16 janvier 2012

Qui peut encore commander la police?

Invité ce matin, à 7h, par One FM à débattre sur la crise qui secoue la police et sa magistrate, Nasrat Latif, rédacteur en chef, m'a proposé de tenir l'édito en 90 secondes. Un petit exercice rédactionnel, top chrono !

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Lundi passé, le syndicat interdisait aux gendarmes d'assister au rapport annuel de la police présidé par leur magistrate, Isabel Rochat. Il profitait de l'occasion pour tenir une assemblée générale et décidait une grève des amendes et des heures supplémentaires. Même si les genevois sont habitués aux actions fortes de ce syndicat, l'affaire est grave. Beaucoup plus qu'il n'y paraît.

D'un coté,  il y a Isabel Rochat qui voit son autorité disparaître. De l'autre, il y a un syndicat qui entre dans un conflit frontal avec l'autorité cantonale.

Pour Isabel Rochat, c'est le terminus. Parce que nous savons tous que même si des sanctions sérieuses sont décidées à l'encontre des responsables du syndicat et des gendarmes qui suivent ces mots d'ordre, elles ne seront pas appliquées par une cheffe qui a perdu toute autorité. Rappelez-vous, en mai 2007, Laurent Moutinot avait fini par amnistier 64 gendarmes punis pour avoir manifesté sur la voie publique en uniforme.

Pour les gendarmes et leur syndicat, c'est une épreuve de force. Ils ont l'habitude. Ils connaissance l'importance de leur place dans notre société et savent qu'ils sont intouchables - ou presque - tant qu'ils feront bloc. Le conflit entre la profession et l'exécutif sera sans nul doute long, voire très long tant les fronts sont marqués.

Isabel Rochat, dans cette histoire, n'a rien fait de malhonnête. Il n'y a aucune raison de réclamer sa démission. Elle n'est tout simplement pas à la bonne place. Tout cela, le Conseil d'Etat le sait. Il le savait en 2009 lorsqu'il s'est déchargé de ce département difficile sur une magistrate fraîchement élue. Pour débloquer cette situation critique, le Conseil d'Etat doit aujourd'hui assumer sa mauvaise décision d'il y a deux ans et nommer un nouveau chef du département de la police.

L'UDC propose une pétition pour que la population l'y aide. Tout simplement.

 

 

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Commentaires

Monsieur le député,

Si Madame Isabel Rochat n'est pas à la bonne place, que proposez-vous ?

Une rocade entre Rochat et Muller au sein du Conseil d’État, afin de mettre à la tête de la police un homme fort et viril qui sait mettre la main à la pâte sans faire le poing dans sa poche ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16 janvier 2012

Alors cher collègue,

Finalement c'est fromage ET dessert c'est-à-dire : roquible et fusable ?

cordialement
p.

Écrit par : pierre losio | 17 janvier 2012

Madame Isabel, nous sommes tous derrière vous, bon courage.

Écrit par : remerciement mariage | 13 février 2012

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