23 janvier 2013

CAP : la gauche et le PLR coûtent très cher aux contribuables

Au terme d’un long débat, une majorité composée par toute la gauche et le PLR a accepté le crédit budgétaire de 120 millions de francs destiné à compenser la baisse du taux technique de la CAP. L’UDC y est totalement opposée, arguant qu’il n’est pas obligatoire de verser cette somme dans la caisse de pension des fonctionnaires municipaux, qu’il faudra s’attendre à répéter l’exercice plusieurs fois et que le seul résultat certain est la hausse magistrale  de sa dette.

Les explications données par Sandrine Salerno n’ont pas contredit les arguments UDC. Sans le versement de 120 millions, la magistrate en charge des finances a expliqué que le taux de couverture est ramené de 78% à 75%. Et alors ? Les retraites ne sont pas touchées par cette baisse et la Fondation de la CAP a quarante ans pour parvenir à un taux de couverture de 80%, tel qu’exigé par la Confédération. Non, vraiment, le vote de ce soir n’est dû qu’à l’entêtement de la gauche qui soutient mordicus le principe très coûteux de primauté de prestations pour ses fonctionnaires. Ce qui n'est pas le cas du PLR. Mais alors, quelle était la motivation des fusionnés pour voter avec la gauche ?

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21 janvier 2013

CAP : le groupe UDC-Ville de Genève ne soutiendra pas l’amendement punitif du PLR !

Je lis à l’instant sur le site de La Tribune l’interview de Sandrine Salerno réalisé par Olivier Francey. Il y est fait mention d’un soutien des conseillers municipaux UDC-Ville de Genève à un amendement PLR qui sera présenté mardi lors de la plénière du Conseil municipal du 22 janvier. Il y sera exclusivement question du projet présenté par le Conseil administratif de la Ville de Genève concernant la transformation de la CAP en fondation et du crédit budgétaire supplémentaire de 120 millions destinés à compenser l’abaissement du taux technique (PR-998). L'amendement libéro-radical demande à la municipalité de rembourser cet emprunt en dix ans. Soit 12 millions de francs plus les intérêts à déduire des dix prochains budgets.

Lors de son caucus tenu samedi dernier, le groupe UDC a décidé de ne pas soutenir cet amendement, jugé clairement punitif pour les finances de la Ville alors que personne ne sait exactement comment s’orienteront les recettes fiscales. Plutôt que de voter pareille dépense qui n’est ni obligatoire ni même nécessaire, le PLR serait bien inspiré d’aller pour une fois jusqu’au bout de ses éternels gémissements en matière de dépenses publiques. Pour mémoire, ses commissaires ont voté en commission des finances cette somme astronomique qui aura pour seul résultat d’alourdir la dette de la plus grande commune du canton, dette qui passera à 1,5 milliards de francs. Quant à l’UDC, elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter aux contribuables de payer les aléas d’une caisse de pension bien trop généreuse envers ses employés (retraite à  64 ans et pension égale au 70% du dernier salaire), ses commissaires aux finances ayant non seulement refusé ce projet de délibération mais également déposé un rapport de minorité.

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Ville de Genève : le groupe UDC débute l’année pied au plancher

En ce début d’année, les élus UDC-Ville de Genève ont déposé deux nouveaux textes et un rapport de minorité sur le bureau du Conseil municipal. Il s’agit d’une résolution s’inquiétant du sort des artisans exerçants leurs activités dans les anciens bâtiments d’Hispano-Suiza. En effet, la démolition de ces immeubles s’approche à grand pas, les locataires des lieux ayant reçu une prolongation de bail jusqu’au 31 décembre 2013. L’une des invites demande au Conseil administratif comment la Ville entend maintenir son stock de surfaces selon le plan directeur communal pour des emplois économiquement fragiles mais socialement utiles » après la disparition de ces locaux.

Une motion a également été déposée. Elle est intitulée : «Pour une Ville de Genève pionnière en matière d’encouragement à l’intégration des étrangers». Si l’UDC s’est opposée de toutes ses forces à une loi offrant le droit de vote aux étrangers, le groupe de conseillers municipaux UDC constate, qu’après le vote sur cet objet puis l’adoption de la Constituante, de nombreux étrangers bénéficiant du droit de vote communal ignorent s’ils en ont l’exercice et, cas échéant, comment l’exercer.

Ce constat de terrain, tiré après avoir tenu de nombreux stands publics, se trouve confirmé dans le Rapport sur l'évolution de la politique d'intégration de la Confédération du Conseil fédéral du 5 mars 2010, dit Rapport Schiesser, qui fait justement état du fait qu’une partie des étrangers vivant en Suisse sont insuffisamment informés de leurs droits et devoirs et qu’il faut y remédier.

