24 mars 2015

Campagne municipale ou la drôle de guerre

Alors, elle commence quand, la campagne pour les élections municipales ? Dans moins d’un mois, les jeux sont faits, les conseillers municipaux élus, les yeux déjà rivés vers le mois de juin et les premières séances des délibératifs.

Mais rien. La presse est aux abonnés absents (!). Pas – ou très peu - d’articles, pas de portraits de candidats sortants, de ceux espérant siéger dans un conseil municipal ou de candidats hauts en couleurs, pas de programmes électoraux débordants de promesses,  pas de bilans sur la législature finissante. A croire que l’actualité ne peut plus être qu’internationale…

Est-ce finalement le fruit d’une préparation qui semble avoir été laborieuse pour la plupart des partis? A-t-on dégoûté les rédactions avant l'heure? Difficultés de trouver des candidats ? Motivations, situations professionnelles ou sociales en mutation ? Politique municipale peu sexy en regard des compétences accordées par sa seigneurie le canton ? Cumul des complications imposées par certaines communes, telles celle du Gd-Saconnex, ses stands autorisés au compte-gouttes et son affichage aux dimensions spéciales, de Collonge-Bellerive, de Meyrin ou de Bernex nous communiquant de nouveaux emplacements d’affichage une fois les affiches imprimées. Jusqu’à la Chancellerie qui distribuera jusqu’à 5 jours avant les élections administratives les bulletins de vote. Décidément rien n'intéresse la presse.

Oserait-on se demander si les élections municipales intéressent encore quelqu’un dans ce canton ? A part les candidats. A moins que l’on assiste à une nouvelle forme de campagne, presque privée, avec affichage payant et "culs de bus" incontournables ?

Pourtant, il y a du nouveau pour cette campagne. Ne serait-ce que l’appel à voter adressé aux étrangers, appel provoqué par l’UDC Ville de Genève. Ou les tentatives de nouveaux partis. Ou le tourisme politique de certains candidats, ou le positionnement des sections communales, tous partis confondus sur la répartition des tâches engagées par le Conseil d’Etat. Ou encore le positionnement des mêmes sections face à l’impact du Gd-Genève dans le développement des communes, plan directeur 2030 oblige.

Rien. Désespérément rien. La faute en revient à la presse genevoise. Certes, il manque à l’appel, La Suisse et le Journal de Genève. Il nous reste La Tribune, le Courrier de Genève et le GHI. Rédacteurs en chef de tous quotidiens, on vous attend !

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08 mars 2015

C’est déjà la Pentecôte au PDC

En plein Carême, voilà que le St-Esprit descend avec quelques semaines d’avance sur le PDC. Ainsi donc, le président démocrate-chrétien découvre que l’immigration subie par la Suisse depuis l’entrée en vigueur de la libre-circulation est calamiteuse. Doit-on se pâmer devant cette déclaration pour le moins inattendue? Décidément, les desseins de Dieu sont impénétrables. Comment comprendre autrement le revirement de «valeurs» opéré Christophe Darbellay ?

Je ne suis pas surpris devant cette énième contorsion de la part de ce parti centriste, en totale perte de vitesse et qui ne doit sa présence à tous les échelons qu’à ses talents d’acrobates de la politique. Pour autant, je n’oublie pas toutes ces années passées à supporter sa morale, ses valeurs et ses admonestations dès que l’on évoque l’immigration. Le PDC s’est pincé le nez depuis les années Schwarzenbach, s’opposant à tout virage politique privilégiant les Suisses, avec une constance qu’il faut lui reconnaître : la Suisse doit être « ouverte », que ce soit en matière d’asile ou d’immigration. Affirmer le contraire et le PDC vous taxait au mieux de xénophobe, au pire de raciste. Combien de discours bien-pensants avons-nous supporté le 1er août de la part de tous ces élus PDC, traînant dans la boue celles et ceux qui ne pensaient pas comme eux, à commencer par l’UDC ?

Depuis l'EEE, n'étaient-ils pas tous favorables à l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne, tous de chauds partisans de la libre circulation, tous déterminés à signer les conventions de Schengen et de Dublin. Ne nous ont-ils pas promis catastrophe sur catastrophe à chaque votation écornant leurs beaux principes humanistes ?

Alors de ce passé tout chaud, datant d’hier matin, qu’en font-ils à présent que le problème est identifié et dénoncé par le président PDC, que le mot «préférence nationale» est prononcé et précisé : elle «devrait être une évidence» ?

Parler enfin de préférence nationale - pas d’une préférence cantonale qui donne presque bonne conscience! - c’est rappeler que c’est le minimum que nous attendons de notre gouvernement qui a failli à la première de ses missions. Les milieux économiques l’ont admis en début d’année, il est trop facile d’engager des étrangers, ce qui a pour résultat de laisser en rade les Suisses, beaucoup de Suisses. La paix sociale est fragilisée et l'économie n'aime pas cela. C'est au tour du PDC d'ouvrir les yeux. Peut-être. L’après 9 février 2014 commence le 7 mars 2015 pour le PDC. Deo Gratias.

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