31 mars 2012

Les passions et la raison: chacun son camp

C'est une déclaration de foi. Politique. J'y souscrit pleinement. Voici, ci-dessous, un texte écrit hier par Christian Vanneste, député du Nord et conseiller municipal de Tourcoing. J'y souscrit d'autant plus au lendemain de la décision prise par mon parti de soutenir le candidat MCG pour l'élection partielle de juin prochain. Je laisse volontairement de côté la convention qu'ont signé les deux partis jusqu'en 2013. Je connais la solidité de ces alliances d'un jour. J'ai fait partie de 20% de membres qui souhaitait que l'UDC garde les mains libres dans une élection qui n'est pas nôtre. Non que je sois hostile à tout rapprochement avec le MCG. Mais je suis avant tout profondément attaché à l'UDC, parce que, pour moi, ce parti se retrouve dans la brève définition du gaullisme qu'a donnée Georges Pompidou: "un mouvement dont la vocation est de maîtriser la modernité". L'UDC-Genève doit suivre son propre parcours, fort d'un programme politique conservateur qui a été décidé au niveau national pour défendre  les valeurs qu'il juge importantes et qui ont fait de l'UDC le premier parti du pays. Parmi celles-ci, je relèverai - par paraphrapher à nouveau Georges Pompidou - le respect des corps constitués, cette identité de la Suisse et de l'Etat. Ce qui, depuis 2005, ne peut pas être revendiqué par le MCG. Le soutien qu'accorde l'UDC-Genève à Eric Stauffer n'est pas une catastrophe, elle est une aventure. De quoi vérifier cette maxime de Chamfort selon lequel "les passions font vivre et la raison fait durer".

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L’avenir appartient aux conservateurs

Toute vie démocratique doit prendre en compte le temps, celui de la Tradition qui reflète le passé d’un peuple et donc son identité, celui de l’avenir qui doit se projeter dans la durée. La conception  révolutionnaire rejette le passé en bloc, pense que tout est à détruire et à reconstruire. Elle a cependant sa tradition, le romantisme des Révolutions dont J-L. Mélenchon est le barde proclamé. Le changement doit être total, brutal, violent, comme une hallucination collective où dans la fumée des incendies, fussent-ils symboliques, apparaissent les images oniriques de 1968, de 1936, de la commune, de 1848, de 1830, de 1789, et en filigrane, celles de 1792-1793, de loin préférées. L’esprit révolutionnaire n’est que la répétition magique, inconsciente du rite saturnien auquel reste attaché un pays incapable de réformes et passant sans cesse de révolutions catastrophiques à des restaurations décevantes. Le renversement des institutions et des valeurs effectué, la désacralisation des autorités réalisée, les hommes d’en haut abattus, les hommes d’en bas élevés, et l’ordre revient avec d’autres maîtres.

Quel gâchis pour satisfaire quelques ambitions et réparer frustrations des uns et humiliations des autres. Les conservateurs au contraire, lorsqu’ils sont éclairés, s’efforcent de réformer ce qui doit l’être pour sauvegarder l’ordre dans ce qu’il a d’essentiel, en l’adaptant aux exigences du temps sans jamais le sacrifier aux modes passagères. L’identité profonde d’un peuple, lucide sur son histoire dans la mesure où la fierté nécessaire pour affronter la vie et ses périls n’est pas abolie, où la confiance en soi indispensable pour construire l’avenir n’est pas ébranlée, constitue ce vortex qu’il faut à tout prix préserver. Cet avenir n’est pas celui du court terme des journalistes mais celui des politiques qui doivent voir plus loin et de plus haut paradoxalement parce qu’ils sont les acteurs et non les spectateurs de l’Histoire. La décision prise par Georges Pompidou en faveur de l’énergie nucléaire est l’exemple même de ce courage clairvoyant dont nous touchons aujourd’hui les dividendes. Les politiciens soucieux de la popularité immédiate en sont incapables. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas des mandats trop courts et celle qui appelle à ne pas galvauder le titre de citoyen et à ne pas confier l’avenir d’un pays directement ou indirectement à ceux qui n’y sont que passagers.

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28 mars 2012

L'UDC-Ville de Genève fait une lecture politique des comptes 2011

Malgré la bonne nouvelle des comptes 2011 (+ 34 millions) présentés ce jour par le Conseil administratif de la Ville de Genève, l'UDC ne cachent pas qu'elle voit dans ces résultats les premiers effets de la libre-circulation (reconduction des accords en juin 2009) et de la crise de l'euro.