C’est pourquoi le groupe UDC-Ville de Genève demande au Conseil administratif, cas échéant en concours avec le Bureau de l’intégration, d’entreprendre toutes démarches utiles, en passant notamment par les Maisons de quartier, les bibliothèques et les associations concernées, afin d’informer les étrangers qui en sont bénéficiaires, tant de l’existence de leur droit de vote que de ses modalités d’exécution par, notamment, l’organisation d’une votation fictive, d’une campagne d’affichage et de sensibilisation, l’édition d’un numéro spécial de « Vivre à Genève », la distribution de brochures, etc.

Le groupe UDC note avec amusement que la gauche accueille froidement ce texte. Sans doute est-ce là un réflexe de chasse-gardée face à un thème capturé de longue date par la gauche. Mais force est de constater qu’après avoir mené campagne pour octroyer le droit de vote communal aux étrangers, rien n’est sérieusement entrepris par les élus de l’Alternative pour amener ces mêmes étrangers à participer aux scrutins communaux. Un vote que ne craint pas l’UDC, bien au contraire. Par sa démarche constructive, les élus UDC espèrent ainsi favoriser l’intégration d’une population forte de 35'000 personnes et dont une bonne partie partage le programme de notre parti.

Enfin, le groupe UDC a déposé un rapport de minorité contre le versement de 120 millions de francs à la caisse de pension des fonctionnaires de la Ville de Genève (CAP) suite à l’abaissement technique de son taux à 3,5%. Cet objet sera traité demain lors d'une séance extraordinaire du Conseil municipal. Un versement qui, selon le groupe UDC, ne permettra pas à la CAP d’assurer solidement les pensions de ses retraités et qui, plus est, n’est pas obligatoire. 120 millions de francs qui viendront grossir la dette de 1,4 milliards de francs de la commune de Genève alors que le délibératif se bat pour équilibrer son budget comme ses investissements.

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09 janvier 2013

Gil Dumartheray, patriote et militant inlassable

Gil Dumartheray s’est éteint le 2 janvier dans sa 93ème année. Il fut une référence pour tous les patriotes qu'animait le combat politique, par sa réflexion tranquille, par sa pondération naturelle qui n'excluait aucunement des convictions fermes. Jeune militant au « Réveil civique » dès 1954, il fut de ceux qui dénoncèrent, dix ans plus tard, la pièce « Le banquier sans visage », prélude à la naissance du mouvement patriotique Vigilance dont il fut l’un des membres fondateurs. Pour Gil Dumartheray, Vigilance est «  un mouvement civique, non pas un parti, car qui dit parti, dit défense des intérêts d’une classe contre ceux des autres ». Tout est dit ou presque...

Il fut député de 1965 à 1969, puis conseiller municipal à la Ville de Genève de 1971 à 1987. Il fut candidat au Conseil administratif en 1975 et présida Vigilance de 1974 à 1982. Il s’occupa enfin, vers les années 1990, de l’association « L’Equipe » qui participa à de nombreuses votations par le biais de petites annonces particulièrement bien rédigées.

Son amour de la politique lui fit traverser un demi-siècle d’histoire genevoise. L’on s’amuse à parcourir toutes ces années durant lesquelles les mêmes sujets s’entrecroisent, hier comme aujourd’hui. Gil Dumartheray se battait pour sauver la Rade (référendum en 1972), contre la municipalisation des employés du Grand Théâtre ou la reconstruction de l’hôtel Métropole (1976). Sur ce dernier sujet, on retrouve dans l’une de ses interventions toute la philosophie politique du conservateur qu’il était: « Il s’agit de restaurer ce qui existe pour éviter l’enlaidissemenGenève de 800'000 habitantst de la Rade et toute aventure financière ». L’on ne parlait pas encore du Stade de Genève…

En 1983, entouré des fidèles de Vigilance, Arnold Schlaepfer, Mario Soldini, Robert Cramer, Jean-Jacques Favre, il expliquait ses préoccupations  face à l’expension de la Genève de 800'000 habitants qui sera surpeuplée, cosmopolite et bétonnée ». Et d’interroger les Genevois : Faut-il être nombreux pour vivre heureux ?

Protestant luthérien libéral, ardent patriote, défenseur inaltérable de la neutralité permanente et active, il s’engagea inlassablement dans tous les combats politiques qui mettait à mal l’armée ou l’indépendance de la Suisse. Opposé comme il se doit à l’entrée de la Suisse dans l’ONU (1985), il pose le problème en termes simples : « Comment la Suisse pourrait-elle se comporter en Etat réellement neutre dans une institution dont le rôle est précisément d’intervenir dans les conflits qui agitent la planète ? ».

