08 septembre 2015

Le budget 2016 de la Ville de Genève vite présenté, vite refusé

Dans son communiqué de presse du 26 août dernier, le Conseil administratif annonce un budget 2016 dont les charges sont maîtrisées « dans un contexte en mouvement ».

Permettez-moi de reprendre les deux parties de cette phrase.

Les charges sont-elles maîtrisées ? Le Conseil administratif donne lui-même la réponse. Elles sont « stables », n’augmentant pas plus de 2,7 millions de francs sur un exercice prévu à 1,14 milliards de frs.

L’augmentation est principalement due à la masse salariale (+3 millions de frs) et à une augmentation du personnel municipal mais qui, encore une fois, démontre l’absence de volonté de l’Exécutif de rationaliser les besoins en personnel, se contentant d’engager de nouveaux fonctionnaires municipaux alors même qu’il dispose d’un effectif de 3'347 postes fixes.

Je relève au passage que le département de M. Barazzone est le seul dont l’effectif diminue et, comme par hasard, c’est aussi le seul qui est en mains d’un magistrat ne faisant pas partie de l’Alternative.

Un petit mot sur les investissements, dont le total atteint 130 millions de frs. Ce n’est pas ce montant en soi qui indispose l’UDC mais l’insuffisance de financement de 47 millions de frs impactant d’autant la dette qui passe à 1,6 milliards de frs.

En évoquant cette dette astronomique de la Ville de Genève, je ne peux m’empêcher de manifester mon impatience de connaître les montants que le Conseil administratif nous promettait d’économiser lorsque ce Délibératif a accepté de verser 120 millions de francs pour diminuer le taux technique de la CAP. On n’abordera pas ici le versement de cette somme considérable, pas plus que le relèvement de l’âge de la retraite voté par ce même Délibératif en janvier 2013.

Comme le temps passe vite !

Or donc, le Conseil administratif dépense tout ce qu’il a dans ses poches sans tenir compte, de façon pragmatique, du «contexte en mouvement» qu’il évoque, puisque la stabilité de son budget repose sur des estimations fiscales optimistes (+3,9 millions : revenus nets: +1,8 millions recettes fiscales estimées) alors que le canton annonce un déficit de l’ordre de 200 millions et présente, en dépit d’une augmentation de la population, une baisse des impôts prélevés sur les personnes physiques.

Comparaison n’est évidemment pas raison. Mais la prudence étant mère de sûreté, l’UDC espérait qu’après le changement de majorité de ce printemps et les revendications qu’elle a formulées, le dialogue « serein et constructif » annoncé en commission des finances le serait principalement, dans un premier temps, dans la découverte de ce nouveau budget.

Grande est notre déception. Et pour bien le faire savoir, le groupe UDC a refusé l’entrée en matière sur ce budget, estimant, comme les années précédentes, qu’il appartient au Conseil administratif de nous présenter un budget que nous puissions discuter de manière « sereine et constructive » en commission.

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Commentaires

Une réflexion en marge, mais...pourquoi un pays qui émet sa monnaie, en fournit des banques privées, va emprunter la même monnaie, la sienne, auprès d'établissements privés et paie des intérêts au lieu de s'autofinancer?

Écrit par : Mireille LUISET | 08 septembre 2015

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