31 janvier 2012

L'Exécutif défend-il vraiment les intérêts des Genevois ?

C'est la question que l'on peut se poser en étudiant la Convention de constitution d'un « Groupement de commande » entre la communauté de communes de pays de Gex et l'Etat de Genève. Signée fin novembre 2011, ce texte concerne l'un des fameux projets stratégiques de développement (PSD) qui a fait débat lors du vote du budget 2012. Celui qui nous intéresse touche deux sites largement urbanisés autour de la piste de l'aéroport. A la fois sur la commune française de Ferney-Voltaire et sur la commune suisse du Grand-Saconnex. Le Groupement de commande comprendra un coordinateur de chaque partie pour choisir les diverses entreprises intéressées par les travaux nécessaires à la mise en œuvre de la PSD. La procédure suivra le code des marchés publics français (for juridique du Pays de Gex). Dans certains cas, le périmètre d'intervention pourra être élargi, tel l'extension du tram jusqu'à la Place des Nations d'un coté et de l'autre jusqu'à Château de Voltaire.

Le Groupement est doté d'un budget total de 750'000 euros jusqu'à fin 2012, dont la moitié du montant (participation de Genève) est, paraît-il, comprise dans le budget de la PSD. Cette nouvelle convention ne précise pas que l'attribution des marchés devra être équilibrée et ne léser aucune des deux parties. Pour être plus direct encore, cette convention supprime toute manœuvre protectionniste pour l'économie genevoise, bien qu'elle mette en concurrence deux économies bien différentes (coûts et salaire moyen). Architectes et urbanistes français pourront encore plus facilement venir sur le marché genevois alors que l'on connait les difficultés en sens inverse.

Au nom de l'agglomération, des marchés publics et de la libre circulation, amen ! Le Conseil d'Etat lâche une nouvelle fois sa population avec cette convention qui plait beaucoup du PLR. Normal, c'est leur vedette qui la signée...

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25 janvier 2012

Elle est bonne celle-là...

Les quatre chargés de communication de la police ont fait 117,22 heures supplémentaires en 2011. Deux d'entre eux poussant le bouchon jusqu'à faire une cinquantaine d'heures chacun. On aimerait savoir à quoi furent consacrées ces heures supplémentaires, à observer la communication défaillante de dame Rochat. Bon sang, ils font quoi?

Lorsque Christoph Blocher a débarqué au département fédéral de la défense, il fut consternée de découvrir l'armada de chargés de communication, tous munis de leur téléphone et occupant de nombreux locaux. Ils furent tous virés, sauf un... Et l'on n'a jamais entendu parler de problème de communication pour le Conseiller fédéral d'alors.

 

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24 janvier 2012

Plan directeur cantonal : l'hallali ?

60 magistrats communaux ne veulent pas entendre parler du plan directeur cantonal (PDCn) défendu par Mark Muller, pour quelques jours encore conseiller d'Etat. Tous partis confondus (y compris les libéraux-zélés-radicaux !) représentant une trentaine de communes. Et, semble-t-il, le soutien de nouvelle communes à cette démarche n'est pas fini.

Sauf pour les cinq magistrats de la Ville de Genève. En effet, ils ont soumis au parlement communal deux résolutions acceptant « sous conditions » le PDCn. Qui s'est empressé de l'accepter. L'UDC s'y est opposé ! Reste que sur le fond comme sur la forme, la démarche est contestable. Pourquoi accepter ce document puisque certaines conditions ne sont pas remplies ? Pour être conséquent, il fallait le refuser. Et qu'en sera-t-il de ces fameuses conditions ? Le Conseil d'Etat entend-il y répondre ? Le Conseil administratif donnera-t-il lui-même un préavis défavorable si les conditions ne sont pas remplies ? Des conditions mais aussi des questions, puisque ces dernières figurent également dans la deuxième résolution acceptée par le délibératif. Sur quels critères le CA acceptera-t-il les réponses de l'exécutif cantonal ? Le bon sens n'est pas toujours au rendez-vous dans les travées du municipal Ville de Genève et l'UDC n'entend pas laisser filer ce dossier, à bien plaire du Conseil administratif. Aussi, une résolution sera déposée afin que le Conseil municipal soit tenu informé séance tenante des réponses du Conseil d'Etat et des décisions prises par nos astucieux magistrats !

