07 février 2015

La soumission de La Tribune de Genève

Dans son dernier roman « Soumission », Michel Houellbecq dénonce en une séquence le problème principal qui emprisonne toute la classe politique dans sa liberté de réflexion et de décision qui conduira peut-être à l’islamisation de notre continent. Dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle, Michel Houellbecq imagine le ralliement de la droite et de la gauche françaises à la Fraternité musulmane de Mohammed Ben Abbes, leur choix étant totalement conditionné par l'avenir de l’Union européenne. Là se situe l’ultime réserve: "En plus, il y a l'Europe, et c'est le point fondamental. Le véritable agenda de l'UMP, comme celui du PS, c'est la disparition de la France, son intégration dans un ensemble fédéral européen" (page 145).

La construction européenne et ses dogmes, liberté de circulation, disparition des frontières, pourvoir centralisé, l’euro, restent à ce jour l’horizon indépassable pour les politiciens en place, la référence ultime, le devoir moral. Il faut sauver l’Union européenne, un point c’est tout !

Ce roman d’anticipation – « Je procède à une accélération de l’histoire » a précisé l’auteur – se projette dans un futur proche. La prochaine élection présidentielle française de 2017. Il n’est pas idiot de regarder chez soi, en Suisse, après avoir lu ce remarquable texte. Après le vote du 9 février 2014, les vertueux partisans de l’Union européenne n’ont qu’une idée en tête : expliquer aux Suisses qu’ils n’ont rien compris sur les enjeux européens, que la Suisse ne peut survivre sans Bruxelles. Parmi eux, nous trouvons l’éditorialiste de La Tribune de Genève, Pierre Ruetschi, qui répète dans l'édition du jour une litanie connue: « Le peuple suisse doit revoter ». Voilà sans doute une réaction que n’auraient pas rejeté le Front républicain imaginé par Houellbecq si d’aventure Marine Le Pen gagnait l’élection présidentielle : Il faut revoter ; les Français n’ont rien compris…

La réalité suisse permet d'être un peu plus d’optimiste que l'écrivain français. Après le 9 février - « Il y a des dates qui ne s’effacent pas et des traumatismes qui durent » psychanalyse l’éditorialiste - les associations patronales se sont montrées assez pragmatiques pour accepter le résultat des urnes. Plus qu’un refus total de la voie bilatérale, le résultat populaire doit être avant tout compris comme un grognement de la population qui est sacrifiée dans le maelström de la Grand Europe. Elles semblent l’avoir compris en s’inquiétant ouvertement de l’emploi auprès des travailleurs locaux. Tout comme elles ont compris que l’introduction des contingents ne sera pas la fin du monde pour les entreprises suisses. La paix sociale est aussi un prix à payer que ne semble pas entendre les doctrinaires purs et durs de l’Union européenne dont La Tribune de Genève s’en fait le porte-voix local.

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Commentaires

Moi je suis pour un nouveau vote.
Le résultat ne sera pas de 50,3% mais bien plus sanglant.
De l'ordre de 65% ... et quelques FASS-90 ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 07 février 2015

la soumission de la TdG,
- c'est le rejet de la démocratie suisse dont la population a voté oui le 9 février

- c'est le désaveu des contribuables suisses par la TdG, un média se constituant soutien aux acteurs de business transfrontaliers florissants grâce à l'afflux d'une popuolation d'agglomération transfrontalière et transpolitique

pour le seul bénéf d'entreprises non suisses mais monopolistiques françaises type via le Ceva, tels Vinci, Eiffage, Novel, RATP

Sauf que si à Genève, les stats acceptent de publier ce 60% d'étrangers, on sait qu'il y a belle lurette que des 39% restant, il en reste moins de 5% de suisso-suisses non binationaux non issus de migrants.

Écrit par : genevois déshérité | 07 février 2015

comme dans tout choix, il y a une dimension cachée....car il faut renoncer à quelque chose.....ici le fait de renoncer au rêve de croissance absolue et continue comme on nous a habitué de penser, s'articule avec des peurs.

Écrit par : MAILAH LE GUENNEC | 07 février 2015

Savoir qu'à Genève, il reste moins de 5% de suisses d'origine face à une masse de binationaux,

où pour survivre, voter, se loger, trouver un emploi, des amis dans ce canton de la Suisse, les derniers suisses de source survivent, même jeunes diplômés, en dépression face à leur futur, en déshérités face à ce que leurs ancêtres ont fait pour contribuer aux richesses dont bénéficient un max de new cassos

comment dire: nos ancêtres ont travaillé un max sur des générations, afin d'aboutir à une Suisse confortable.

Ce dont bénéficient un max d'immigrants
ne voulant pas faire d'effort de s'intégrer
mais qui attendent de leurs hôtes que nous les intégrions
sous peine de.

Quand en Suisse il s'agit de moins de 400'000 d'immigrés musulmans qui décident de faire leur loi et d'y foutre leur bordel de limitation de droits de la femme ou de l'enfant, en piscines comme en hôpitaux ou etc,

Faudrait quand même que nos responsables, dont le maire de Genève, ce Sami Kannan, se réveillent et fasse leur job.

Écrit par : genevois déshérité | 07 février 2015

Bof. Sans aucunement vouloir dénigrer, il me semble que déjà dans le titre même, Monsieur Houellbecq fait preuve d'idiotie et nous prend tous pour des idiots. Bien sûr on peut dire beaucoup de mal de l'Islam et des politiciens à juste titre, mais quand même, il faut avoir déjà quelque part une âme de dhimmi pour, non imaginer, mais croire vraiment, tel Houellbecq, dans ses propres élucubrations. Et la même chose pour les gens qui prennent au sérieux les balivernes Houellbecquiennes..

"On a le droit d'écrire un livre anti-Islam" a dit Houellebecq. Em cela il a raison. De là cependant à nous prendre pour des c..s c'est une autre chose.

Écrit par : Bof | 07 février 2015

Bof@ "Soumission" met-il en cause l'islam ou la veulerie des Français prêts à tout pour contrer le FN ? Vous êtes un peu isolé dans votre critique, la plupart des gens le comprenant comme moi...

Écrit par : Géo | 08 février 2015

Je n'ai pas eu l'impression que Houellbecq dénonce l'Union Européenne dans son roman. Mais, il dépeint la chute d'une civilisation. Partant du principe que l'Europe judéo-chrétienne ne croit plus en rien, si ce n'est en l'humanisme.... Un concepte mou, qui se laissera dominer progressivement par un Islam sûr de lui et financé par des puissances pétrolières. Il est d'ailleurs amusant de faire le lien entre le héros, universitaire sur le déclin, et l'Europe en tant que civilisation. D'ailleurs, il se convertis, car il prend conscience que son meilleur niveau intellectuelle est bien derrière lui. Et l'islam "à la française" présenté par Houellbecq est plutôt sympathique avec la possibilité de la polygamie et de picoler librement.

Écrit par : Riro | 08 février 2015

La soumission de la classe politique comprend le mot islam lequel signifie précisément soumission!

La Grèce, celle des philosophes, artistes, poètes, musiciens... autant que
Justice, beauté, bonté, vérité (certain bouclier-miroir de la mythologie) avec invitation à penser par soi-même et réfléchir n'avait-elle pas du bon?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09 février 2015

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