02 janvier 2016

Allocution du président de la Confédération : banal à mourir

Il n'est pas étonnant de constater que la presse helvétique a consacré plus de temps à commenter la photo du Conseil fédéral qu'à décortiquer l'allocution de M. Schneider-Ammann, président de la Confédération. Une allocution sans surprise au contenu politique habituel. 1er août ou 31 décembre, ce sont les mêmes formules qui sont rabâchées. Formules toutes faites qui ne sont plus chocs à force de redites caricaturales d'un personnel politique au pouvoir depuis trop longtemps. Formules étonnantes de ringardise qu'aucune critique ne vient jamais contester alors que les temps sont de plus en plus durs, que les citoyens sont ballotés par des vents mondialistes furieux, que les lendemains sont incertains pour la plupart des Suisses. Pour la presse, aucune remise en question ne vient ponctuer un exercice du pouvoir vieilli, aux recettes éculées. Aucun débat de fond, aucune question dérangeante n’a suivi cette allocution. Seule la détermination à combattre l’UDC est perceptible dans les propos d’un président interchangeable.

Dans ce discours creux, retenons une formule citée par Le Temps: "Nous devons assurer la voie bilatérale et préserver ainsi notre souveraineté. L’ouverture au monde a toujours été notre devise. Elle a fait notre succès." Qui répondra, poliment, au président de la Confédération que l'ouverture au monde n'est une devise que pour celles et ceux qui nous gouvernent, que la voie bilatérale n'est pas un gage de souveraineté et que notre succès n'est pas la résultante de ces deux politiques qui n'ont jamais fait l'objet d'une votation populaire? Il ne manque que le couplet sur les droits de l'homme pour n'oublier aucun des dogmes républicains qui nous sont imposés depuis l'après-guerre.

Dans un contexte de politique extérieure d'une rare violence, immigration imposée et djihadistes en prime, de valeurs traditionnelles explosées et d'une politique intérieure fragile (assurances sociales et emplois), pouvait-on attendre un discours à la fois rassurant, volontaire et patriotique? Le discours d'un président de la Confédération qui entend défendre les siens pris dans le tourbillon d'une actualité dramatique et en perpétuelle accélération, qui remette en question les valeurs dont on nous rabat les oreilles à chaque occasion? La réponse est évidemment non. Ainsi personne n'est déçu, personne n'est dupe. 2016 s’annonce pénible avant même que d’avoir commencé.

 

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