27 octobre 2011

Sommet de Bruxelles : les faiblesses du système européen sont de plus en plus flagrantes

Après le sommet de Bruxelles, le média électronique Rue89 s'interroge : quelles leçons tirer de cette rencontre que l'on veut faire croire réussie ? Et de se pencher sur trois aspects du problème européen qui n'ont guère attiré les regards de la presse.

Le fonctionnement chaotique de l'Union européenne demeure inchangé. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l'an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le «président de l'Europe» ? L'absence de «gouvernement économique» est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu'aujourd'hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.

Le déficit démocratique de l'UE est apparu au grand jour. Le grand paradoxe de la dramaturgie de ce sommet, est que le déblocage de la situation est venu... du Bundestag. C'est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles. Paradoxe car on aurait imaginé que l'europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d'Européens, joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne. Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l'europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu'on en oublie même qu'il existe quand les enjeux deviennent vitaux.

Enfin, la crise sociale reste devant tous les Européens. L'accord de Bruxelles, c'est qu'il va falloir faire avaler la potion amère de l'austérité aux peuples d'Europe. Les Grecs sont déjà en train de l'avaler - et de se révolter -, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à ... 67 ans ! Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d'apprendre qu'on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.

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Commentaires

Cher Monsieur Bertinat,

Pouvez-vous oser aller plus loin dans votre analyse?

Ne s'agit-il pas, depuis 2008, d'un abcès qui n'arrête pas de ne pas pouvoir guérir,
d'une crise systémique touchant tous pays, tous systèmes économiques?

puisque même les Brics sont inquiets du cours de leurs PIB respectifs, et se voient contraints de s'en préoccuper

Juste une chose en ce qui me concerne: c'est justement ce manque de vision, de préoccupation et d'analyse globale de la part de nos principaux représentants, qui m'a manqué lors des dernières votations.

Preuve en est la foison de petites listes de dernière minute, venant ajouter au flou général de la position de nos élus & would-be gérants de notre pays.

Écrit par : globalisé | 27 octobre 2011

autre chose:
- il y a une question de tempo, de rythme dans l'approche des problèmes et enjeux
- il y a un grand manque de comm et de va-et-vient de débats et discussions de ces enjeux entre les élus, représentants et la population sur la scène politique suisse

juste un exemple:
les français ont une chaîne TV sénat / parlement.
Cela ne devrait pas être si difficile pour la Suisse de mettre un tel outil en place

Écrit par : globalisé | 27 octobre 2011

Il est tellement difficile de gérer un Etat, alors un continent...

Écrit par : 123mutuelles | 31 octobre 2011

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