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19 janvier 2012

Policiers genevois venus de l'étranger : la tempête dans un verre d'eau

A la suite de mes déclarations dans La Tribune, j'ai reçu quelques messages surpris de membres UDC et même celui d'un journaliste qui s'inquiétait de mon taux d'alcoolémie. J'ai apprécié ces courriers qui m'ont été directement adressés et qui m'ont permis de répondre. J'ai la même attitude suite à la mise au point du comité directeur qui précise que l'UDC est toujours hostile à l'engagement d'étrangers au sein du corps de notre gendarmerie. C'est effectivement la position politique de mon parti à ce jour. Tout cela me permet de rappeler que j'ai émis une réflexion toute personnelle et qu'il faut la prendre comme telle. Une réflexion que je ne renie pas.

La police genevoise n'arrive pas à recruter. C'est un fait. Il manque actuellement une bonne centaine de gendarmes. Ce qui engendre très exactement 142'000 heures supplémentaires pour les 10 premiers mois de 2011. Soit près de 7 millions de de crédits supplémentaires. Et la grogne des gendarmes qui plient sous le travail. Face à cette situation, je n'oublie pas que l'UDC réclame 1'500 policiers pour 2020 ! Cela signifie (à la louche) la formation de près de 2'000 nouveaux gendarmes... en 8 ans. Dans un canton où la population est à moitié étrangère, je me demande où trouver autant de représentants des forces de l'ordre.

Je me pose donc quelques questions puisque la loi actuelle autorise que des étrangers munis du permis C entrent dans nos écoles de police. Des étrangers, domiciliés en Suisse (pas nécessairement à Genève) depuis dix ans peuvent avoir librement accès à ces postes. Et même moins en cas de naturalisation facilitée. Après un an passé au sein de l'école de gendarmerie, ils peuvent demander leur naturalisation et être assermentés.

Alors, pourquoi ne pas ouvrir les portes de cette profession à d'autres permis afin de recruter plus de gendarmes que ne le permet la loi actuelle ? Il faudra évidemment que ces candidats soient profilés pour cette fonction. Ce qui ne permettra pas d'engager n'importe qui. Ce qui signifie aussi que nous ne serons pas submergés par une vague de centaines de candidatures. Ce qui signifie tout simplement que ce n'est pas la solution à notre problème de recrutement. Le problème reste bien celui de trouver des Suisses pour ces postes. Mais ce débat de dàbut d'année permet d'évoquer l'important problème du recrutement de policiers et de lancer la discussion. Le problème demeure, mais pour la discussion, c'est réussi!

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16 janvier 2012

Qui peut encore commander la police?

Invité ce matin, à 7h, par One FM à débattre sur la crise qui secoue la police et sa magistrate, Nasrat Latif, rédacteur en chef, m'a proposé de tenir l'édito en 90 secondes. Un petit exercice rédactionnel, top chrono !

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Lundi passé, le syndicat interdisait aux gendarmes d'assister au rapport annuel de la police présidé par leur magistrate, Isabel Rochat. Il profitait de l'occasion pour tenir une assemblée générale et décidait une grève des amendes et des heures supplémentaires. Même si les genevois sont habitués aux actions fortes de ce syndicat, l'affaire est grave. Beaucoup plus qu'il n'y paraît.

D'un coté,  il y a Isabel Rochat qui voit son autorité disparaître. De l'autre, il y a un syndicat qui entre dans un conflit frontal avec l'autorité cantonale.

Pour Isabel Rochat, c'est le terminus. Parce que nous savons tous que même si des sanctions sérieuses sont décidées à l'encontre des responsables du syndicat et des gendarmes qui suivent ces mots d'ordre, elles ne seront pas appliquées par une cheffe qui a perdu toute autorité. Rappelez-vous, en mai 2007, Laurent Moutinot avait fini par amnistier 64 gendarmes punis pour avoir manifesté sur la voie publique en uniforme.

Pour les gendarmes et leur syndicat, c'est une épreuve de force. Ils ont l'habitude. Ils connaissance l'importance de leur place dans notre société et savent qu'ils sont intouchables - ou presque - tant qu'ils feront bloc. Le conflit entre la profession et l'exécutif sera sans nul doute long, voire très long tant les fronts sont marqués.

Isabel Rochat, dans cette histoire, n'a rien fait de malhonnête. Il n'y a aucune raison de réclamer sa démission. Elle n'est tout simplement pas à la bonne place. Tout cela, le Conseil d'Etat le sait. Il le savait en 2009 lorsqu'il s'est déchargé de ce département difficile sur une magistrate fraîchement élue. Pour débloquer cette situation critique, le Conseil d'Etat doit aujourd'hui assumer sa mauvaise décision d'il y a deux ans et nommer un nouveau chef du département de la police.

L'UDC propose une pétition pour que la population l'y aide. Tout simplement.

 

 

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