En effet, l'augmentation de la taxe professionnelle de 18 millions démontre que le nombre d'entreprises et d'emplois a augmenté à Genève. Genève résiste bien, malgré la crise économique. Voilà qui explique pourquoi les impôts sur les personnes morales augmentent (+9,9 millions). Mais l'UDC relève également que pour la même année, les revenus de l'ensemble des personnes physiques baissent fortement de 23 millions sur l'exercice 2011. La baisse d'impôts votée par la population genevoise en septembre 2009 n'est pas la seule explication comme aime à le rappeler Mme Salerno. C'est bel et bien le premier effet comptable de la libre-circulation, de l'augmentation extraordinaire de frontaliers européens occupant un emploi sur notre canton et de la pression à la baisse sur les salaires qu'ils imposent aux Genevois.

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26 mars 2012

La transhumance du CTI

Si le Conseil d'Etat a très rapidement annoncé que François Longchamp reprenait le DCTI, abondonné du jour au lendemain par Mark Muller, aucun document officiel n'a annoncé la curieuse partition de ce département. Jusqu'à cet été, c'est en effet Anja Widen-Guelpa, chancelière de son état, qui prend les commandes du centre des technologies de l'information (CTI). Un service de prime importance, fort de 350 fonctionnaires (internes) et de 200 personnes (externes). Si ce service a l'habitude d'être trimballé au sein de l'administration publique, cette transhumance surprend néanmoins.

La Chancellerie, c'est 60 personnes. Comment va se passer cette période transitoire pour une Chancelière au cahier des charges bien chargé et pour les responsables du CTI qui viennent de changer de directeur? La communication, sur ce sujet précis, est pour le moins discrète.

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21 mars 2012

Rémy Pagani : un capital-confiance en chute libre

La proposition de Rémy Pagani de prêter 240'000F aux gérants de l'Alhambar pour s'installer à La Potinière et démarrer le mois prochain la rénovation de l'Alhambra sans provoquer d'inutiles disputes avait semblé acceptable au groupe UDC-Ville de Genève. C'était une solution acrobatique, sans aucun doute, mais qui permettait enfin le démarrage des travaux. Une échéance qui ne prêtait guère à l'amateurisme. C'est du moins ce que nous pensions avant que nous parvienne, quelques minutes avant le début du débat, un mail adressé au Conseil administratif et signés par les deux gérants de l'Alhambar. Dans ce courrier, ils contestent le projet de Rémy Pagani comme n'étant pas conforme aux engagements pris avec le magistrat d'Ensemble à gauche.

Comment, dans ces conditions, soutenir un projet aussi bancal ? Le groupe UDC a donc revu sa position et s'est joint à l'écrasante majorité du Conseil municipal pour refuser l'entrée en matière du projet de résolution. C'est un échec lourd de conséquences. Pour le projet lui-même qui traîne depuis des années. Pour les finances communales qui seront sans doute impactées par les retards des travaux et éventuellement par les dédommagements que pourraient demander les mandataires restés en rade. Et aussi pour Rémy Pagani qui est désavoué massivement par le Parlement. C'est l'assurance que chacun de ses projets sera dorénavant examiné au microscope par les élus municipaux, tous partis confondus !

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20 mars 2012

Sans aide sociale, 56'000 personnes ne survivraient pas à Genève

Elle fait mal la dernière statistique cantonale de l'aide sociale. Ce baromètre de l'aisance financière de la population genevoise relève pour 2010 que 56'000 personnes sont publiquement aidés pour leur permettre de vivre dans notre beau canton. Indépendamment des nombreux services subventionnés par l'Etat ou les communes. Il y a ceux qui reçoivent l'aide sociale, ceux qui perçoivent les prestations complémentaires, ceux qui allègent leur loyer grâce aux allocations de logement (la prestation le plus fréquemment allouées, 22'000 personnes), celles qui demandent des avances de pensions alimentaires et les chômeurs qui restent en rade après avoir épuisés leur fin de droits. 56'000 personnes qui vivent plus ou moins au crochet de l'Etat.

Appartements introuvables, loyers trop chers, salaires insuffisants, trop d'emplois sélectifs et nouvels arrivants trop nombreux rendent les Genevois dépendant de l'aide social et surtout malheureux dans leur propre canton. Une situation qui réclame l'intervention des pouvoirs publics et qui a un prix. Mais qui ne doit pas être acceptée tel quel, sans réaction. Genève a besoin d'un bol d'air frais. Politiquement s'entend.

 

 

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