 2011

Culture ? Une subvention ? Je coupe !

Pascal Décaillet a en main le procès-verbal de la commission des arts et de la culture. Quelle poisse ! Je préciserai bien que ce document devrait être confidentiel. Mais à quoi bon... Nous voilà obligé de nous justifier. La gauche rit et la droite s'explique. Ce ne sont pas des coupes. Juste des non-augmentations. Et encore, sur certaines subventions, faut réfléchir... Et le roi du plateau de la Praille d'en rajouter : la guillotine... la main lourde... à coups de hache... Cet acte de barbarie doit être médiatisé : la droite et la droite de la droite refuse cent sous aux miséreux de la culture?

Pour moi, ce n'est pas un problème! J'ai été d'accord pour aligner les subventions sur celles de 2011. Et encore, j'ai trouvé cela bien gentil. Parce que la culture à Genève, elle est en grande partie confisquée par la gauche, pour la gauche. Elle est souvent héraut de laideur et de vulgarité (y compris au Grand Théâtre). La culture à Genève est politiquement très correcte et l'UDC sait de quoi elle parle. Les bourgeois rosissent en gloussant devant ces anars de tous poils (et parfois à poils) mais ils sont incapables de dire non, cela va trop loin. Car il faut l'admettre: la culture à Genève n'est pas pour tous les Genevois. Pas tous y retrouvent leur compte.  Alors oui : j'ai eu beaucoup de plaisir à accepter  toutes les coupes proposées par nos alliés d'un soir. J'ai coupé tout ce qui m'a passé devant le nez. Par prévention. Par avertissement. Par plaisir (ce fut le cas pour le festival international du film sur les droits de l'homme: - 100'000F). Et parfois injustement. Par semonce. Sachant que lorsque j'en saurais plus, peut-être reverrai-je mon opinion. Des subventionnés doivent être auditionnés, la commission des finances du Conseil municipal doit encore valider toutes ces coupes. Ma décision finale me regarde. Puis elle regardera mon groupe. Jusqu'en séances plénières. Parce que les séances plénières sont publiques. D'ici là, je reste sur mes positions, sur celles qui sont indiquées dans un document confidentiel. Que ce soit sur le plateau du terrible Monsieur Décaillet ou sur d'autres scènes... de ménage.

 

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Commentaires

Il y a toutes sortes d'associations à subventionner en plus de la culture.
à ce rythme là, on vas aller où ?

Écrit par : Victor Winteregg | 17 octobre 2011

L'art n'appartient pas aux politiques, je suis toujours étonné de ce mélange. L'Etat paye, certe, mais ils ne s'agit pas de retour sur investissement.

Désignez 2 personnes du monde de la culture qui s'occupe des choix, l'un qui vous semble de droite et l'autre de gauche, puisque vous semblez dire que l'art a une couleur politique. Le choix étant déja assez difficile, mêler la politique est malhonnête.

Si vous n'aimez pas l'art abstrait, moderne, vous allez naturellement, vous ou d'autre dire non à ce que vous ne comprenez pas ou percevez comme non artistique.
Ce que nous n'aimons pas ne veut pas dire que ce n'est pas de l'art. Restons ouvert même sur ce qui nous gêne.

Écrit par : roket | 17 octobre 2011

@Victor Winteregg
D'où un choix à faire, d'où la difficulté

Écrit par : roket | 17 octobre 2011

La majorité rose-verte de la Ville de Genève a toujours su se maintenir au pouvoir (majoritaire depuis des années) grâce à sa politique clientéliste hyper-généreuse à gogo. Une fabrique d'asistés permanents et non de secourus intermittents.

Depuis les grandes heures du PdT régnant en maître absolu sur "LES SPORTS (Dafflon puis Hediger), depuis la création de la FAD (Fondation d'Art Dramatique, l'arrosoir a subventions n'a cessé d'augmenter son débit.

Cette politique ne semble pas avoir accouché d'un nouveau Chopin ni d'un Molière pas plus que d'un Modigliani.

