20 février 2013

Clandestins et places d'apprentissage: intervention au Conseil municipal

Il faut toujours se méfier des bons sentiments. Soit ils sont spontanés et c’est sympathique. Soit ils sont calculés et il faut s’en méfier. C’est cette deuxième catégorie de sentiment qui anime ces deux motions. Il n’y a pas de solution au problème de la clandestinité hormis le respect de la loi et la régularisation si cela est possible. Ces deux motions sont une tentative de passer par-dessus les lois et elle se frotteront tôt ou tard à la réalité. Une réalité que ne veulent pas admettre les auteurs de ces motions. A commencer par l’utilisation du terme de « sans-papiers » qui est imprécise et inadéquate et qui a pour but de minimiser l’importance de la violation de la loi, en utilisant une formulation suggérant un simple problème administratif. Une personne qui conduit sans permis est aussi un « sans-papiers ». Application du droit fédéral ou pas, il s’agit donc en réalité de clandestins, de personnes qui violent les lois. Les propositions qui nous sont faites sont dès lors une prime à la délinquance ! Il est intéressant d’observer les efforts déployés dans les considérants pour utiliser certains éléments d’ordre législatif – comme le « droit à l’éducation » par exemple – pour précisément nier nos lois et offrir des avantages à ceux qui les violent. Un autre considérant tiré de la motion 908 du PDC rappelait une précédente motion intitulée « Contre l’inégalité de traitement ». C’est fort révélateur du fait, contraire à toute logique, que l’on veut bel et bien une égalité entre ceux qui respectent la loi et ceux qui ne la respectent pas ! La question que l’on doit se poser est dès lors : - Comment une telle mesure, s’ajoutant à d’autres, sera-t-elle perçue à l’étranger par ceux qui envisagent d’immigrer illégalement, sinon par le fait qu’il est préférable de se rendre en Suisse plutôt qu’ailleurs car on y bénéficie d’avantages certains quand bien même on y est clandestins ? Pour des raisons essentiellement économiques, ceux qui désirent quitter leur pays pour venir dans un pays européen sont toujours plus nombreux. Ils choisissent leur destination selon les avantages et l’attractivité des pays dits d’accueil. Nous n’échappons pas à l’obligation de nous demander comment une telle mesure sera comprise dans les pays d’émigration. La question essentielle pour nous est donc : - Doit-on encore augmenter notre attractivité ? Or, en Suisse, sans accès à une mer ou à un océan, sans tradition coloniale, dont le territoire est restreint, nous avons déjà l’un des taux d’étrangers les plus élevés d’Europe. Nous en avons, selon les statistiques de l’Union européenne, près de trois fois et demi plus que la moyenne de n’importe quel pays membre de l’Union européenne. Pour Genève, on constate quotidiennement que les conséquences sont intenables pour ses habitants, notamment dans le domaine du logement, où depuis quarante ans, les partis qui se sont succédés à l’exécutif ont été incapables de résoudre ce problème. Peut-on, dans ces conditions, ignorer le message d’appel à une plus forte immigration que serait inévitablement la mesure illégale proposée par ces deux motions? Le groupe UDC vous rappelle que l’Union syndicale Suisse s’alarme régulièrement sur les 10'000 jeunes qui restent sur "le carreau" pour reprendre leurs termes et demande la création de 5'000 places d’apprentissages. On peut pinailler tant qu’on veut en affirmant que les clandestins choisiraient des domaines qui n’intéressent ni les Suisses, ni les étrangers établis légalement. L’essentiel subsiste, l’UDC le dire et le répète : Toute place d’apprentissage qui serait illégalement attribuée à un clandestin serait en réalité volée à un jeune Suisse ou à un étrangers établi régulièrement à Genève. A notre époque marquée par une incivilité croissante, veut-on vraiment donner à la jeunesse le message que l’illégalité est récompensée, avec en prime une place dans l’administration publique, rétribuée par les contribuables ? "Nul ne saurait tirer un profit de la situation dans laquelle il s'est illégalement mis". Ce principe qu'aimaient rappelé les Romains est toujours de mise et résume parfaitement la position de l’UDC qui refusera ces deux motions.

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