07 juin 2013

Mais que sont devenus les clandestins de l’immeuble de la Jonction?

C’est un dossier lancinant. Les milliers de clandestins (entre 10'000 et 15'000) qui vivent sans trop de problèmes à Genève trouvent beaucoup de mansuétude auprès de la classe politique toute confondue mais avec une motion spéciale pour le PDC. Il y eu M. Dominique Föllmy qui passa par-dessus les lois pour conduire un enfant de clandestins à l’école. Puis ce fut Luc Barthassat qui tordi à son tour la loi pour que les jeunes clandestins puissent trouver des places d’apprentissage. Dernièrement, Guillaume Barazzone annonce sans trop de soucier de son serment de magistrat que si les agents de police municipale reçoivent les compétences pour appliquer la loi sur les étrangers «il n’y aura pas de traque aux sans-papiers (1)».

Pendant ce temps, les citoyens suisses et étrangers, établis régulièrement sur notre canton ont le plaisir de payer leurs impôts, leurs factures et toutes les amendes possibles et imaginables qui leurs tombent dessus. Avec en prime, les difficultés connues pour trouver un logement à un prix convenable.

La grande mansuétude des élus (et de la presse!) de ce canton se manifesta à nouveau lorsque dans la nuit du 12 au 13 février 2012, un grave incendie ravagea l’immeuble sis au 9, avenue de la Jonction, prenant de surprise environ 80 personnes. Parmi les victimes, la Ville de Genève a recensé une quarantaine de sans-papiers, principalement des Boliviens, soit 16 foyers sur les 36 foyers sinistrés.

Ainsi, depuis le drame, certains sans-papiers ont disparu dans la nature tandis que les autres ont été pris en charge par la Ville, le Canton, l’Hospice général, Caritas et la Croix-Rouge.

Ces clandestins ont été nourris, logés et aidés dans leurs démarches administratives. Ils ont en outre reçu de l’argent, des habits, ainsi qu’un abonnement TPG, pendant que les autorités et quelques régies privées se pliaient en quatre pour les reloger, de façon provisoire, l’Etat et la Ville ayant suggéré en boucle qu’une demande de régularisation en bonne et due forme permettrait aux clandestins de bénéficier de logements pérennes.

C’est ainsi qu’en mars 2012, trois familles avaient entamé une procédure de régularisation de leur séjour.

Un peu plus d’une année cet incendie, je demande par le biais d’une interpellation écrite au Conseil administratif de m'indiquer :

- Quelle suite le Département de la cohésion et de la solidarité a donné aux dossiers de tous ces sans-papiers ?

- Quel a été le coût détaillé de l’aide totale apportée par la Ville de Genève à ces personnes ?

- Combien de personnes/familles ont à ce jour tenté de régulariser leur séjour en Suisse et y sont parvenues?

- Que sont devenues les personnes qui n’ont pas tenté de régulariser leur séjour en Suisse ?

- Si, parmi ces sans-papiers, certains occupent toujours des logements appartenant à la Ville de Genève?

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(1) L'appellation "sans-papier" est fausse. Ce sont des clandestins ou des illégaux qui ont leurs papiers d'identité et dont certains retournent au pays pour passer leurs vacances.

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Commentaires

Quel accueil aura votre interpellation ? Si le sinistre survenu en 2012 a mis la lumière sur l’existence d’un immeuble occupé par une majorité de clandestins vivant en toute illégalité et tranquillité, on peut se poser une question légitime :
« Combien y a-t-il d’immeubles occupés par des illégaux et répertoriés comme tels à Genève ? ». Sans doute plus d’une dizaine. Avec une inconscience crasse les autorités communales et cantonales laissent faire. Ce phénomène devrait interpeler l’Office fédéral des migrations, mais à quoi sert cet office fantôme ?

Écrit par : Mygalon | 07 juin 2013

Au lieu de les "traquer" on peut tenter de les légaliser. Pour qu'ils puissent travailler plus sereinement (parce qu'ils travaillent!!!) et payer des impôts. Ils feront ainsi partie de la société au lieu de vivre en marge.

« j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; j’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir. » (Matthieu 25.35-36)

« vous aimerez l'étranger qui vit parmi vous» (Deutéronome 10.19)

Écrit par : Jack_line | 25 juin 2013

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