Les donateurs couvant jalousement leurs clients bénéficiaires engrangent donc des suffrages à chaque élection municipale. Ce principe s'applique à TOUTES les subventions de la Ville de Genève. Pas question de toucher à une seule d'entre elles sans qu'un jeu de dominos ne se déclenche aussitot entre partis concurrents. Coupez 1 franc de subvention à CARITAS et vous aurez aussitôt une riposte symétrique au budget du Centre social protestant.

Chaque parti a sa clientèle protégée, réservoir entretenu de "sponsorisés" reconnaissants et votants actifs !

Le moment est sans doute venu de revoir TOUTES les subventions à l'aune de l'usage plus ou moins rationnel qui en est fait.

La Cour des Comptes serait bien inspirée de mettre son nez dans la manière dont toutes les subventions municipales sont distribuées.

Quant au Conseil municipal, il serait bien inspiré, lui aussi, de rappeler qu'aucune subvention n'est pérenne et automatiquement reconductible - et souvent augmentée - d'année en année.

Les cadeaux à vie, ça suffit !

M. Bertinat semble avoir parfaitement compris le processus. Honneur à lui qui a osé toucher à un tabou et casser le sale petit jeu de "Je te tiens par la barbichettes de tes oeuvres sponsorisées".

A suivre sur le blog de cet élu plutôt que sur le "Plateau de la Praille".

A propos, les délibérations des Commissions municipales de la Ville de Genève sont-elles couvertes par le secret ou publiques ?

Écrit par : Donald Walton | 18 octobre 2011

Bravo pour cette prise de position non politiquement correcte.

Écrit par : Bertrand Buchs | 18 octobre 2011

@ Donald Walton,

Excellent commentaire.


@ Eric Bertinat,

Vous avez fait le bon choix.

Alors que l'économie ralentie annonçant une sombre année 2012, que le taux de chômage va reprendre sa hausse, il serait choquant de protéger la Culture déjà bien trop subventionnée.

Les innombrables gauchos qui profitent des 250 millions alloués à la culture genevoise constituent-ils la nouvelle race supérieure qu'il faut protéger des aléas de la conjoncture alors que nous autres sommes à la merci des restructurations économiques?

Je suis convaincu du contraire.

Le Canton et les communes de Genève dépenses déjà 20'000 francs par habitants alors que la moyenne suisse est de 11'000 et le canton de Zürich avec des infrastructures importantes comme Genève se contente de 14'000.

Et pendant ce temps nous n'avons pas l'argent de traiter correctement nos handicapés...

Finie la gabegie, finit le VOL!

Pour moi, le choix est limpide.

Écrit par : Anonyme | 18 octobre 2011

Durant près de 20 ans la culture était en main de la gauche, voire de l’extrême-gauche sous l’ère de Patrice Mugny qui accordait les subventions sans choix culturel mais uniquement par goût personnel, par copinage ou pour soigner son électorat. Avant son départ, Mugny a renouvelé une trentaine de conventions assurant ainsi à de petites associations de continuer à recevoir une subvention. L’a-t-il fait dans le but de drainer des voix pour son (malheureux) dauphin-successeur qui visait le département de la culture ?
Quant au procès-verbal confidentiel remis à des non-destinaires, le bureau du Conseil municipal devrait faire une enquête et ne pas se contenter d’une simple fuite, mais exclure le commissaire. L’initiateur de cette fuite étant coutumier du fait, tout le monde connaît son nom.

Écrit par : Lemuet | 18 octobre 2011

L'autre jour encore, Charlie Schwarz, écrivait sur son profil Facebook, que pour bien vivre à Genève, il fallait créer une association et décrocher les subventions.
Je suis certain qu'il y a des associations familiales qui ne vivent que des subventions grassement versées par la Ville de Genève.

Il faut tout contrôler ... si possible.

Écrit par : Victor Winteregg | 18 octobre 2011

@Lemuet

je vous cite "L’initiateur de cette fuite étant coutumier du fait, tout le monde connaît son nom.

donner son nom ou du moins ces initiales car la population ne sait pas tout et est en droit de savoir !

