26 novembre 2015

Ville de Genève : l'UDC réclame un budget de désendettement

L’UDC a refusé le premier budget 2016 annoncé à la fin août, parce qu’il ne présentait pas de caractère volontaire pour réduire la dette publique, à peine celui de ne pas creuser le déficit budgétaire.

Au contraire, il accentuait notre dette communale en passant allègrement le cap du milliard six cent millions de francs.

Certes, il faut avoir à l’esprit que si le budget 2016 respecte les exigences de la loi sur l’administration des communes, il présente néanmoins un équilibre de pacotille, alliant revenus estimés, charges constamment en augmentation, tout comme la dette communale.

La vigilance s’impose et elle l’est d’autant plus que la situation financière de notre commune – et avec elle celle du canton auquel nous sommes évidemment liés  – est susceptible d’évolutions. Disons-le ainsi.

Telles plusieurs épées de Damoclès suspendues sur nos têtes, il y a un certain nombre de facteurs de risque qui pourraient impacter nos finances. Suppression de la taxe professionnelle, péréquation intercommunale et nouvelle répartition des tâches, taux unique d’imposition des entreprises, taxation sur le lieu de domicile et même la votation prochaine – le 28 février – sur l’initiative  150 (pour la suppression des allégements fiscaux) peuvent impacter non seulement la confiance et les résultats des milieux économiques mais évidemment ceux de nos finances.

Reste que ces variables, impactant notre commune dans un temps plus ou moins proche, nous amènent une nouvelle fois à réclamer urgemment un budget de désendettement parce qu’une telle dette, pour 200'000 personnes, est astronomique, tout simplement inacceptable. On pourrait s’attendre à répéter d’année en année une évidence pour tout un chacun. C’est malheureusement loin d’être le cas.

Pour une bonne moitié de ce Délibératif, les partis de gauche, ce n’est pas un souci. Nous payons des intérêts incroyablement bas à nos créanciers, principalement aux banques, de 25 millions de francs chaque année. Louons la politique des banques centrales qui ont une politique expansionniste depuis la crise financière de 2008. Or, si les taux d’intérêts se mettaient à augmenter un peu, s’il s’élevait simplement au niveau moyen des taux d’intérêts des 20 dernières années, la charge d’intérêt prévue dans le budget de la commune exploserait très probablement. Il n’y a pas si longtemps, moins de dix ans, ils impactaient nos comptes de 60 millions de francs.

Mais même en se satisfaisant de la somme de 25 millions de francs, cela représente beaucoup d’argent qu’il faut récolter auprès des contribuables et qui explique en partie pourquoi notre commune connaît un centime additionnel parmi les plus élevé du canton et pourquoi elle ne baisse plus sa dette que grâce à des exercices exceptionnels dus à la vitalité de nos entreprises.

Qu’est-ce qui a été modifié entre le premier budget 2016 présenté par Mme Salerno et celui sur lequel nous nous penchons aujourd’hui ? Une phrase mentionnée dans le petit fascicule présentant ce 2e budget : Renforcer la sécurité. C’est évidemment le renforcement très attendu des effectifs des sapeurs-pompiers dont il est question, renforcement exigé gaillardement par la droite.

Et quoi d’autres ? Des revenus légèrement revus à la baisse. Admettons la difficulté de l’exercice des prévisions budgétaires. Mais entre deux budgets, il y a eu aussi la modification de la loi sur les SIG qui vaut à la commune de Genève une plus-value de 7,5 millions.

Compte tenu de cette nouvelle recette et de l’engagement de 11 nouveaux aspirants sapeurs-pompiers, le résultat budgétaire reste donc constant d’un budget à l’autre. De 1,3 million, il passe à 8,2 millions. Le 2e budget est quasi-identique au premier.

Notre refus du premier budget n’a pas été entendu. Nous sommes tentés d’en faire autant pour celui-ci.

La lettre du 1er juin adressée au Conseil administratif par les chefs de groupe du PLR, du PDC, du MCG et de l’UDC, composant aujourd’hui la majorité du Conseil municipal, n’a servi à rien. L’UDC prend acte de l’entêtement du Conseil administratif et, comme ses alliés, retroussera les manches pour obtenir un budget décent, un budget de désendettement. Tout budget qui ressortira de la commission des finances et qui ne dégagera pas un minimum de 15 à 20 millions de francs sera refusé, soit la moitié des investissements non couverts de 40 millions.

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11 novembre 2015

Ville de Genève : Le budget qui fait grincer les dents

Après le choc du refus d’entrée en matière sur le budget 2016 par les partis de droite, en septembre dernier, le poids des mauvaises habitudes reprend vite le dessus. Le Conseil administratif de la Ville de Genève nous présente un deuxième budget qui ressemble furieusement au premier, si ce n’est deux recettes inattendues qui améliorent encore les revenus de la deuxième ville de Suisse et l’inscription des 25 nouveaux sapeurs-pompiers tant attendus et décidée en force par la droite du Conseil municipal. Heureux magistrats qui ont les poches pleines d’argent, qui le dépense et qui, aussi, continuent à endetter les contribuables de la commune. Une dette qui passe allègrement à 1,6 milliard de francs. Pire, entre septembre et novembre, le CA a trouvé le moyen d’augmenter celle-ci de 5 millions! On n’ose plus retarder l’entrée en matière de peur de voir ce chiffre augmenter. Celle-ci aura probablement lieu le 26 novembre, lors d’une session extraordinaire du Conseil municipal.

L’une des raisons se trouve dans les investissements. 130 millions sont ainsi prévues au budget 2016. Mais là n’est pas le problème. Le grand coupable, c’est l’insuffisance de financement de 40 millions qui augmente d’autant, chaque année, la dette.

Dans sa lettre adressée au conseil administratif, le 1er juin dernier, la droite élargie demandait, entre autre, de reconsidérer non pas la jauge propre aux investissements, mais de tendre à l’autofinancement complet pour la fin de la législature, en 2020. Évidemment, pour diminuer ces dépenses, il faudra économiser sur les charges. Or, le CA nous donne un signal clair : pas touche à mes dépenses publiques qui, à elles seules, avalent 42% des charges et 64% de celles-ci en comptant les subventions accordées!

A l’image du canton, il va falloir sérieusement revoir cette situation pour autant que la droite reste unie autour de solutions réalistes. Quand la Droite fait juste, elle gagne ! A bon entendeur…

 

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