11 novembre 2014

ECOPOP: UN DÉBAT SUR LA SURPOPULATION

Ainsi donc, il y a des bons et des mauvais écolos. Les bons écolos veulent sauver la nature tout en laissant jouer la libre circulation allant même jusqu’à afficher, pour certains d’entre eux, leur préférence pour les Africains qui consomment moins que les Suisses. Les mauvais écolos jugent qu’il faut limiter l’immigration à ​quelques ​17’000 étrangers par an pour ne pas pénaliser nos ressources naturelles, pour ne pas grignoter notre espace et pour ne pas bétonner toujours davantage ​ notre beau pays​. Les uns sont contre Ecopop, les autres sont pour.
 
Nonobstant le chapitre de l’initiative concernant le planning familial, Ecopop pose la question du rapport presque mathématique entre l’espace géographique de la Suisse et sa population. Notre pays, d’une superficie totale de 41’000 km2, n’offre que 13’000 km2 de surface habitable. Avec 8 millions d’habitants, la Suisse connaît une densité de 615 habitants par km2. C’est trois fois plus que nos voisins allemands ​et​ italiens, cinq fois plus que les français ou les Autrichiens. Pire, la ville de Genève connait une densité de 12’187 bipèdes par kilomètre carré. La ville de Genève est plus peuplée que New-York ou même Hong Kong. Certes, Macao fait mieux avec 18’612 hab/km2…
 
C’est clairement un débat sur la surpopulation et non sur l’immigration que nous propose Ecocop. Un autre débat que celui du 9 février, celui de la concurrence du marché du travail, de l’aide sociale, ​voire pour certains ​de la xénophobie. Ecopop pose une question de promiscuité: jusqu’où avons-nous envie de nous serrer les uns contre autres, jusqu’où avons-nous envie de brader nos espaces verts?
 
Depuis l’ouverture de nos frontières, une immigration massive déferle sans trêve en Suisse. 50’000 travailleurs européens en 2006, année de l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation. Puis ce chiffre augmente rapidement. En 2013, la Suisse voit s’installer sur son sol 90’000 travailleurs, soit 557’000 nouveaux résidents en seulement sept ans. Ce chiffre est formidable pour notre petit pays. Quel autre pays européen connait une augmentation pareille de sa population?
 
Un demi-million d’étrangers se sont installés en Suisse en quelques années. Leurs venues s’accompagnent évidemment de la construction d’infrastructures nombreuses couvrant notre territoire d’écoles, de crèches, de terrains de sports et autres piscines, d’hôpitaux, d’immeubles, de supermarchés, etc. Mais aussi de l’adaptation des installations de distribution d’eau propre et du traitement d’eaux usées, de centrales électriques et nucléaires, de construction de nouvelles voies ferroviaires, de gares, du développement du réseau routier.
 
Le développement et la construction de ces infrastructure ne s’est pas faite, n’a pas pu se faire, au fur et à mesure de l’installation de centaines de milliers de personnes en quelques années. Le coût sera phénoménal pour la plupart des collectivités publiques endettées. Il faudra engager des dizaines de milliards de francs et l’empreinte écologique sera profonde pour notre pays aux ressources naturelles précieuses.
 
Nos politiciens n’ont rien prévu malgré leurs discours en faveur de la libre-circulation. Ils ne prévoient pas grand-chose à vrai dire, pas plus les coûts de Schengen-Dublin, celui du pont de la Poya ou du Stade de Genève. Aujourd’hui, la population suisse souffre d’une grave perte de la qualité de vie. Un exemple parmi d’autres de l’afflux massif de nouveaux arrivants: circuler à Genève et découvrir chaque jour de nouveaux chantiers, des routes barrées, des place de parking interdites, des ​trams et des ​bus gigantesques en file indienne paralysant le trafic. Tous sont pénalisés: les professionnels, les privés et les touristes!
 
Ecopop propose un débat sur l’avenir de la Suisse. L’initiative nous oblige à nous préoccuper des effets négatifs que produits l’immigration sur les ressources naturelles de notre pays. Elle appelle à une prise de conscience salutaire. Pas uniquement sous l’angle de l’économie. Sous l’angle de l’héritage. Quel pays laisserons-nous à nos enfants, aux Suisses et même aux étrangers qui s’y sont établis?
 
Ce texte est paru dans  Politeia!

08:29 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |