30 septembre 2015

L’Etat-mendiant

Si j’ai été opposé à la razzia du Conseil d’Etat sur les réserves des SIG pour équilibrer des budgets cantonaux, toujours aussi confortables, je suis stupéfié par la demande de ce même Conseil d’Etat faite aux milieux économiques pour compenser en partie les baisses fiscales engendrées par la nouvelle réforme des entreprises. Une réforme qui, soit dit en passant, tarde à venir à constater l’avancement de ce même dossier dans le canton de Vaud.

Cette mise à niveau des impôts versés par les entreprises genevoises est bienvenue – je n’ai pas peur de le dire – car elle allègera le secteur privé d’un montant que l’exécutif est incapable de préciser mais qui sera plus que substantiel (entre 350 et 550 millions de francs). Dommage toutefois qu’il ne soit pas fait un effort spécial pour soutenir les PME et les artisans qui survivent tant bien que mal dans ce canton endetté et dont le classement mondial (7e ville la plus cher du monde) en dit long sur les conditions de vie d’une large partie de la population laborieuse.

Mais revenons à nos milieux économiques. Cet « effort supplémentaire » d’un montant de 55 millions de francs, a été annoncé par Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes (FER). Nous n’en savons pas plus. Seulement que le Conseil d’Etat en demande davantage sous la forme d’une participation au financement des infrastructures de transports publics. A la grande surprise du patron de la FER. D’où proviendra, ou plutôt de qui proviendra ces 55 millions de francs? Est-ce que l’ensemble des entreprises genevoises sera appelée à mettre la main à la poche, sous la forme d’un impôt déguisé en « effort supplémentaire », à l'image de l'augmentation des allocations familiales ? Ou sera-ce un effort des syndicats patronaux et de leurs membres ? Mystère. On constate simplement, un brin amusé, un brin agacé, les gesticulations de l’exécutif genevois qui est forcé d’alléger le lourd fardeau fiscal qui pèsent sur les PME et les artisans et ne trouve d’autres solutions que d’imposer une taxe aux effluves quasi mafieuses.

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28 septembre 2015

Crise humanitaire ou crise du droit humanitaire?

«La digue humanitaire est condamnée à lâcher», peut-on lire dans la Tribune de Genève de ce 28 septembre. Le déficit de financement des programmes onusiens d’assistance aux «réfugiés syriens» s’élèverait à 3,47 milliards de dollars. Pour le CICR et le HCR, c’est le naufrage.

Et nous n’en sommes qu’au début de la crise migratoire, si l’on en croit le directeur du CICR, M. Yves Daccord.

L’Organisation internationale des migrations (OIM), elle, se lamente de sa «comptabilité morbide des migrants morts en mer: 2800 depuis le début de l’année».

Et pourtant, des ONG continuent de larmoyer et de décréter que «les Etats doivent faire preuve d’humanité et ne pas se contenter d’une approche distinguant réfugiés, migrants économiques et demandeurs d’asile». Peut-être devraient-elles ajouter qu’il ne faut pas non plus distinguer les Syriens des Afghans, Irakiens et autres qui se mêlent au mouvement.

La responsable du HCR pour la Suisse, Anja Klug, va encore plus loin en regrettant, dans le  NZZ am Sonntag, que «les personnes n’étant qu’admises provisoirement doivent composer avec le risque de se faire renvoyer de Suisse à tout moment» et «qu’elles n’ont qu’un accès restreint au marché du travail, qu’elles ne peuvent sortir des frontières et que les membres de leurs familles ne sont souvent pas autorisés à les suivre dans notre pays».

On ne cesse donc de nous marteler que, en vertu de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, tous les migrants sont des réfugiés et qu’ils sont tous syriens et persécutés. Il faudrait tous les accueillir sans aucune distinction, leur donner du travail, puis accueillir toute la famille. D’ailleurs, ils ont tous besoin de protection, car ils sont «vulnérables». Si vulnérables qu’ils parcourent la Méditerranée, paient des passeurs, marchent de longues heures avec bagages et progéniture et traversent des barbelés.

