31 décembre 2013

2014 : Allons-nous nous faire empapaouter ?


Je ne résiste pas au plaisir de reproduire, avec son autorisation, un texte reçu ce jour de mon collègue Jacques Pagan. Un texte d'une vista politique que je partage mot à mot (et plus encore après avoir écouté le discours de Pierre Maudet prononcé hier lors de la cérémonie de la Restauration), qui sonne ce 31 décembre comme un bilan pour 2013 et comme un avertissement pour 2014.

Malgré tout, ne perdons pas courage. Je vous souhaite le meilleur pour la nouvelle année, pour vous et les vôtres, et pour notre pays, sans oublier de préciser que nos vœux ne pourront être exaucés qu'à la condition que chacun prenne une part active à leur réalisation : en politique, il n'y a pas de miracle, seuls les actes comptent.

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Juste une pensée en cette veille de la Nouvelle Année et alors que la Restauration vient d'être fêtée à Genève, avec l'apologie du rattachement de notre République à la Confédération (voir la TG électronique de ce jour).

Le lustre exceptionnel donné  à ce dernier événement qui sera fêté sur deux années (!) est à trouver dans le symbole qu'il véhicule, à savoir la nécessité de faire partie d'un plus grand ensemble politique pour assurer notre sécurité et davantage nous ouvrir au monde extérieur et pouvoir ainsi profiter de sa manne commerciale, industrielle et financière - cela même si nous devons perdre quelques plumes au passage, sacrifice peut-être coûteux mais ô combien dérisoire par rapport aux avantages ainsi obtenus !

Tout ceci "pue" la campagne du OUI en faveur de l'adhésion - sous une forme ou une autre, mais l'adhésion au plan des institutions, ce qui signifie, à terme, la perte des droits populaires de démocratie directe - à l'UNION EUROPEENNE, rien de plus. Le discours lénifiant d'autosatisfaction que nos autorités se proposent de nous adresser durant ces deux années cache ainsi, en réalité, un tout autre discours, lequel va, lui, en sens contraire pour briser la résistance des milieux conservateurs et rétrogrades qui entendent conserver notre pays dans l'état d'isolement politique qui est le sien aujourd'hui, un état fermé au monde envers lequel il n'assume plus les élémentaires devoirs de solidarité voulus par la communauté internationale et les droits de l'homme (qui ne cessent d'enfler en théorie, alors que leur respect est de plus en plus violé dans toutes les parties du monde).

Ce type de message a déjà été entendu par le passé (1992 - CEE), notamment dans la bouche du CN libéral genevois Jacques-Simon EGGLY. Il est toutefois nouveau en ce sens qu'il est maintenant repris par les autorités politiques démocratiquement élues - autorités pour lesquelles une quelconque adhésion institutionnelle de notre pays (donc de Genève) à l'UNION EUROPEENNE n'a pourtant jamais été intégrée dans le programme de leur campagne ayant permis leur élection (et pour cause !).

Nous sommes en train de nous faire splendidement "empapaouter" sous le couvert de beaux sentiments et d'arguments en trompe-l'œil. Notre vigilance est en train d'être battue en brèche de par la faiblesse de nos convictions, notre perte de civisme, par la baisse de notre zèle démocratique et par l'incompétence sans cesse grandissante des élus de tous bords politiques. A cela s'ajoute le recours de plus en plus fréquent et généralisé, par le pouvoir, à des procédés de psychologie collective particulièrement subtils et propres à endormir la méfiance - donc à tromper - le bon peuple qui a, par ailleurs, d'autres problèmes, autrement plus vitaux (travail, logement), à résoudre dans l'immédiat pour s'assurer une vie décente (quand il ne s'agit pas tout simplement de sa seule survie).

De son côté, le référendum FACTA qui peine à voir le jour - et ne le verra vraisemblablement pas -  est révélateur de cette impuissance collective à réagir qui est désormais la nôtre et dans le cadre de laquelle chaque citoyen a pleinement sa part de responsabilité.

Nous allons assurément changer d'année. Nous allons aussi changer de régime politique et ainsi assassiner sciemment la Suisse qui nous vu naître et nous a pourvus des moyens institutionnels indispensables pour assurer notamment notre indépendance, notre souveraineté, notre liberté individuelle, notre liberté économique, nos droits politiques de démocratie directe et notre fédéralisme ! Tout cela en fêtant joyeusement l'entrée de Genève dans la Confédération suisse ! Quelle dérision ! Quelle misère ! Pauvres de nous !

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10 décembre 2013

Un discours de St-Pierre remasterisé

"Une place pour chacun", voilà le but que poursuivra ces cinq prochaines années le gouvernement genevois. Et de creuser un peu plus le sujet : travailler, se loger, se déplacer. Fort bien. Prenons dans l’ordre ce menu 2013/2018.  Le travail tout d’abord. Le Conseil d’Etat entend protéger les emplois les plus exposés. On imagine que François Longchamp évoque les difficultés que rencontre nombre de travailleurs genevois face à une immigration totalement incontrôlée et à son corollaire, le dumping salarial. D’autant plus qu’il n’a pas craint de citer parmi les priorités gouvernementales les emplois locaux. Eh bien non ! Le nouveau président du Conseil d’Etat restera fidèle à l’engouement de ses prédécesseurs pour les accords bilatéraux et évidemment pour la libre circulation. A part les emplois de solidarité, dont plus beaucoup de collectivités publiques ne veulent plus, aucune solution choc n’est en vue pour lutter contre un taux de chômage qui est le plus élevé de Suisse.

Se loger. Là aussi, rien de bien nouveau. Le Plan directeur cantonal 2030, avec ses inévitables 100'000 personnes de plus et le Grand Genève pour tout remède restent le programme politique privilégié du Conseil d’Etat. Et j’oubliais : la surdensification de notre canton et surtout de nos communes.

Se déplacer, enfin. A part le CEVA, aucune solution genevoise en vue pour soulager le trafic. Le salut, financier du moins, ne viendra que la Confédération. Il concernera l’élargissement de l’autoroute de contournement, l’agrandissement de la gare de Cornavin. En sous-sol ? Mystère. Et l’empiètement des voies de circulation pour la construction de nouvelles lignes de trams. Quant la traversée du lac (pas de la Rade!), l’exécutif prévient déjà qu’il ne pourra pas la financer. Voilà le biker prévenu !

On devine que le nouveau Conseil d’Etat n’est pas parvenu à dégager une politique qui sorte des sentiers battus. Il se bornera à respecter les « engagements pris », dans une continuité qui rassurera les milieux syndicaux et patronaux. Mais les Genevois sont prévenus : la pression migratoire restera ce qu’elle est actuellement pour les milliers de personnes sans travail : insupportable ! Mais le 9 février, tout pourrait bien changer pour ces immobilistes...

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