Écrit par : justice | 18 octobre 2011

Mais vous parlez sans rien connaître du fonctionnement du monde culturel. Ils'agit non pas de profiteurs qui s'en mettent plein les poches sans rien faire, mais de personnes qui travaillent avec des salaires plutôt bas et aucune garantie d'emploi. Vous devriez vous renseigner un peu mieux avant de dire n'importe quoi de façon émotionnelle et subjective. J'ai les même impression que vous dans d'autres domaines mais je préfère me renseigner avant de déverser ma hargne n'importe comment. La culture crée des emplois de tous genre: chanteurs, musiciens, danseurs, comédiens, techniciens, graphistes, imprimeurs, ébénistes, électriciens, scénographes,costumières, couturières, coiffeurs, auteurs, bureaucrates, administrateurs, comptables, secrétaires etc... cette coupe touche beaucoup de gens dans leur emplois. Vous créez des chômeurs!
Es-ce que l'on souhaite un monde inculte? la culture, le savoir, combattent l'ignorance et la violence. Si vous vous y intéressiez vous le sauriez.

Écrit par : Camille | 18 octobre 2011

rappelez-vous la grève des artistes à Avignon.. c'était les cafetiers et les restaurateurs qui ont finit par crier au scandale car sans le festival, leurs affairent ne marchaient plus. Ils ont compris que la culture rapporte parce qu'elle rayonne au delà de son domaine. Justement vers les restaurateurs, cafés, transports publiques, taxis etc... C'est étonnant et pourtant les restaurateurs d'Avignon l'on constaté de façon concrète.

Écrit par : Adam | 18 octobre 2011

Un flic UDC qui parle de culture ... rien que l'énoncé est à mourrir de rire mon pauvre !

Ce que vous peinez à dissimuler, c'est que la culture qui est actuellement subventionnée est essentiellement progressiste et peu commerciale, DONC (aux yeux d'un pauvre politicien UDC) inutile.

Heureusement tout le monde ne vit pas avec un casque anti-émeute en guise d'oeillère comme vous.

Écrit par : djinius | 18 octobre 2011

C'est honteux de la part d'un élu d'affirmer fièrement avoir coupé des subventions juste par plaisir. Et très révélateur de la manière dont vous appréhendez votre fonction.

Mais je comprends que l'Udc n'aime pas la culture. Dans un monde d'incultes, leur tâche serait tellement plus aisée.

Écrit par : Lulu | 18 octobre 2011

@Justice.
Faites un tour à la buvette et vous rencontrerez l'indiscret conseiller municipal !

Écrit par : Lemuet | 18 octobre 2011

Et l'UBS n'est pas "subventionnée" par le contribuable? On a payé cher sans trop broncher et ça nous a rapporté quoi? Un spectacle désolant qui va encore nous coûter cher! contrôlons déjà les banques et les assurances pour voir où il y a des abus...

Écrit par : Bernard | 18 octobre 2011

J'invite M.Bertinat à rencontrer des comédiens, des metteurs en scènes et autres artistes pour discuter de leur façon de travailler de vivre, pour comprendre comment sont utilisées les subventions. Où vont-elles, à quoi servent-elles, pourquoi n'est-ce pas si simple d'envisager une culture autonome, combien de temps de travail pour combien d'argent etc... Je pense que vous auriez une vision plus limpide du fonctionnement de ce milieu après avoir parlé avec ses travailleurs. Et là vous seriez à même de vous faire un avis en connaissance de cause. J'imagine qu'un conseiller municipal doit être en mesure d'engager le dialogue avec les citoyens.

Écrit par : C.P. | 18 octobre 2011

@C.P. Je constate qu'il n'est pas inutile de préciser qu'aucune subvention ne disparaît. Je demande que les subventionnés reçoivent la même aide financières qu'en 2011. À observer l'environnement financier mondial, c'est absurde d'avoir les mêmes prétentions que ces dernières années, dont les résultats fiscaux ont été juste fabuleux. Il faut revenir sur terre, même si l'on est artiste ou artisan œuvrant dans ce domaine.

Écrit par : Éric Bertinat | 18 octobre 2011

Quand la culture se résumera à des sonneurs de cloches, à des bouffeurs de saucisses, à des buveurs de bière et des youtzeurs, cela coûtera beaucoup moins chers et cela plaira à M. Bertinat et à tous les autres intellos de l'UDC.

Écrit par : Galileo | 19 octobre 2011

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