Et c’est pourtant à cause de cette mentalité que ces instances humanitaires internationales sont au bord du gouffre, entraînant avec elles des Etats à bout de moyens et d’infrastructures.

Ce monde n’est pas sérieux.

Il suffit de lire le «Guide des procédures et critères à appliquer pour déterminer le statut de réfugiés» qui prévoit que : «28. Une personne est un réfugié, au sens de la Convention de 1951, dès qu’elle satisfait aux critères énoncés dans la définition. Cette situation est nécessairement réalisée avant que le statut de réfugié ne soit formellement reconnu à l’intéressé. Par conséquent, la détermination du statut de réfugié n’a pas pour effet de conférer la qualité de réfugié parce qu’elle est reconnue comme telle, mais elle est reconnue comme telle parce qu’elle est réfugiée»

De plus, tout en admettant que la Convention de Genève de 1951 ne se rapporte pas expressément aux personnes qui fuient les conflits ou les situations de violence générale, le HCR considère que les personnes qui fuient pour ces motifs et que leur État ne peut pas, ou ne veut pas protéger, doivent être considérées comme des réfugiés «conformément à la Convention de Genève, puisqu’elles en remplissent les conditions», alors même qu’il admet que tel n’est pas le cas.

Ainsi, donc, un réfugié est un réfugié car il est un réfugié. Syrien ou pas, persécuté ou pas, djihadiste ou pas. Pour ce dernier cas de figure, le Service de renseignements de la Confédération n’a qu’à faire son boulot.[1]

Avec, toutefois, une réserve en cas d’«exil massif» où une audition individuelle est impossible, de sorte qu’un groupe est considéré comme composé de réfugiés selon un examen «prima facie» et dans la mesure où le cas contraire n’est pas prouvé[2].

Nous voilà rassurés.

Au vu de toutes ces aberrations, force est de constater que la crise «syrienne» est en train de sonner le glas d’un droit international humanitaire dépassé, irresponsable et ruineux.

Il devient donc urgent que le droit suisse prime enfin sur ce un droit international qui se meurt de par ses propres aberrations.



[1] Notice du Secrétariat aux migrations relative à la mise en œuvre des nouvelles mesures en faveur des victimes du conflit syrien. Juin 2015

[2] Ibidem

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08 septembre 2015

Le budget 2016 de la Ville de Genève vite présenté, vite refusé

Dans son communiqué de presse du 26 août dernier, le Conseil administratif annonce un budget 2016 dont les charges sont maîtrisées « dans un contexte en mouvement ».

Permettez-moi de reprendre les deux parties de cette phrase.

Les charges sont-elles maîtrisées ? Le Conseil administratif donne lui-même la réponse. Elles sont « stables », n’augmentant pas plus de 2,7 millions de francs sur un exercice prévu à 1,14 milliards de frs.

L’augmentation est principalement due à la masse salariale (+3 millions de frs) et à une augmentation du personnel municipal mais qui, encore une fois, démontre l’absence de volonté de l’Exécutif de rationaliser les besoins en personnel, se contentant d’engager de nouveaux fonctionnaires municipaux alors même qu’il dispose d’un effectif de 3'347 postes fixes.

Je relève au passage que le département de M. Barazzone est le seul dont l’effectif diminue et, comme par hasard, c’est aussi le seul qui est en mains d’un magistrat ne faisant pas partie de l’Alternative.

Un petit mot sur les investissements, dont le total atteint 130 millions de frs. Ce n’est pas ce montant en soi qui indispose l’UDC mais l’insuffisance de financement de 47 millions de frs impactant d’autant la dette qui passe à 1,6 milliards de frs.

En évoquant cette dette astronomique de la Ville de Genève, je ne peux m’empêcher de manifester mon impatience de connaître les montants que le Conseil administratif nous promettait d’économiser lorsque ce Délibératif a accepté de verser 120 millions de francs pour diminuer le taux technique de la CAP. On n’abordera pas ici le versement de cette somme considérable, pas plus que le relèvement de l’âge de la retraite voté par ce même Délibératif en janvier 2013.

