30 mai 2012

Clandestins: Les bonnes intentions ne suffisent pas !

Il faut maintenant donner suite à la motion déposée par le conseiller national PDC Luc Barthassat permettant aux jeunes clandestins d'accéder aux places d'apprentissage. C'est pourquoi le département fédéral de justice et police prépare une ordonnance qui tentera de trouver une solution à ce problème où les bonnes intentions ne suffisent pas. Actuellement en procédure de consultation, cette ordonnance est étudiée par le gouvernement genevois qui a rapidement constaté les faiblesses de ce texte proposant de délivrer un permis de séjour pour tout jeune qui veut suivre une formation professionnelle dual ainsi qu'à sa famille. Les services de François Longchamp ont relevé une inégalité de traitement aux dépens des jeunes clandestins qui continueront des études autres que des apprentissages. Et comme pour enfoncer le clou, le département de la solidarité et de l'emploi relève qu'il y a dans cette ordonnance un risque de voir les familles clandestines se bousculer pour qu'un de leurs enfants suive un apprentissage et ainsi profiter d'une régularisation facilitée. Et déséquilibrer le marché des places d'apprentissage offertes aux jeunes légalement établis à Genève. La question de la formation des jeunes clandestins, qui restent délicate à traiter dans le cadre de la loi, mérite plus de réflexion.

En ces temps de critiques trop souvent fondées à l'encontre du Conseil d'Etat, il convient de saluer cette bonne réaction de notre exécutif.

 

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DIP: Démocratie es-tu là?

Lancée en grande pompe par le Conseiller d'Etat Charles Beer en 2009, la mise en route de "conseils d'établissement" (1) a illustré la conception pour le moins ambigüe de la démocratie de la part du département de l'instruction publique. Présentée comme un « élargissement des droits démocratiques » et une mise en œuvre de la « démocratie participative », l'élection des membres de ces conseils d'établissement obéit à la curieuse logique du DIP qui fixe à son bon vouloir les modalités de l'élection. Ce qui n'est pas surprenant, le DIP est connu pour ses expérimentations hasardeuses, tantôt d'ordre pédagogiques sur les élèves, tantôt d'ordre organisationnelles.

En mai 2012, a eu lieu dans la plus grande discrétion le renouvellement des conseils d'établissement primaire. Ce qui est certain aujourd'hui, c'est que « les élections 2012 des membres des conseils d'établissement de l'enseignement primaire sont closent (sic !) depuis le 3 mai. » D'après nos informations, le DIP aurait fait imprimer de véritables bulletins de vote et le service des votations et élections se serait chargé du bon déroulement des diverses opérations électorales. Toutefois, à voir les taux de participation extrêmement faibles à ces élections (5% à l'école des Avanchets), on peut se demander si tous les parents d'élèves ont été correctement informés du déroulement de l'élection des membres des conseils d'établissement de l'enseignement primaire. Ont-ils par exemple été informés par courrier à leur domicile ?

De quoi poser la question suivante au Conseil d'Etat : Selon quelles modalités les parents d'élèves ont-ils été informés de la tenue des élections des conseils d'établissement de l'enseignement primaire ?

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(1) Un conseil d'établissement est présidé par la directrice ou le directeur de l’établissement, il est composé de :
représentant-e-s des parents d’élèves ;
des représentant-e-s du personnel enseignant ;
des représentant-e-s des élèves, pour autant que des conseils d’élèves existent au préalable ;
un-e représentant-e de la commune ;
un-e représentant-e du Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP) ;
un-e représentant-e de la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe), en tout cas dans les établissements du réseau d’enseignement prioritaire (REP) ;
le-la concierge ou l’un d’entre eux si l’établissement comporte plusieurs établissements ;
et, sur invitation, un-e ou plusieurs représentant-e-s d’autres offices ou services du DIP ainsi que des partenaires extérieurs, selon les sujets abordés.

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26 mai 2012

Libre circulation : Oh ! Béatitudes fédérales !

Dix ans après l'entrée en vigueur des bilatérales, le Secrétariat de l'Etat à l'économie maintient son discours : les bilatérales, c'est merveilleux ! On observera au passage que l'analyse positive du Seco intervient quelques jours après que le Parlement européen ait adopté une résolution condamnant la décision suisse de limiter l'arrivée de citoyens de huit pays européens.

Pour s'en convaincre, le Seco cite deux chiffres magiques : pour ces 10 dernières années, 370'000 étrangers provenant de l'UE occupent un emploi en Suisse. Dans le même temps, 500'000 emplois ont été créés. Oh, Béatitudes fédérales ! Oh, Certitudes patronales ! La vie en rose, version Seco, puisque la libre circulation n'a pas entraîné de dumping salarial et que les inconvénients sont « relativement faibles ».

La réalité se trouve sur le terrain. En écoutant par exemple les gardes-frontière. Ils sont inquiets parce que contrairement au chef du Seco, ils constatent à nos frontières, depuis quelques mois, un afflux grandissant de Portugais, d'Espagnols et même d'Italiens. Ils recherchent un emploi en Suisse qu'ils ne trouvent plus dans leurs pays sinistrés. Ces nouveaux réfugiés économiques sont près à tout. Aux bas salaires, aux emplois intermittents, au travail au noir. Dans notre canton, 20'000 personnes recherchent un emploi. De l'autre coté de la frontière, 5'000 "frontaliers" ont perdus leur emploi suisse. Frottés aux réalités quotidiennes, les chiffres du Seco ressemblent plus à de la propagande qu'à une analyse économique.

Tout comme il y a ceux qui dénoncent l'insécurité et ceux qui évoquent le sentiment d'insécurité, il y a ceux qui estiment que les bilatérales pénalisent les Suisses en recherche d'emplois et ceux qui croient que ces mêmes bilatérales dopent le marché de l'emploi. A vrai dire, insécurité ou sentiment d'insécurité, bilatérales aimables ou désagréables, c'est selon sa condition. Une fois agressé dans un parking ou dévalisé dans son appartement, le sentiment d'insécurité disparaît vite fait bien fait. Une fois au chômage et confronté à la concurrence prodigieuse des Européens sur le marché de l'emploi, les fines analyses du Seco sont au classement vertical ce qu'est le sac poubelle à la ménagère. Ou à l'homme au foyer !

 

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24 mai 2012

La Julie reprends-toi!

La campagne de l'ASIN pour la votation fédérale du 17 juin concernant son initiative sur les traités internationaux déroute notre bonne Tribune. Outre le petit couplet reprochant la proximité de l'association (pourtant largement ouverte à tous ceux qui défendent la neutralité et l'indépendance de la Suisse, quelque soit leur parti) avec l'UDC et Christoph Blocher, il est fait référence à un ancien politicien aussi brillant que dérangeant, James Scharzenbach. Ce dernier avait déposé une initiative que le journaliste juge similaire à l'initiative de l'ASIN. Il évoque 1977. Il aurait été bien inspiré de lire Le Temps d'aujourd'hui qui propose à ses lecteurs l"L'histoire mouvementée du référendum sur les traités". Il aurait ainsi pu se rendre compte que l'initiative de l'Action nationale a été déposée en 1973 et réclamait le référendum facultatif pour tous les traités internationaux, qu'elle que soit leur durée et surtout d'y exposer rétroactivement l'ensemble des traités signés par la Suisse.

Assurément, cette ancienne initiative n'est pas "similaire" à celle de l'ASIN qui demande, pour des cas bien précis, le référendum obligatoire, pour des traités internationaux d'importance. Cela implique que la parole n'est pas seulement donnée à la population, mais aussi aux cantons. C'est respecter le fédéralisme - de plus en plus méprisé par la classe politique dominante - et adapter la démocratie directe au formidable développement du droit international. Et c'est urgent! (voir www.accords-internationaux.ch)

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22 mai 2012

Participation électorale : La carotte, pas le bâton !

Oui, la participation populaire aux scrutins est trop faible. Sans doute, certains résultats importants auraient été autres. Non, il ne faut pas punir ceux qui ne se rendent pas aux urnes. Parce que s'abstenir ou ne pas voter fait partie de nos libertés de citoyens suisses. Mais faut-il baisser les bras devant l'abstentionnisme, proche trop souvent des 50% de participation ? La solution pourrait être de récompenser ceux qui font vivre notre démocratie directe, ceux qui participent aux scrutins, ceux qui se font un devoir de voter ou d'élire. En quelque sorte, mettre en pratique le principe du bâton ou de la carotte. L'incitation ou la menace ? La récompense ou la punition ? Tu votes ? Genève te remercie et une déduction fiscale est faite sur tes impôts. Tu ne votes pas ? Tu paies tes impôts plein pot ! Ce qui n'est pas une punition, à proprement parler.

Déposée sous forme de motion, cette proposition veut aussi bien inciter les citoyens à voter que remercier ceux qui votent. Cela pourrait être 10 ou 15 francs par sujet. Ou plus. Ou moins. Au Conseil d'Etat de trouver le juste équilibre, le juste prix.

 

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