Le sens de la formule, l’amour du slogan bien fait, les mots choisis animaient cet horloger-bijoutier : « Les Vigilants doivent rester princes de leur ville » ou « Les Vigilants sont les extrémistes de la modération » firent mouche auprès des électeurs durant un bon quart de siècle. Journaliste du Journal de Genève, Françoise Buffat qui n’a jamais porté Vigilance dans son cœur n’en relevait pas moins les qualités indéniables de Gil Dumartheray : fin et cultivé, il avait le sens des nuances. S’exprimant sur la disparition de ce même journal, il écrivait en juillet 1997 : « Puisse votre adieu être au revoir ». La formule est belle, réaliste mais cerclée d’espoir en l’avenir. Tel était Gil Dumartheray. Que ce combattant repose en paix.

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04 janvier 2013

Fédéralisme : Il est grand temps de relire Gonzague de Reynold

Le Temps de ce jour nous annonce que "la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS) demande une loi sur l’aide sociale à l’échelle nationale. Le système actuel (1) très imprégné de fédéralisme est insatisfaisant, a déclaré le président de la CSIAS, Walter Schmid, lors d’une conférence de presse jeudi à Berne".

Faut-il une loi fédérale pour harmoniser (imposer!) les montants d'aide sociale aux cantons? Sans entrer dans le débat, la question de la mise au même niveau de tous les cantons se pose. Et évidemment, celle de la souveraineté cantonale. Donc du fédéralisme.

Voici quelques semaines, le peuple a accepté une loi fédérale sur les épizoties. Jusqu'à sa mise en application, ce sont les services cantonaux vétérinaires, proches des propriétaires d'animaux, qui exerçaient la surveillance nécessaire pour lutter contre les épizoties et déclencher si nécessaire des mesures. Dorénavant, ce seront des fonctionnaires fédéraux qui règlementeront ce domaine.

En mars prochain, nous voterons une révision de loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT). Elle servira de contre-projet à l'initiative Pro Natura. La LAT a été évoquée dans les années 1960 et après moultes discussions, une version peu astreignante est adoptée en 1979. L'aménagement du territoire a de tout temps été l'affaire des cantons. A lire les analyses de la révision de la LAT faites par les magistrats cantonaux, ces derniers ont intégrés depuis longtemps les principales dispositions sans y être contraints par Berne (voir L'Hebdo du 3 janvier 2013).

Il en a été de même pour l'enseignement. Pour harmoniser la date de rentrée des classes, il n'y avait pas d'obligation à mettre sur pied Harmos. Encore une prérogative cantonale qui passe en mains bernoises. Nous avons un Office fédéral de la culture qui permet à des fonctionnaires fédéraux de distribuer de nouvelles subventions (sans que celles qui sont accordées par les cantons ne soient remises en cause). Et aussi à se ballader au festivale de Locarno. La culture est affaire de terroire, de culture locale. Elle n'exclut nullement la venue de prestigieux artistes. Le Grand Théâtre de Genève ou le ballet Béjart de Lausanne n'ont pas attendu que soit mis sur pied un pompeux Office fédéral de la culture. Et ainsi de suite.

La Suisse est une Confédération. Elle n'est pas une nation. Au mieux, elle est un pays, avec des spécificités bien particulières. Les ignorer, c'est soit faire preuve de sottise, soit faire de la Suisse un simple état centralisé, corvéable à merci selon les modes politiques dans "un grand tout". Dans les deux cas, c'est prendre le risque de dissoudre une alliance vieille de plus de 800 ans qui, elle, a fait ses preuves.

C'est pouquoi il n'est pas inutile de tirer quelques passages de l'ouvrage rédigé par Gonzague de Reynold et intitulé "Défense et illustration de l'esprit suisse" (1939) pour rappeller ce qu'est le fédéralisme : La Suisse s'est formée non par unifications, mais pas agrégations; elle s'est constituée non pour fondre les groupes humains dans un grand tout, mais pour leur assurer leur être propre, leur autonomie (...) C'est ce que l'on appelle le fédéralisme. Il ne doit pas être confondu avec le régionalisme ni avec la décentralisation. Le régionalisme et la décentralisation excluent tout principe de souveraineté et ne sont que des concessions administratives faites par un pouvoir centralisé (...) Les cantons suisses ne sont point de simples divisions territoriales. Ils sont républiques.

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(1) Les prestations de l’aide sociale sont réglées aujourd’hui par les cantons et les communes et peuvent varier. Les normes édictées depuis 50 ans par la CSIAS ne sont que des recommandations aux autorités locales.

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