Comme le temps passe vite !

Or donc, le Conseil administratif dépense tout ce qu’il a dans ses poches sans tenir compte, de façon pragmatique, du «contexte en mouvement» qu’il évoque, puisque la stabilité de son budget repose sur des estimations fiscales optimistes (+3,9 millions : revenus nets: +1,8 millions recettes fiscales estimées) alors que le canton annonce un déficit de l’ordre de 200 millions et présente, en dépit d’une augmentation de la population, une baisse des impôts prélevés sur les personnes physiques.

Comparaison n’est évidemment pas raison. Mais la prudence étant mère de sûreté, l’UDC espérait qu’après le changement de majorité de ce printemps et les revendications qu’elle a formulées, le dialogue « serein et constructif » annoncé en commission des finances le serait principalement, dans un premier temps, dans la découverte de ce nouveau budget.

Grande est notre déception. Et pour bien le faire savoir, le groupe UDC a refusé l’entrée en matière sur ce budget, estimant, comme les années précédentes, qu’il appartient au Conseil administratif de nous présenter un budget que nous puissions discuter de manière « sereine et constructive » en commission.

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04 septembre 2015

La Gauche toujours plus déconnectée

Alors que l’Etat vient d’annoncer un déficit de plus de CHF 200 millions dans les comptes 2015 à cause d’une importante baisse des recettes fiscales, la Fondation pour l’expression associative - fondation de droit privé qui regroupe entre autres l’Association des Jeunes Erythréens de Genève, l’Espace Afroaméricain, l’Association des Amis du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre Peuples, etc - a jugé opportun d’en appeler au contribuable pour financer l’agrandissement de la Maison des associations à CHF 16,5 millions et pour régler sa dette de CHF 2,2 millions auprès de la Banque Alternative Suisse.

C’est le lieu de rappeler que cette fondation privée avait déjà obtenu en 2000, du Conseil d’Etat, une subvention unique de 900'000 francs pour la rénovation/transformation de la Maison des associations et une caution de 3,6 millions de francs. Bien que sans ressources propres suffisantes, la FEA a décidé en 2008, de son propre chef, d’agrandir la Maison des associations. Manifestement, ni l’Etat, ni même la Ville de Genève pourtant généreuse en termes de subventions, n’ont considéré que cela était nécessaire et ce, à juste titre.

Aujourd’hui, la FEA a donc l’outrecuidance de demander au contribuable de payer la facture !

Et pour quelles prestations ? Il ne s’agit pas de logement, d’emploi ou de formation, ni même d’aide aux migrants, mais de « promouvoir des échanges interculturels, faire connaître les activités des associations, « encourager et soutenir la réalisation de projets socio-politiques » ou encore « soulever et proposer des solutions aux problématiques de notre époque ».

Ainsi, pour « résoudre les problématiques de notre époque », la FEA lance une campagne de récolte de dons publics à fonds perdus et considère que c’est « un bon investissement ».

Mais qui sont donc les irresponsables ? Pour Mme Olga Baranova, conseillère municipale socialiste en Ville de Genève, ce sont ceux qui considèrent que le logement, l’emploi et la sécurité ne sont pas prioritaires face au « véritable essaim à production et diffusion d’humanité » qu’est le monde associatif. Ne pas penser de la sorte constituerait selon elle un « profond mépris pour l’essence-même de Genève ». Belle déclaration de dédain pour les citoyens qui rament, ceux que la Gauche aime oublier, sauf pour leur porte-monnaie !

Malgré l’intervention « musclée », il y a une dizaine d’années, de David Hiler, Philippe Aegerter et Christian Grobet pour remettre de l’ordre dans les dérives gestionnaires de la Maison des Associations, force est de constater qu’en termes d’argent public, voracité et irresponsabilité sont les piliers de la Gauche.

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