17 décembre 2014

Lettre ouvert à mes amis du MCG

La politique est affaire de majorité. Tout le reste n’est que pipeau. Chaque année, l’exercice budgétaire nous le rappelle amèrement. Chaque année, nous ne pouvons que souhaiter bon vent à l’Alternative qui, elle, trouve une majorité parmi les partis qui la compose pour imposer son budget.

L’an dernier, l’Entente, l’UDC et votre mouvement ont fait trembler cette majorité. La marge était dans l’infidélité de quelques conseillers municipaux qui ont renié deux fois leur parole: à leur parti et à leur positionnement à droite. Mais à défaut d’avoir satisfaction, la cohésion trouvée l’espace du budget 2014 a laissé espérer un avenir qui sourirait à une droite élargie qui a cessé de se regarder en chien de faïence.

Cette année, le scénario était à peu près identique. Gauche contre droite. Nous nous sommes rencontrés et nous avons décidé de réunir nos forces pour combattre un budget 2015 particulièrement détestable. Le tour de passe-passe consistant à combler la diminution prévisible de l’impôt sur les personnes physiques par l’augmentation des taxes méritait un retour à l’expéditeur. La taxe sur le domaine public prouvait à elle-seule qu’il s’agissait bel et bien d’un budget de gauche destiné principalement à mener à bien sa politique, recherchant dans les poches des restaurateurs et des petits artisans la manne manquante.

On peut discuter de l’art et de la manière lorsque l’on dépose de nouveaux amendements en séances plénières sans les avoir étudiés en commission des finances. Il n’en reste pas moins que les amendements du PLR ou les vôtres étaient clairement destinés à obtenir un autre budget, à marquer une opposition commune à la gauche.

Contre vents et marées, nous avons tenu ensemble le cap. Mais alors, pourquoi avez-vous rejoint à la dernière bataille le navire que l'on combattait ?

Mes collègues UDC ont été déçu – restons aimables puisque nous sommes entre amis – par ce revirement totalement inattendu. Alors que le PLR et le PDC se sont montrés loyaux à nos côtés, vous nous la jouez filles de l’air, nous laissant tel l’amoureux de Madeleine avec notre bouquet de fleurs et nos projets. Cela fera bien rire certains d’entre vous. Un coup de Jarnac trouve toujours quelque admirateur. Mais il pose avant tout le problème de la fiabilité, de la confiance, du travail en commun. A quelques mois des élections municipales, et plus particulièrement celle au Conseil administratif, c’est un bien mauvais signal que vous nous adressez. Que reste-t-il de la volonté affichée ces dernières années par vos élus de dégager une majorité à droite, pour finalement basculer à gauche ? Que reste-t-il d’une troisième force politique nous réunissant et capable de rivaliser en sièges avec l’Entente et l’Alternative ? Je vous le dit franchement : une fois à droite, une fois à gauche, c’est vraiment du pipeau…

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