06 août 2013

Election des juges : Il faut que le MCG tienne sa promesse !

C’est un maquignonnage que  l’élection des juges par le Grand Conseil et le MCG a mis le doigt sur un véritable problème. L’exercice consistant, pour les candidats à la Magistrature, à trouver le parti qui leur permettra d’obtenir le poste recherché. L’actuel système leur impose un bien curieux parcours, qui n’a rien à voir avec une appartenance politique ou non. Du côté du parti, c’est à peu près la même démarche qui leur imposée, avec la recherche de candidats plus ou moins proches, pour obtenir un représentant au Ministère public. Puis, c’est le marchandage entre partis en place, les dés étant pipés une fois les candidatures présentées au Gd Conseil, même si il y a plusieurs prétendants. Ce système est d’autant plus curieux que ces mêmes juges doivent être indépendants une fois élus.

Il est donc temps de se poser la question de la survie de ce système et la possible initiative du MCG tombe bien. Espérons qu’il tienne sa promesse et que l’on parvienne ainsi à dépolitiser ces nominations. D’autant plus que, par exemple, l’élection des magistrats de la Cour des comptes a montré que les partis ne sont pas nécessairement garants de la qualité des candidats qu’ils proposent.

A Genève, ce n’est pas seulement le système de nomination des juges au sein du ministère public qu’il convient de revoir comme le propose le MCG, mais l’ensemble des nominations aux postes importants, y compris ceux des régies publiques. La mainmise des partis en place sur ces postes verrouille toute possibilité aux nouveaux partis de placer leurs propres candidats, avec pour conséquence d’obliger les personnes intéressées à choisir des partis possédant ces fameux sésames. On le comprend aisément, les élections aux exécutifs cantonaux et même communaux sont bien plus que le simple succès d'un parti: c'est l'accès à un système de prébendes et aux retours attendus qui leur permet, tel un mouvement perpétuel, d'assurer leur avenir.

L’initiative MCG est donc une première étape pour casser une véritable cartellisation de la politique genevoise, héritage des belles années des partis aujourd’hui vieillissants. 

18:37 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le MCG fera ce qu'il a dit et le texte est pratiquement terminé. Il faut que les Genevoises et les Genevois sachent enfin comment celles et ceux qui devront peut-être un jour juger leur cause, sont choisis puis élus.
Les juges eux-mêmes, dans leur grande majorité, regrettent le système actuel. Comment peut-on en effet exiger d'un futur magistrat du pouvoir judiciaire, dont la qualité première devra être l'indépendance, de commencer par s'assujetir à un parti politique?
Les seuls qui peuvent vouloir le maintien du système actuel, à part les partis eux-mêmes, sont les candidats dont les qualités personnelles et professionnelles seraient insuffisantes sans l'appui d'un parti.
De ces candidats, Genève n'a pas besoin.

Écrit par : mauro poggia | 06 août 2013

Il y a une autre manière de voir la réaction du MCG :

Celui-ci n'ayant dans ses propres rangs aucun candidat potentiel est allé débauché un jeune ambitieux dans un autre parti pour essayer d'avoir un juge avec l'étiquette MCG au sein de la magistrature.
Son seul et unique candidat n'étant pas à la hauteur, le MCG se vexe.

Le pire dans cet histoire est que justement le MCG a il y a 2-3 mois eu une tactique purement politicienne pour placer un MCG alors qu'elle n'avait pas de candidat valable et maintenant elle ne veux pas de décision politique.

Si on veut des juges de qualité et on ne cherche pas à tout prix à placer l'un des leurs, ce qu'a essayer de faire le MCG.

Écrit par : Philippe C. | 07 août 2013

Les commentaires sont fermés.